‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 162 sur 277 · Cf. Chronique médicale, 1897, p · texte numérisé non relu

Cf. Chronique médicale, 1897, p

2. Pour la dernière maladie de Louis Xlll, cf., outre Guillon, La mort de Louis XII iy Paris, Pontemoing, 1897 :J.-A.Le Roi, Louis XIII et yersailUs ; Alf. Cramail, Fragment dujoumaî de la maladie et de la mort de Louis XIII, par Antoine, garçon de la chambre du Roy. Fontainebleau, 1880.

La publication par M. Alfred Cramail, des Fragments dm Journal de la maladie et de la mort de Louis A'///, par Antoine, garçon de la chambre du Roy, aurait pu, si elle fût passée moins inaperçue, inspirer le sujet que M. le D' Guillon a eu l'heureuse idée de choisir, entre autres problèmes médicohistoriques que sa compétence lui permettait de traiter.

M. Cramail avait eu soin, en effet, de dresser une sorte de catalogue bibliographique des ouvrages à consulter par qui pourrait être tenté de s'occuper des maladies et delà mort du roi Louis XIll.ll n'avait pas manqué de signaler, à côté du journal d'An|oine, le Mémoire fidèle des choses qui se sont passées à la mort de Louis XIII, fait par Dubois, Pun des^ valets de chambre, et publié en 1759, en 1838, en 1847; Vidée d'une belle mort ou d*une mort chrétienne dans le récit de la fin heureuse de Louis XIII surnommé le Juste, Roy de France et de Navarre, tiré des mémoires de feu Jacques Dinet son confesseur, de la Congrégation de Jésus, et dédié au Roy par le P, Antoine Girard de la même Compagnie, Paris^

sont même presque seules pendant deux mois ; les symptômes pulmonaires sont très accentués au début ; ce n'est que dans les quinze derniers jours qu'ils prennent véritablement de l'importance.

Le 10 mai, survient une complication terminale : c'est une péritonite aiguè sêcondaifij par perforation, très vraisemblable'' ment conséquence d'ulcérations tuberculeuses.

Dès lors beaucoup de symptômes qui paraissaient obscurs s'éclairent et s'expliquent : le sanjf

i6$6 ; la relation de Ce qui s*est passé jusqu'à présent de plus remarquable en la maladie du Roi, publiée dans la Galette de France d'avril et de mars 1643, tirée du Recueil des Galettes et nouvelles tant ordinaires que extraordinaires et autres relations des cboses survetiues toute l'année 164^, par Tbéopbraste Renaudot. 1644.

En y ajoutant les Mémoires contemporains de Mademoiselle de Montpensier, de Madame de Motteville, des sieurs de Monglati Louis de Pontis, de la Châtre, il restait à M. Guillon bien peu à faire pour construire le plan de son sujet.

Mais il y a plus : Le Cabinet bistorique de Louis Paris a publié, dans sa livraison de septembre-octobre 1866, p. 225, un récit très circonstancié des Derniers moments de Louis XII i par le P.Dinet,son dernier confesseur. Plus tard, un autre jésuite» le P. Antoine Girard, le retoucha de nouveau et en donna une nouvelle édition sous ce titre : L'Idée d'une belle mort ou d'une mort cbrétienne dans le récit de la fin beureuse (Imp. Séb. Cramoisy, 1656, in-8") que nous avons mentionnée plus haut.

On retrouve ce même récit au département des manuscrits, fond, suppi., p. 411 : Maladie et mort du roi Louis XIII.

D'autre part, le R. P. SoufFraint a exposé avec détail la maladie éprouvée par Louis XUl à Lyon. Nous n'avons pas vu que M. Guillon ait utilisé cette relation. (V. Âr.Mves curieuses de l'Histoire de France, par Cimber et Danjou, 2* série, t. 111^ p. 33^. V. également même collection, 2* série, 1, p. 401 et suiv.)

Une partie du Journal d'Héroard a été publiée dans les Arcbives curieuses, 2* série, t. 1, p. 404 (note) et V., 391. 11 eût été intéressant de le confronter avec Tédition d'Eudore Souliéetde nous dire ce qui reste d'inédit dans les manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale et ce qu'il y aurait lieu d'en publier.

qu'on a noté dans les évacuations intestinales ne pouvait provenir d'hémorrhoides internes (on sait que Louis XIII avait cette infirmitéde commune avec son ministre), mais Thémorrhagie bien plus vraisemblablement provenait d'une lésion tuberculeuse deTintestin.

* Que doit-on penser de ces évacuations de pus abondantes par le rectum, qui se produisirent plusieurs fois^ notamment à Lyon, en 1630, avec fièvre, douleur, rougeur et tension locale: étaient-ce simplement toujours des hémorrhoïdes,oudes ulcérations de Tanus ou du rectum, ou bien encore des abcès de la marge de l'anus?

Quant au c gonflement de la bouche, de la gorge et de la langue », signalé à la période ultime, faut-il y voir une poussée de tuberculose des amygdales et du pharynx, qui est souvent associée à celle de la bouche et de Tépiglotte (phtisie bucco-pharyngée) ; et dans laquelle la toux, la parole et surtout la déglutition sont des sources de vives souffrances, et qui produit une dysphagie si douloureuse que les malades refusent de s'alimenter ? On doit aussi penser au. muguet.

Répétons enfin, avant de quitter le terrain de la clinique, qu'en dehors des manifestations intestinales, rien chez Louis XI H ne pouvait faire supposer un état avancé de tube rculisat ion, même du côté des poumons : pas de pleurésie antérieure, jamais d'hémoptysie ni d'hématémèse, pas de bronchites anciennes, pas d'expectorations, sauf à la fin.

11 est probable que le cœur n'avait pas trop faibli et que les reins n'étaient pas très atteints : pas d'œdéme des Jambes, ni d'ascite; au contraire une maigreur très accentuée ; pas de dyspnée intense, ni d'accidents urémiques cérébraux.

En dehors d'une petite atteinte de gravelle,il n'y avait rien eu du côté de l'appareil urinaire: jamais d'hématuries, pas de troubles de la miction : il urinait facilement couché ; donc, aucun signe de tuberculose des voies urinaires ; le seul indice, et combien peu probant, de tuberculose génitale, pourrait être la dimution de l'activité génitale, proportionnelle à l'asthénie générale (Louis, Grisolle). On

sait que Louis Xlll fut un chaste; mais faut-il voir là une indication pathologique? Non, certes, car bien des auteurs, au contraire, ont signalé chez l'homme, sous l'influence de la tuberculose, une surexcitation génésique des plus marquées.

En somme, le D'^Guillon admet chez son malade «une entérite chronique bacillaire, très vraisemblablement primitive, avec manifestations intestinales violentes ; et, par suite, symptômes généraux graves, mais en même temps peu d'envahissement de la tuberculose du côté de tous les autres organes ; localisation spéciale à Tintestin ; puis, brusquement, terminaison fatale par péritonite aiguë. » C'est, pour tout dire , une affection intestinale qui a fait souffrir Louis Xlll presque toute sa vie; et qui a amené sa mort.

Si nous quittons le terrain de la clinique pour aborder le domaine anatomo-pathologique, nous découvrirons de nouveaux arguments en faveur de la thèse si ingénieusement défendue par le jeune médecin historien qui a résolu si heureusement le problème qui nous occupe.

Il convient cependant de faire dès l'abord une réserve: les procès-verbaux d'autopsie sont à cette époque d'une rédaction si notoirement insuffisante que c'est encore à la clinique qu'il faut demander les éléments d'un diagnostic.

Voyons cependant ce qu'une lecture du rapport rédigé post mortem par les archiâtres peut suggérer de réflexions à qui sait l'interpréter:

A l'ouverture du corps S « l'épi ploon s'est trouvé consumé »: infiltré, dirions-nous ; la surface était comme dépolie, il

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