‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 164 sur 277 · D' Potiquet, ibid,, p. 17-22; cf. p. 43. (L.-G · texte numérisé non relu

D' Potiquet, ibid,, p. 17-22; cf. p. 43. (L.-G

enfance et de sa jeunesse ; si Ton fait attention à cette difficulté matérielle de parler dont il fut affligé toute sa vie (son valet de chambre Antoine rapporte qu'il « n'avait pas la parole fort libre, naturellement ») ou à cette impossibilité de tenir la bouche fermée, qu'Antoine constate encore à sa manière lorsqu'il dit « qu'il avait la langue si longue et si épaisse quand elle était sortie de sa bouche qu'il avait peine a la retirer, ce qui le faisait quelquefois rougir, surtout devant les étrangers * » ; si l'on se rappelle que l'éveil de la puberté fut tardif chez lui et que son tempérament amoureux ne rappela pas4)Ius celui de son père qu'il ne fit pressentir celui de son fils; si l'on songe encore à sa disposition bien connue à l'humeur morose, on pourra être disposé il qualifier le fils aîné de Henri IV et de Marie de Médicis comme le fils aîné de Henri 11 et de Catherine de Médicis, en disant que, comme lui, bien qu'à un degré moindre, il fut, suivant le mot barbare des médecins de nos jours, un adénoïdien.

En somme, l'explication première de son état maladif et de sa mort nous paraît être dans cette petite masse charnue qui devait obstruer son arrière-nez. M. le D'G. sera d'avis avec nous que l'histoire morbide qu'il avait entrepris d'écrire doit avoir pour point de départ la discussion du témoignage de des Yveteaux, et la comparaison de ce témoignage avec différents traits de la nature physique et morale de Louis Xlll. yideant mediri H cbirurgù

Le docteur Potiquet. après avoir pris connais*

I. Un autre auteur du temps témoigne aussi, dans des termes presques identiques, de cette difformité physique de Louis Xlll : « 11 avait... la langue si longue et si épaisse que quand elle était sortie de sa bouche, ayant peine à la retirer, il était obligé de la repousser avec le doigt. Ainsi, il était bègue ; et comme il parlait avec effort, il rougissait, et sur* tout devant les étrangers. » J. R. de Prade, Sommaire dé VHistoire de Francsy Paris, 1684, in-13, tome V, p. 207. Prade a suivi certainement ici \t Journal d'Antoine, qu'il a pu connaître par une copie manuscrite ; mais, contemporain lui-même de Louis Xlll et dédiant son Sommaire zu cardinal de Bouillon, grand aumônier de France, il n'y aurait pas inséré ce détail peu flatteur, si ce détail n'avait pas été exact. (L.-G.).

sance de l'article de M. Lacour-Gayet que l'on vient de lire, nous écrivait à ce propos, le 19 mars 1901:

« Le diagnostic de M. Lacour-Gayet est, en effet des plus vraisemblables. De plus on trouve assezsouvent, soit à la surface des végétations adénoïdes, soit même dans leur épaisseur, soit dans leurs produits de sécrétion, des bacilles de la tuberculose (Lermoyez, Cornil) et l'infection de l'intestin de Louis Xlll parait bien n'avoir été que secondaire, et secondaire peut-être à la déglutition de mucosités de Tarrière-nez; de plus, l'obstacle apporté à la respiration nasale, et partant à l'hématose, est pour les adénoïdiens une cause de tuberculisation ».

. Cette thèse nous parait très soutenable, et nous nous y rallions pleinement. En ce cas, nos conclusions antérieures devront être ainsi modifiées : Louis Xlll est mort d'une perforation intestinale, consécutive à une ulcération tuberculeuse; la tuberculose de l'intestin (entérite tuberculeuse) a été, chez ce roi, non pas primitive, mais secondaire.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

MALADIE DE LOUIS XIII EN 1630 {Revue rarosputive, t. Il, p. 417 et suivantes)

Ifitre du P. Suffrerty confesseur du roi Louis XIII, au révérend P. Jacquinoi supérieur de la maison professe de Paris sur la maladie du Roi»

De Lyon, !•' octobre 1630.

II a plu à Dieu de nous affliger et consoler derechef, car la joie que nous avions, en voyant que le roi entrant dans son septième jour qu'on craignait qu'il ne lui fût mortel eut une si bonne crise par des sueurs et feux qu*il fut sur le midi du tout hors defîèvre, fut bien courte, puisque ce flux continuant ensuite d'une médecine qu'on lui avait donnée fort à propos se termina en une dyssenterie qui causa nou* velle fièvre. Ce flux était d'un sang tout pur, comme s'il fut sorti des veines, si fréquent que dans vingt quatre heures il fut à la selle plus de quarante fois avec de grandes douleurs sans y avoir moyen de l'arrêter. II commença le 29 à onze heures du soir, et le roi se trouva si faible à trois heures du matin du 30, qu'ayant été appelé en diligence, je le trouvai quasi sans forces, ne pouvant plus se lever du lit comme il le faisait le soir auparavant. Tous les médecins me conseil* lèrent de le disposer à la mort, disant que, si Dieu ne faisait miracle, il ne passerait pas la journée...

Comme donc je lui parlais, il me demanda si je le croyais être en danger ; je lui disque si le flux continuait il y avait

grand hasard de la vie. Sur ce, il appela les trois médecins «t les conjura de lui dire la yérité de son mal et le danger. M. Séguin, au nom des trois, Pavertit du flux de sang continuel, lui ayant caché jusqu'alors que ce fût avec sang, et par conséquent qu'ils voyaient un évident danger de sa vie, ou même que leurs remèdes étaient inutiles...

Ainsi par une inspiration de Dieu, les médecins se résolurent de le saigner pour la septième fois du bras droit. La saignée achevée, un abcès, que les médecins n'avaient point découvert, se creva et se vida par le fondement ; le sang s'arrêta, le ventre qui durant vingt quatre heures avait demeuré tout enflé et fort dur s'amollit et se désenfla, alors on commença d'espérer.

J'y ai demeuré toute la nuit et l'ai laissé ce matin en fort l>on état ayant bien reposé toute la nuit, se trouvant sans fièvre, le flux continuant un peu sans sang, l'abcès se purgeant encore si bien que par la grâce de Dieu, nous n'avons «u que la peur pour ce coup-ci.

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