LA DESCENDANCE DE LOUIS XV
Marié, le 15 août 1725, à Marie Leczinska*, Louis XV, eut, de cette union :
A. — Louis DE France dauphin, né le 4 septembre 1729, marié, en premières noces, le 23 février 1745, àl'infante d'Espagrte, Marie-Thérèse, fille du second lit du roi Philippe V, morte à l'âge de 20 ans, de suites de CQUches, le 22 juillet 1746; en secondes noces, le 9 février 1747, à Marie-Josèphe de Saxe, fille de rélecteur Frédéric- Auguste 11, morte, le 13 mars 1767, âgée de 36 ans *.
Le Dauphin succomba, le 20 décembre 1765, à un « rhume négligé », vraisemblablement une phtisie pulmonaire. 11 passa pour avoir suc-
1. Sur le mariage de Louis XV, V. Le Cabinet secret de P Histoire f 4* série.
a. Cf. la Correspondance inédite du général major de Mariange, par C. Bréard, p. 392 et surtout la Lettre de Troncbin^ sa déclaration sur la maladie de Madame la daupbine, etc. (mars 1767), in-8 de 23 pages. Cette Lettre de Troncbin (on devrait plutôt dire : cette lettre contre Tronchin), a été tour à tour attribuée à Maloët, premier médecin des Dames de France, à Vernage, à Bouvart, et à Sénac. Nous ne nous prononcerons pas, n'ayant aucun élément qui nous permette de conclure.
11 ressort, en tout cas, de la lecture de cette pièce, et surtout du procès-verbal d'autopsie, que la Dauphine a succombé à une tuberculose pulmonaire, tuberculose qui a évolué d'autant plus rapidement qu'elle a été méconnue par les médecins, notamment par Tronchin, qui soignait la malade par la rhubarbe torréfiée, les lapins au gratin et les pigeons au gril ! Aussi ce médecin ne craignit-il pas, pour couvrir son impéritie, de répandre le bruit que la Dauphine était morte empoisonnée.
combé au poison*, mais rien ne vient à l'appui d'une pareille allégation.
En 1752, il avait eu la petite vérole ^ Le mal n'était,pas dépourvu de gravité, mais le prince se rétablit assez promptement.
La convalescence fut pourtant troublée par quelques incidents d'ordre pathologique. Et d'abord, il lui survint une dartre au dessous du nez : ulcération ou simple bobo, à moins que ce ne fut le premier symptôme d'une tuberculose cutanée, d'un lupus tuberculeux, par exemple '. Cette dernière hypothèse est la plus probable puisque, la « dartre » disparue, l'humeur se jeta sur la poitrine.
Un peu plus tard, le dauphin prend froid à la suite d'une revue, a l'époque des fortes chaleurs, et c'est alors <^ue se déclare un gros rhume, qu'il ne soigne pas et qui prend en quelques semaines une tournure des plus graves. Une pleuro-pneumonie se déclare, qui se convertit bientôt en tuberculose pulmonaire. A l'ouverture du corps on constata un ulcère au poumon; le diagnostic se trouva par là-même confirmé.
Une observation qui doit être faite : la variole prédispose, on le sait, à la tuberculose. Qui pourrait dire que ce n'est pas cette maladie infectieuse qui a préparé le terrain à l'évolution de la phtisie? Rien ne le prouve, mais tout permet de le supposer.