Cf. la Chronique médicale, 15 février 1898, p
2. V. Les grands aïiénistes français, par le D' Semelaigne. Paris, 1894.
3. V. Dans la Chronique médicale an i-' janvier 189Q, pj. 44, la proclamation du maire de Paris, qui était alors le D' Chambon
Arrivé près de l'échafaud, il a regardé, avec fermeté, ce même échafaud et dans l'instant, le bourreau a procédé à la cérémonie d'usage, c'est-à-dire qu'il lui a coupé les cheveux, qu'il a mis dans sa poche, et aussitôt Louis est monté sur 1
l'échafaud. Le roulement d'un grand nombre de tambours I
qui se faisaient entendre et qui semblaient apostés pour •empêcher le peuple de demander grâce, a été interrompu d'abord par un geste qu'il a fait lui-même, comme voulant parler au peuple assemblé ; mais à un autre signal, qu'a j
donné l'adjudant du général de la garde nationale, les tam* J
bours ont repris leur roulement, en sorte que la voix de Louis a été étouffée et qu'on n'a pu entendre que quelques mots confus, comme : « Je pardonne à mes ennemis, etc. » Mais en même temps, il a fait quelques pas autour de la fatale I
planche où il a été attaché, comme par un mouvement, ou plutôt par une horreur si naturelle à tout homme qui voit approcher sa dernière fin, ou bien par l'espoir que le peuple demanderait sa grâce, car quel est l'homme qui n'espère pas jusqu'aux derniers moments ?
L'adjudant du général a donné ordre au bourreau de faire son devoir et, dans Tinstant, Louis a été attaché à la fatale planche de ce qu'on appelle la guillotine, et la tcte a été tranchée sans qu'il ait eu presque le temps de souffrir •, avantage qu'on doit du moins à cette machine meurtrière qui porte le nom d'un médecin qui l'a inventée ■. Le bourreau a aussitôt retiré la télé du sac où elle s'engage naturellement et Ta montrée au peuple.
Aussitôt qu'il a été exécuté, il s'est fait un changement subit dans un grand nombre de visages, c'est-à-dire que d'une sombre consternation, on a passé rapidement à des cris
de Montaux, dont nous avons publié la biographie (Cabine secret de l'Histoire^ y série).
1 . On remarque la préoccupation du physiologiste, se demandant si le sentiment survivait à la décollation. On sait que cette question passionna beaucoup le monde médical au moment de l'invention de la nouvelJe machine à décapiter.
2. On n'ignore plus aujourd'hui que la guillotine ne porte pas, à vrai dire, le nom de son inventeur, Guillotin ayant «eu nombre de devanciers. (V. Le Cabinet secret, a' série.)
de : Vive la nation! du moins la cavalerie qui était présente à l'exécution, et qui a mis ses casques au bout de ses sabres.
Quelques citoyens ont fait de même, mais un grand nombre s'est retiré, le cœur navré de douleur, en venant répandre des larmes au sein de sa famille.
Comme cette exécution ne pouvait se faire sans répandre du sang sur l'échafaud, plusieurs hommes se sont empressés d'y tremper, les uns, l'extrémité de leur mouchoir, d'autres, un morceau de papier ou toute autre chose, pour conserver le souvenir de cet événement mémorable, car il ne faut pas se livrer à des interprétations odieuses.
Le corps a été transporté dans le cimetière Sainte-Marguerite, après que des commissaires de la municipalité, du département et du tribunal criminel ont eu dressé le procès-verbal de l'exécution.
Son fils, le ci-devant Dauphin, par un trait de naïveté qui intéresse beaucoup en faveur de cet enfant, demandait avec instances, dans son dernier entretien avec son père, d'aller l'accompagner pour demander sa grâce au peuple...
Quand il monta sur Téchafaud, Louis XVI était âgé de 38 ans, 4 mois, 28 jours. Il avait régné 19 ans, moins 4 mois *.
II avait épousé, le 26 mai 1770, Marie-AntoineUe*y archiduchesse d'Autriche, sœur de l'empereur Joseph II, et fille de Marie-Thérèse, impéra* trice-reine de Hongrie et de Bohême.
II naquit de cette union deux filles:
1** Marie-Thérèse Charlotte de France, madame Royale, née le 19 décembre 1778; mariée, le 10 juin 1799, au duc d'Angoulême, fils aîné du comte