Cf. Union médicaley 9 janvier
différence entre la salubrité del'air des châteaux de la Muette et de Versailles, et si j'avais à choisir, je préférerais Versailles. De Lassone ne croit pas que le séjour de Versailles soit contraire au Dauphin : « Depuis près de quarante ans, ditil, quej'habite cette ville et que j'y ai pratiqué la médecine, je suis assuré qu'il n'y règne point d'épidémie particulière, dépendante de circonstances qui puissent rendre le sol malsain. Jean Cbavignaij chirurgien de Marie-Antoinette (1775-1788): Vingt-deux ans de service, en qualité de premier chirurgien de la reine, m'ont mis dans le cas de faire différents voyages dans les maisons royales de Meudonet de la Muette. J'ai pu en étudier la situation, «n appiécier les avantages et en reconnaître les inconvénients... Je pense, en résumé, que des trois maisons royales dont il s'agit, Versailles mérite la préférence et que c'est le lieu le plus.salutaire pour y faire passer la saison critique de l'hiver à M. le Dauphin.
yicqd^Â^yfy Portaly Petit, Brunyer, Loustauneau, j4ndouillé, opinent pour Versailles.
Desault. —Pour pouvoir résoudre avec -ividence la question sur laquelle on me fait l'honneur de me consulter, je crois qu'il convient: premièrement, d'examiner quel est l'état dans lequel se trouve aujourd'hui M. le dauphin, afin d'en déduire les qualités que doit avoir l'habitation qui lui serait la plus convenable pour y passer l'hiver; secondement, développer quel est celui des trois châteaux, de Meudon, de la Muette et de Versailles, qui réunit le plus de ces qualités: troisièmement enfin, de considérer si, même dans la supposition où deux de ces maisons offriraient les mêmes avantages physiques, le choix de l'une d'elles ne devrait pas être fixé par des convenances morales capables d'influer sur l'esprit et le cœur du prince, et, par une suite nécessaire, sur sa santé.
Monseigneur a éprouvé une maladie qui l'a mis dans un état de faiblesse et de langueur dont il n'a pu encore se relever. Sa constitution doit être toujours très délicate, les solides relâchés, les mouvements lents, les (onctions pénibles, les sucs mal élaborés, la nutrition imparfaite.
Exposer une organisation aussi frêle à toute la rigueur d'un air vif, sec et froid, serait faire courir des dangers à ce prince. Si un pareil air augmente la force et la chaleur du l'homme sain et bien constitué, il accable l'homme faible.
anéantit les forces vitales, et engourdit celui qui est d'une santé languissante, if resserre les pores de la peau, la durcit pourainsi dire, diminue le calibre des vaisseaux qui vont à la superficie du corps, rend les humeurs qui les parcourent plus épaisses; delà, le défaut de transpiration, le refoulement des fluides vers les parties internes, la surcharge de celles-ci, leur obstruction, les embarras à la poitrine, les rhumes inflammatoires, etc., etc.
Un air humide et froid ne serait pas moins nuisible; il relâcherait de plus en plus les solides qui ne le sont déjà que trop, et les ferait tomber dans Tinertie; chargé de beaucoup d'humidité, il n'est plus propre à absorber celle qui doit s'exhaler du corps tant par la transpiration insensible de la peau que par celle des poumons, ce qui peut donner lieu à des amas de sérosité dans le tissu cellulaire, à des épanchements dans les cavités et à tous les maux qui en dérivent. D'ailleurs, cet air n'ayant point assez d'élasticité pour développer le poumon dans la respiration, cette fonction devient laborieuse, il survient des catarrhes et autres engorgements de même espèce.
Ainsi, Pair qui paraît le plus analogue à la faiblesse et à la délicatesse de la constitution de M. le dauphin, est un air tempéré, ni trop sec ni trop humide, qui, sans être continuellement battu et échauffé par les vents froids, tels que ceux du nord, est cependant assez souvent renouvelé pour ne contracter aucune qualité vicieuse, exempt d'ailleurs de miasmes et émanations qui pourraient en altérer la pureté.
Pour toutes ces raisons, Desault préférait Versailles à toute autre habitation.
C'est néanmoins Meudon qui fut choisi.
Nous avons reproduit dans notre édition de luxe * un portrait du premier Dauphin, fils de Louis XVI, que nous tenons de Tobligeance de M. Otto Friedrichs.
I. Cette édition, tirée à iio exemplaires, est la seule qui contienne des gravures.
M. Friedrichs a bien voulu accompagner ce document conographique de la lettre suivante, qui précise un point d'histoire intéressant :
Le portrait au physionotrace^ que j'ai le plaisir de vous communiquer, représente, bien authentiquement, le dauphin, premier fils de Louis XVI et non pas, comme on le croit généralement, le duc de Normandie, second fils de Louis XVI, auquel il succéda dans les âmes royalistes sous le (ître de Louis XVll, à partir du 21 janvier 1793.
Je sais bien que Charles d*Héricault, dans La Révolution Paris, Dumoulin, 1883, p. 133), a publié ce même portrait en l'attribuant à Louis XVll et en l'accompagnant de lamentations sur la victime de Simon. 11 faut bien, n'est-ce^ pas, selon les pures tradftions royalistes, induire en erreur le populaire et maints historiens, en leur montrant Louis XVll mort des suites des mauvais traitements de Simon, alors que Simon, en quittant le Temple le 19 janvier 1794, un an et émm avant la date oflfîdelle &a ébeti de Tenfuit mort à la place de Louis XVll, remit son royal élève en Bomte amdi\ alorsquelemême Simon avait été guillotiné ^r^s cPun an avant la prétendue mort de Louis XVll au Temple — absent et « raccourci », il devenait bien difficile à Simon de continuer jusqu'à ce que mort s'ensuive, ces « mauvais traitements » que la légende royaliste, et pour cause, a toujours fortement exagérés !
Je sais bien aussi que l'impeccable Chantelauze,qui propagea depuis si consciencieusement la fausse légende du squelette de Louis XVll reposant au cimetière de Sainte-Marguerite et dont l'ouvrage fut proclamé « définitif » (?!) par l'illustre Taine ; je sais aussi, dis-je, que Chantelauze a publié ce même portrait comme étant celui de Louis XVll (Voir 1'//lustraiion du 22 septembre 1883). Mais ces prétendus historiens ont tout simplement commis une grossière erreur, (ni la première, ni la dernière I) et j'en ai trouvé la preuve formelle dans ajournai de Paris du 25 juin 1788 —on ne saurait poursuivre la vérité trop loin. A cette date, en effet, le Jourtuilde Paris parle de la séance accordée par Mgr le Dauphin » au physionotrace. Or, le portrait en question a été obtenu par le procédé dit « au physionotrace», et, en 1788, c*est
le premier fils de Louis XVI qui, seul, portait le titre de «Mgr le Dauphin ». Son frère cadet, le futur Louis XVU, n'était alors que duc de Normandie. Ergo, ce portrait au physionotrace représente bien le premier fils de Louis XVI, décédé à Meudon, le 4 juin 1789. Quod erat demonstrandum. , .
Au reste, si MM. d'Héricault et Chantelauze avaient tant ^oit peu connu leur Louis XVII, un simple coup d'oeil sur la coupe des cheveux dans le portrait au physionotrace, aurait dû suffire pour faire naître en leur cerveau la vague idée qu'ils faisaient fausse route. Les cheveux de Louis XVIl, en effet, recouvraient son front et retombaient en boucles sur ses épaules : je ne connais pas de portrait de lui avec le front complètement découvert et les cheveux se terminant plutôt en queue sur le dos comme dans ce portrait au physionotrace. Dans les portraits douteux, et que des personnes inexpérimentées seraient embarrassées d'attribuer à l'un ou à l'autre des deux fils de Louis XVI, pareille disposition de la chevelure autorise a priori, sans préjudice, bien entendu, d'une étude plus complète, à pencher en faveur de l'hypothèse d'un portrait du premier fils de Louis XVI.
Otto Friedrichs.
lioais XVII
Marie-Antoinette mit au monde son second fils le 27 mars 1785.
Lescouches furent peu laborieuses *.Dès le matin, la reine avait éprouvé les douleurs prémonitoires. « Versles sixheures(du soir) tous lessymptomes parurent, et après un travail d'environ une heure elle accoucha d'un prince bien constitué et très fort* ».
L'enfant fut baptisé le jour même de sa naissance : on lui donna le nom de Louis-Charles. Le roi lui conféra le titre de duc de Normandie, « titre qui n'avait été porté par aucun fils de France depuis un frère de Louis XP ».
1 . Cf. de Beauchesne, Louis XVII, édition de 1894, 1 1, p. 487 et suiv.Beauchesne ayant publié l'acte de naissance, nous croyons inutile de le donnera nouveau. (Cf. p. 535, ouv.cit.).