octobre). Mort de Charles Martel
Eades
Mort, en 898, de Manie aiguë.
Robert, dit le Fort, comte d'Anjou, fondateur de a Maison de France, apparaît pour la première fois dans l'histoire le 3 avril 852.
Il est difficile d'établir ses antécédents héréditaires, puisqu'on est encore à discuter l'origine de la famille capétienne *.
On ne saurait être davantage éclairé sur ses antécédents physiologiques et pathologiques ; tout au plus les historiens nous révèlent-ils qu'il fut blessé en 864, et qu'il reçut un coup mortel, dans un combat livré deux ans plus tard contre des pirates normands.
Des deux fils de Robert le Fort, l'un, Robert I^^^ qui occupa le trône de France, de 866 à 923, fut tué à la bataille de Soissons ; l'autre, le frère aîné de Robert, Eudes, eut une fin, sinon mystérieuse, au moins entourée de quelques soupçons.
I. Cf. Revue critique, 1873, II, 97; Revue des questions hislo^ riques, 1873, 1, io8; Revue historique, i8q3. II, 99,
Le regretté Auguste Brachet,érudit de l'école de Littré, la bonne école, qui nous a précédé dans la voie où nous nous sommes engagé après ces deux maîtres, a le premier soulevé, à propos de la mort du roi Eudes, un problème de psychopathie historique qui n'est pas dénué d'intérêt.
Les biographes de ce roi se sont pour la plupart bornés à fixer la date de sa inort.Ce n'est que près d'un siècle plus tard, que l'on trouve dans le recueil du moine Richer, qui était, ne l'oublions pas, médecin, la première mention des symptômes pathologiques, présentés durant sa vie par le prince de la Maison de France que nous étudions.
A une époque où la pathologie mentale est encore dans l'enfance, il ne faut pas se montrer trop exigeant. Richer se contente de conclure à une affection cérébrale, sans se prononcer autrement sur la nature du délire aigu qui a emporté le malade. Il ne s'est pas attaché à rechercher (le pouvait-il avec les lumières insuffisantes de la science de l'époque?) si le délire qui a provoqué le dénouement fatal était essentiel, c'est-à-dire si c'était un accès de folie, ou pour parler plus rigoureusement, de manie aiguë ; ou bien, si ce délire était lié à une affection fébrile, telle que la fièvre typhoïde, \2i pneumonie, l^méningo-encéphalite, etc.
Le problème que le médecin Richer n'a pas même tenté d'aborder, Brachet en a victorieusement poursuivi la solution *.