‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 221 sur 277 · Su Vigny, ioc, cit · texte numérisé non relu

Su Vigny, ioc, cit

4. Le contrat de mariage du « sieur Simon Antoine et de Marie-Jeanne Aladame, demeurant à Paris, rue des Cordcliers, n' 32 » est du 15 mai 1788. Simon était veuf, sans enfant, de Marie-Barbe Hoyau, et fils de François Simon, marchand boucher à Troyes. (A. N., F' 6806).

époque où son intempérance de langue aurait pu lui causer de sérieux désagréments.

La femme Simon était, au moment où ses révélations se produisirent pour ainsi dire publiquement, à l'hospice des Incurables, où elle avait été admise en 1795. La pétition suivante, qui nous avait été jadis* communiquée par le regretté Etienne Charavay, nous fait connaître à quelle date exacte la veuve Simon sollicita son admission à cet hospice :

j4tix citoyens représentants composant le Comité des secours. Citoyens représentants,

Ladite Marie-Jeanne Madame, veuve d'Antoine Simon* demeurant dans le bâtiment des ci-devant Cordeliers, n* 5, section de Marat,

Vous expose que, dans le séjour qu^ellc a fait au Temple,

1. Du moins, nous croyons être le premier à l'avoir publiée, dans la Francs médicale, 1894, n" 41 et 42 (articles signés de notre pseudonyme : D' Quercy).

2. Croirait-on qu'on a douté de la mort du cordonnier Simon, qui avait été, comme chacun sait, guillotiné? « 11 s'est trouvé, il se trouve encore (écrivait un rédacteur de V Intermédiaire, n*du 25 oct. 1876, p. 613), des historiens sérieux (!!) qui prétendent que le dit Simon a vécu sous un faux nom jusqu'en 1830 à Joinville, où il était gardeur de pourceaux. C'est, dit-on, àl'hopitalde Joinville, qu'il aurait fmi sa vilaine existence ». Sans doute, on sait ce que valent les actes officiels de ce temps. M. Sardou a cité le cas, et après lui, M. Lenôtre a raconté tout au long l'aventure, dans ses yieilles maisons, vieux papiers, d'un « ci-devant coiffeur de la reine », Léonard Antici, condamné le 7 thermidor et exécuté le même jour, avec André Chénicr, Goësman, de Trenck et autres. Tous les actes officiels, tous les livres le constatent. Eh bien, ce Léonard est mort en réalité sous la Restauration, en 181 g. Voilà bien un faux acte de décès.

Mais pour Simon il ne semble pas que les choses se soient

pour la garde du petit Capet, à elle confié par la Convention nationale, elle y a gagné plusieurs infirmités des plus cruelles et absolument incurables, ainsi que cela est attesté par le certificat ci-joint de l'officier de santé du grand hospice d'humanité *.

En conséquence^ se trouvant aujourd'hui sans aucune espèce de ressource, la requérante vient réclamer aujourd'hui de votre humanité, citoyens représentants, d'être autorisée

passées de la même façon. H a bien et dûment payé sa dette il la société en montant sur Véchafaud. Voici, d'abord, son acte de décès donné par Jal :

« 27 thermidor, an 11.

« Acte de décès du 10 de ce mois, d'Antoine Simon, cordonnier, âgé de 58 ans, natif de Troyes, département de l'Aube, domicilié à Paris, rue Marat, n'32.

« Vu l'extrait du jugement du Tribunal révolutionnaire et du procès-verbal d'exécution du dix de ce mois, signé Nei- . rot, commis-greffier. Vu par Pofficier public, Antoine Trial (signé), Trial père. »

Comment douter de la mort de Simon? Il figure officiellement sur la liste des décapités : « Simon, (Antoine), cordon- « nier et membre du Conseil de la Commune, âgé de 58 ans, « né à Troyes, département de l'Aube, domicilié à Paris, « département de la Seine, mis hors la loi par décret de la « Conv. Nation, du 9 thermidor, an 11, comme traître à la « patrie, exécuté le 10. »

Qui donc se serait fait guillotiner à sa place?

(Cf. Intermédiaire, 1876, pp. 698, 726).

1. Nous avons retrouvé le certificat, auquel il est fait ici allusion, dans V Amateur d'Autographes, \ y p. 61. 11 est assez peu connu pour que nous le reproduisions à nouveau:

« Je soussigné, officier de santé du grand hospice d'humanité et du comité de bienfaisance de la section de l'Indivisibilité, certifie que la citoyenne veuve Simon, demeurant dans le bâtiment des ci-devant Cordeliers, n^ 5, est attaquée depuis le séjour qu'elle a fait au Temple, d'engorgement très marqué au foie; les glandes du mésentère s'en trouvent égalementaffectées. Elle rend, tous les matins, en vomissant, une grande quantité d'humeurs pituiteuses, qui augmente dans les temps humides et pluvieux et la met hors d'état de faire aucun des travaux qui exigent de l'adresse et de l'agî-

à se retirer dans l'hospice des lucurabUs, pour y pouvoir finir tranquillement ses jours.

Observe la requérante qu'il a été signifié des ordres de vuider les lieux à tous les locataires du bâtiment des cidevant Cordeliers, et que l'état d'impotence et de souffrance de la requérante la met dans l'impossibilité absolue de se fournir d'un autre logement.

Cette requête n'est pas signée de là veuve Simon, mais on trouve en marge :

Renvoyé au comité des secours publics par celui des pétitions, le 25 frimaire l'an 111, de la République.

Page 1