‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 234 sur 277 · SI · texte numérisé non relu

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Cette pièce avait été écrite en quintuple expédition : c'est l'exemplaire de Dumangin, écrit, semble-t-il, de sa propre main, que les Archives nationales ont acquis en 1891 .

Quant à « la tache de sang... provenant de la main encore mal essuyée de l'un des quatre opérateurs», si la légende ne pouvait décemment s'en passer, le papier est moins complaisant, et, avec la meilleure volonté, il est impossible d'y trouver la moindre trace de cette prétendue souillure.

Ce document, passé depuis 1853 aux mains d'un

3' édition, Paris, 1818, p. 296.) En comparant la signature de Dumangin avec l'écriture du procès-verbal, la similitude paraît cependant bien manifeste.

D'après une descendante du D' Dumangin, Mademoiselle Marie Dumangin, directrice du Biarrit^^-Tbermalf qui très aimablement a bien voulu nous en faire part, la pièce, en U possession de son aïeul, ne devait pas être unique : « il devait y en avoir des copies ; trois des copies du procèsverbal d'autopsie ont été remises aux trois médecins qui en avaient été signataires. Le D' Dumangin, comme ses autres confrères, avait la sienne.

« M. Théophile Dumangin, fils du D' Dumangin, médecin en chef deTHospice de l'Unité, an 111 de la République, habitait sa propriété de « Fernigot » (Nièvre), lorsque M, Grasset était à la « Charité-sur-Loire » (Nièvre).

« Ce monsieur convoitait la possession de l'original du certificat de la mort et de l'autopsie de Louis X^/I, que M. Théophile Dumangin lui avait montré, et dont il n'aurait voulu à aucun prix se défaire.

« M. Grasset le désirait vivement. Comment s'y pn't-il pour s'en emparer? Nul ne le sait ; mais ce dont on est sûr, c'est qu'il s'en rendit maître. Or, il fut exilé vers 1848, et se . trouvant à Alger, sans ressources, alla déposer l'acte chez un libraire, moyennant un prêt.

« Après un certain temps, M. Grasset, se trouvant dans l'impossibilité de rembourser le libraire, celui-ci garda le document, qu'il céda ensuite au gouvernement contre différents ouvrages. »

libraire d'Alger, a été cédé à FEtat, accompagné de diverses pièces justificatives qui ont fourni les éléments de cette note*, moyennant la concession de plusieurs ouvrages du fond des publications ministérielles.

Le libraire d'Alger, à qui avaient échu les pièces les avait vainement proposées en 1869 au maréchal de Mac-Mahon, alors gouverneur général de l'Algérie.

Ce n'est que bien plus tard, le 21 juillet 189J, que ce dossier fut offert par M. Guichard, député, au ministre de l'Instruction publique, qui le lit verser aux Archives, où il est entré le 25 juillet* (1891).

Quelques mois après, une indiscrétion ayant rendu publique la nouvelle de cette donation, les journau); quotidiens, entre autres le Gaulois, en tirèrent un argument assez inattendu contre la thèse de l'évasion de Louis XVll et son identité avec «Naundorflf». Nousensommes encoreà nous demander quelle différence il pouvait y avoir, au point de vue de la discussion historique, entre l'original du procès-verbal d'autopsie et la copie conforme publiée, dès le 14 juin 1795, dans le Moniteur \ feuille officielle de la Convention ! La découverte de la pièce dont nous avons donné ail-

1. Ce qui précède est emprunté aux Archives historiqtus et HUéraires (1890-91), p. 503-504.

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