‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 233 sur 277 · Mémoires de la Duchesse de Tourzel, p. 3>o · texte numérisé non relu

Mémoires de la Duchesse de Tourzel, p. 3>o

2. Voir les lettres inédites de Napoléon, publiées par M. Léonce de Brotcnne dans la Nouvelle Revue du i" fé-

Louis XVll, qu'il paraissait connaître pertinemment. Singulières contradictions, on Tavouera!

Mais arrivons à ia pièce principale, au point capital à élucider; étudions, disséquons, si l'on peut ainsi parler, le procès-verbal d'ouverture du corps, qui va donner matière à maintes réflexions.

Jusqu'à ces dernières années (1891), on ne pouvait consulter aux Archives qu'une copie de ce procès-verbal, qui avait été publié d'ailleurs dans le Moniteur, dans le Journal de Perlet, etc. Ce procès-verbal avait pourtant figuré, « en original et en copie* », dans les dossiers officiels, avant

vrier 1894, et dont un passage a été reproduit par la LégUimité du 30 décembre de la même année; voir aussi ]*attesfa> tion du docteur Faure, dans la Lègiiimiié du 15 septembre 1884; et Ton sera bien obligé de conclure que Pelletan eut parfois des doutes au sujet de l'évasion de Louis XVIl, si l'on ne veut pas admettre qu'il !a coni.aissait vraiment.

D'après un témoignage publié dans la Plume (n* spécial sur la Question Louis XVIIy par M. Otto Friedrichs, Pelletan connaissait l'évasion. Le témoignage est celui d'Elise Jal. veuve du D' Jal, à qui Pelletan déclara : « J'ai très bien, reconnu que l'enfant qui nous a été présenté n'était pas le Dauphin, mais je ne voulais pas être empoisonné comme Desault. »

I. Procès-verbal en original et en copie de l'ouverture du corps du fils du Roi, au Temple, daté du 21 Prairial an ? (9 juin 1795) et signé de M. Dumangin, médecin en chef de l'hospice de l'Unité et de M. Pelletan, chirurgien en chef du grand hospice d'humanité.

Le Président de la section du Temple transmet copie du procès-verbal d'inhumation du corps du fils du Roi, en date du 23 Prairial an 3 (10 juin 1795) dans le cimetière de Sainte- Marguerite, rue Saint-Bernard, faubourg St- An toi ne.

Ces deux objets ont été remis à S. Exe. le comte Decazes, Ministre de la Police générale^ le 27 septembre 1816. (A^'* N**, F., loc, cit.\

i8i6, car ce n'est que le 27 septembre (18 16) que l'archiviste da ministère de la police générale l'en fit sortir pour le remettre au comte Decazes*.

Depuis lors, on en avait perdu la trace.

En' 1873, paraissait dans le Figaro (n© du 22 septembre) un article, qui ne fut pas sans produire une certaine sensation; nous n'en reproduisons que les passages intéressants * :

Nous recevons d'un de nos abonnés une lettre dans laqueUe il affirme avoir eu entre les mains, et momentanément en dépôt, l'original du procès-verbal authentique de Tautopsie du corps du Dauphin (Louis XVI 1). Notre corrcs pondant y insiste au moment où, pour servir des intérêts que nous n'avons pas à examiner ici, on essaye d*émettre des doutes sur la mort de la victime du savetier Simon.

La Convention n'avait reçu qu'une copie de cette pièce que tous les historiens de la Révolution ont vainement cherchée, et qui existe en un lieu que notre correspondant nous dit ne pas avoir le droit d'indiquer (nous le regrettons beaucoup;. Le procès-verbal en question est signé par les quatre médecins délégués par la Convention, et « après l'une des signatures, une tache de sang, une souillure involontaire, sans doute, provenant de la main encore mal essuyée de l'un des quatre opérateurs. »

1. Le37 septembre 1816, M. Lecomte, Archiviste du Ministère de la Police générale, a remis à M. le comte Decazes :

!• Le procès-verbal en original de l'ouverture du corps du fils du Roi, au Temple, daté du 21 Prairial an 3 (9 juin 1795), et signé de M. Dumangin, médecin en chef de l'hospice de rUnité, et de M Pelletan, chirurgien en chef du grand hospice de l'Humanité.

2* Copie du procès-verbal d'inhumation du corps du ^î/s du Roi, en date du 22 Prairial an 5, dans le cimetière de Sainte- Marguerite, rue St-Bernard, faubourg St-Antoine. (A. N., F' 6808). V. aux Pièces Justificatives y la note 1.

2. D'après les Archives historiques et littéraires, 1890-91, p. 502 et suiv.

Voici comment, d'après notre coriespondant, la pièce originale aurait disparu :

Un gentilhomme, pour sauver sa tête et avoir quelques modestes ressources, tenait, sous un faux nom, les écritures d'un chef de bureau illettré dans la police. Ce gentilhomme avait acquis la confiance de son patron et classait tous les papiers déposés dans le greffe ^ à la mort de Robespierre, profitant du trouble et de la confusion générale, il enleva le carton qui contenait la fameuse pièce et passa à l'étranger, où il demeura longtemps. 11 est mort depuis vingt ans, et ses papiers ont été dispersés aux quatre vents *.

Ce nouveau Labussière s'appelait Jean-François Roland de Bussy. 11 mourut à Alger, premier adjoint au maire, le 21 juin 1858, dans sa quatrevingt-douzième année. Les uns disaient qu'il avait été secrétaire de Robespierre; d'autres, secrétaire de la commission qui fit fusiller le duc d'Enghien. Ce qui est plus certain, c'est qu'il avait été, sous l'Empire, chef de division du premier arrondissement du ministère de la police générale. Mais que Roland de Bussy ait été gentilhomme, teinturier d'un chef de bureau révolutionnaire, secrétaire de Robespierre et le reste, cela n'a rien à voir, au grand dommage de la légende, avec le procès-verbal d'autopsie dont il était devenu détenteur. Ce procès-verbal, il l'avait tout simplement reçu en don (c'est lui-même qui l'a déclaré) de son ami, le docteur Dumangin *, un des médecins qui avaient fait l'ouverture du corps de l'enfant.

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