‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 260 sur 277 · I. y4rcb. Nat., cote précitée · texte numérisé non relu

I. y4rcb. Nat., cote précitée

blirun système d'informations positives. II leur a assuré qu'il avait creusé, dans la matinée du jour de cette triste cérémonie, une fosse particulière où le corps du roi fut déposé ; rendu au cimetière avec les commissaires Simon et Petit, il leur a tracé une étendue de terrain, dans l'enceinte de laquelle doit se trouver, selon lui, à six pieds de profondeur, le cercueil du Roi, fait en bois blanc et ayant à la tête et aux pieds un D, écrit par lui avec du charbon.

Les commissaires ont vu aussi le sieur Bureau, concierge du même cimetière, depuis 28 ans, il a affirmé que Voisin lui avait demandé, dans la matinée du 12 juin 1795, une bière pour une jeune fille et qu'il sut pendant la journée qu'elle était pour le prince qu'on appelait alors le Dauphin, il a prétendu que Voisin n'avait pas creusé de fosse particulière et que le procès-verbal d'inhumation dans la fosse commune fut dressé dans la maison curiale.

Poursuivant leur enquête, les commissaires ont su de M. le -Curé actuel de Sainte- Marguerite qu'un fossoyeur, nommé Bertrancourt dit Valentin, dont l'épouse vit encore, avait retiré le corps du jeune prince de la fosse commune et l'avait enterré dans un lieu particulier.

On s'est informé auprès de la veuve de cet homme, si elle pourrait donner des renseignements sur le lieu précis de la sépulture.

En confirmant ce que M. le Curé avait dit, elle indiqua un ami de .défunt son mari, nommé Decouflet, bedeau de la paroisse des Quinze-Vingts, à qui on s'est adressé et qui a déclaré que Bertrancourt dit Valentin, en creusant une fosse dans le cimetière Sainte-Marguerite en 1802, lui fit remarquer un lieu près du pilastre à gauche de l'église, sur laquelle •était une croix ; Bertrancourt ajouta qu'on y ferait un jour un monument, car disait-il, il y a ci-dessous le cercueil du dauphin.

De tous les renseignements obtenus de ces différentes per. sonnes et consignés dans le procès-verbal qui en a été dressé par les commissaires, il résulte que le 24 Prairial an 3 (12 juin 1795) la dépouille mortelle de S. M. Louis XVII, enfermée dans une bière de bois blanc de quatre piftds et demi de longueur, a été apportée du Temple au cimetière Sainte-Marguerite, vers neuf heures du soir et déposée dans la grande fosse

commune, qu'un procès-verbal de cette cérémonie à été dressé dans la maison curiale par le sieur Gille, alors commissaire de Police, qu'il paraît vraisemblable que le corps a été retiré de la fosse commune, que cette opération a été exécutée en secret et pendant la même nuit ou la suivante par Voisin ou Valentin ; que si c'est par le dernier, le lieu où reposent les cendres du jeune Roi est au-dessous du pilastre gauche de la porte de l'église, en entrant par le cimetière ; que si c'est par le premier, la fosse particulière peut être retrouvée dans l'enceinte que Voisin a désignée à la gauche delà croix élevée dans le milieu du cimetière en tournant le dos à l'église.

Les commissaires qui ont fait l'enquête penchent à croire que si les restes précieux du jeune roi ne sont pas restés confondus avec ceux des autres morts, ils doivent se trouver dans l'endroit désigné parla veuve Bertrancourt ou Valentin et par le sieur Decouf.et.

Telles sont les mesures que j'ai prises pour remplir les intentions de votre Excellence et répondre au désir de sa Majesté ; tel est l'état des recherches et le résultat qu'elles ont produit pour parvenir à retrouver les dépouilles mortelles du jeune et infortuné roi Louis XVll.

Je prie votre Excellence d'agréer l'assurance de ma haute considération.

Le ministre d'Etat, Préfet de Police, Comte Angles.

Note'.

Les recherches faites pour découvrir les restes du roi Louis XVll offrent lé résultat suivant :

On a trouvé à l'endroit indiqué dans le cimetière de Sainte- Marguerite, une pierre rompue et une boëtc de plomb contenant des papiers qui ont été remis au ministre de la Police.

Les personnes qui veulent faire revivre le malheureux prince prétendent et répandent cela dans le public que la grande faveur de Monseigneur Decazes n'a pas d'autres motifs.

S. Ex, le Ministre Secrétaire d'État au département de la Police générale.

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