VI PREFACE
prendre et à expliquer quelqties natures étranges qui sont restées comme des rébus historiques. Est-il indifférent de savoir que Louis XI avait des phobies, que Louis XIII était aboulique et Louis XV un hypocondriaque toujours ennuyé, sans cesse en quête de distractions nouvelles ?
Les ouvrages de Littré, de Légué, de Funck- Brentano ( avec la collaboration de Brouai^el et de Paul Legendre) n'ont-ils pas mis au point, d'une façon décisive, le drame des poisons sous Louis XIV ? MM. Pierre Clément, Jules Loiseleur etc., avaient, il est vrai, laissé peu de choses à glaner à ceux qui sont venus après eux.
Que de mystères ou de sombres drames, pendant le moyen-âge, dans la venenosa Italia, au temps de la cantarella des Borgia, de Vaqua Toffana ou petite eau de Naples ! Le poison a toujours été Tarme des lâches, un instrument facilement manié par la femme. Plus près de nous, n'a-t-on pas dit que Gimarosa avait été empoisonné par ordre d'une reine? La légende n'a été détruite que par la publication d'un rappoi*t médical, montrant que l'illustre musicien avait succombé à des accidents hépatiques.
Les médecins — c'est un autre de leurs privilèges, je pouiTais dire une autre de leur supériorité, — peuvent encoi^e, il nous semble, expliquer et faire comprendre le « vertige du pouvoir. » Napoléon disait : j'ai couché dans le lit des rois et j'y ai pris une maladie tenible. Cette maladie, nous la connaissons : c'est la « césarite »., mélange de phobies variées, d'instinct destructeur excité et jamais satisfait.