‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 73 sur 277 · Lettre du roi à Chabannes, citée plus haut · texte numérisé non relu

Lettre du roi à Chabannes, citée plus haut

2. Dépêches de l'ambassadeur milanais Camulio in Fresne de Beaucourt, t. Vl» p. 383.

3. Chastellain (t. 111, p. 444), dit à ce propos :« Vous peut assez souvenir qu'en l'hiver passé le roi avoit esté malade durement, et lui attribuait-on mal incurable en une jambe qui tous discouloit etrendoit matières incessamment, qui le mettoit à fin. »

4. « Pour 1111 aulnes toile bourgeoise délivrée à Jehan Mareschal, chaussetler et varlet de chambre du Roy nostre sire, pour fere IX chausses à laceure par derrière et une faulse porte pour servir audit seigneur à une jambe qu'il avoit malade. » (Archives, KK «5!, f 36 V.).

Le 3 mars 1459, on achète un quartier de fin blanchet, « pour faire audit seigneur ung chaussons jusques à my jambe. » (Idem, f* 16). Cité par Fresne de Beaucourt» HisL de Cbaries k^II, t. VI, note i de la p. 437.

ressemblent ftMft aux bas élastiques, si souvent prescrits de nos jours dans les cas d'ulcères consécutifs aux varices.

On pourra toutefois mettre en dûAite ce diagi^ostic, si Ton se rappelle que le roi était <fe souche tuberculeuse. Le roi lui-même avait, au reste» la conviction qu'il avait « le mal de son père » et on avait grand'peine à le détourner de cette idée\

H se rétablit, mais ne tarda pas à retomber dans ^on état maladif. A la fm de l'année 1463 et au commencement de 1464, sa santé donna des inquiétudes constantes. ;.

Un agent de Sforza écrivait de Saint-Omer, le 8 mai, à son maître:

« Les astrologues ont fait savoir au duc de Bourgogne que le roi est en grand péril de mort; il ne peut échapper que par miracle, et sa vie ne saurait se prolonger au delà du mois d'août. »

En dépit de ce pronostic fâcheux, au mois de mai Charles Vil recevait en audience solennelle les ambassadeurs des princes d'Orient et, à la fin de juin, présidât encore les séances du ConseiP.

Charles Vil résidait à ce moment au château

I . ChasteUain, 111, 446 :« Comme de long temps il avoit eu desirde régner et d'avoir couronne en teste, et encore plus maintenant pour cause que son père lui tenoit la main roide, quan ce viiit que le mal de la jambe lui estoit pris et duquel on le jugeoit en péril, fît à tout lez calculer sur le mal de son père pour savoir sMl en pourroiteschapper sans mort. Enquoy plusieurs laborans rapportèrent par jugement et certifièrent que non, et mirent terme prefix dedens lequel les influences de là sus demonstroient sa fin. Sy le certifièrent si très à Test- Toit, et tant et tellement y adjousta foy le Dauphin qu'à peine lui sembloit la chose estre de nécesité qu'ensi ce fist. »

a. Fresne de Beaucourt, t. VI, p. 437 «

de Mehun-sur-Yévre„ résidence qu'il affectionnait particulièrement: c'est là qu'il avait été proclamé roi en 1422 ; c'est là qu'il devait terminer sa carrière.

Voyant son mal s'aggraver, le roi perdit confiance dans ses archiâtres. Grâce aux bruits malignement répandus par le Dauphin son fils, il s'imagina bientôt que ses médecins * ne cherchaient qu'à hâter sa mort, en lui administrant du poison au lieu de remèdes* Jl fit enfermer l'un d'entre eux, Adam Fumée, dans la grosse tour de Bourges ; un de. ses chirurgiens aurait eu le même sort s'il n'avait pris la fuite ; il se réfugia à Valen<ciennes, dans le voisinage du Dauphin, semblant par là confirmer les soupçons portés contre lui*.

Au commencement de juillet, l'état du roi empira. L'inquiétude fut grande à la Cour. On crut que la mort était proche, et le vide comr mença à se faire autour du souverain. Au bout de quelques jours, une amélioration survint ; le Roi put assistera la messe, et l'on se rassura '.

Comment s'était manifestée la maladie du roi ? Qyelle en était la nature ?

Le mal avait commencé* par la douleur d'une

1. Dix de ces médecins sont connus, sans compter les astrologues ; tout médecin était, il est vrai, en ce temps là peu ou prou astrologue. M. Alf. Francklin (Lês médecins^ p. 66) cite comme archiâtres du roi Charles Vil : Jean Cadart, Jean Sanglar, Robert Poitevin, Jean Loisel, Alain Blanchetet Adam Fumée.

2. Cest du moins ce qu'affirme Thomas Basin, t. I, p. 513, cité par Beaucourt, VI, p. 459.

Page 1