dut recourir parfois aux aphrodisiaques
3. Une des plus bizarres superstitions de ce Roi qui en eut tant, est l'investiture historique, faite à la Vierge Marie par Louis XI, en 1478, du comté de Boulonnais, pour obtenir sa protection. Les lettres patentes de cette inféodation stipulaient que le roi et ses successeurs en tiendraient la possession de la suzeraineté directe de leur haute protectrice, et que chacun d'eux lui ferait hommage d'un cœur d'or, en entrant en jouissance de ce fief. Louis XI comptait bien, par cette générosité, forcer le cœur compatissant de la Vierge à appeler à elle son grand vassal à l'article de la mort. (Cf. Méray, La Vie au temps des Libres Prêcheurs, t. 1, p.p. 175-6).
une calomnie?* il nous importe peu, au surplus, de le rechercher.
Le type morbide que représente Louis XI est relativement aisé à déterminer. Ce roi monomaniaque, panophobique, est un de ces arthritiquesherpétiques, que notre cher maître le professeur Lancereaux réclamerait à bon droit pour son justiciable.
Une dépêche d'ambassadeur, datée du 26 mai 1467 ', nous permet de fixer la première étape morbide du royal patient : une « fièvre continue », sans caractère bien précis, mais dont la courte durée exclue toute idée de fièvre typhoïde^ ou d'une maladie infectieuse de symptômes à peu près analogues.
Les maux les plus habituels dont souffrait le roi étaient des maux d'estomac et des douleurs dans la région du foie ou de la vésicule biliaire ; au moins peut-on l'inférer de la nature des médicaments * qui lui furent administrés.
Le nombre des drogues que ses médecins infligèrent à leur auguste client fut vraiment considérable: pour en donner un exemple, il fut payé à ses apothicaires, dans un seul trimestre, celui de novembre-décembre I479etjanvier 1480, la somme
1. V. à cet égard V Abrégé chronologique de r Histoire de France du président Hénault, 1761, in-8, i" partie, p. 393.