T. 11, p. 445 (éd. Lenglet-Dufrcsnoy
Si, après la motilité, nous examinons les fonctions de nutrition, nous devrons noter un détail qui nous servira à expliquer certains troubles pathologiques : le roi mangeait gloutonnement ^ Aussi ne sommes-nous pas surpris qu'en concédant aux moines de Saint-Claude des vignobles du domaine royal, ce goinfre couronné, que d'aucuns veulent nous représenter comme ayant réduit les dépenses de bouche de son prédécesseur % ait stipulé, dans les lettres patentes de donation à cette abbaye, que «les religieux... seront tenuz prier Dieu, Notre-Dame... pour notre estât, prospérité et santé... et mesmement pour la bonne disposition de nostre estomac, pour que vin ne aultres viandes ne nous y puissent nuyre et que l'ayons toujours bien disposé... * »
La légende de la continence du roi a fait également son temps. En dépit du serment que le roi avait fait de <( jamais ne toucher à femme que à la royne sa femme»*, il ne se faisait aucun scrupule,
I. Monum, bisi, pair., t. 1, p. 6Ô4, cité par Brachet, t. 111^ 26a.
a. Seyssel, cité par Brachet, op, cit., p. 265.
3. BuUeiin du Comité de la langue et de l'bist. de France, 1853-55, t. n, p. 369.
4. « Des dames, il ne s*en est point meslé, du temps que j'ay esté avec luy ; car à l'heure de mon arrivée, luy mourut ung fils dont il eut grand dueil; et fit lors vœu à Dieu en rha présence, de jamais ne toucher à femme que à la toyne sa ; et combien qu'ainsi le debvoit faire selon l'ordonnance de l'Eglise, si fut ce grant chose à en avoir tant en son commandement, de persévérer en cette promesse ; veu encore que la royne n'estoit point de celles où on debvoit prendre grant plaisir; mais au demourant fort bonne dame. » Comynes» éd. Dupont, t. H, p. 271.
Seyssel (Ed. Comin., Godefr., 11, 303) : « Envers sa femme
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quand Toccasion s'en présentait, de prendre des privautés avec des «filles» rien moins que recommandables*.
Ces privautés allaient-elles bien loin ? Peut-être pas au-delà de l'intention*; ce n'en était pas moins péché mortel, et le dévot* monarque ne pouvait l'ignorer.
11 est de notoriété, du reste, que Louis XI faisait mauvais ménage avec sa femme Charlotte de Savoie et l'on est même allé jusqu'à prétendre que le commerce des deux époux étant devenu impossible, le dauphin Charles (le futur Charles VIII) avait dû naître d'une autre femme que la reine. Est-ce
aussi la Reine Charlotte de Savoyc, il ne fut pas plus humain, ni plus courtois que envers les autres; car outre que par un bien longtemps et tant qu^il fut en aage vigoureux, il luy tint bien mauvaise loïauté de sa personne, il la tint toujours petitement accompagnée, et accoutrée la plupart du temps en quelque château où il l'altoit voir quelquefois, plus pour désir d'avoir lignée que pour plaisir qu'il prit avec elle, et pour la crainte qu'elle avoit de lui et pour autres rudesses quMl lui faisoit souvent, est bien a croire qu'elle n'avoit pas grandes voluptés ni grands passetemps en sa compagnie.» Cf. Brachet, 111, p. 265.
1. Chastellain, t. 111, p. 116 ; Comptes de l'Argenterie, (Ârcb. Nai. K.K., 60 et 61) ; Chronique Scandinave ^ éd. Buchon ; Kervyn de Lettenhove, <^. cit., etc.