‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 99 sur 277 · LA ZOOPHILIE DE MARIE D' ANJOU V · texte numérisé non relu

LA ZOOPHILIE DE MARIE D' ANJOU V

En 1454, Marie d*Anjou se fixe au château de Chinon, qu'elle prend plaisir à embellir.

Là, elle mène une existence fastueuse. Elle a une maison nombreuse : dames et filles d'honneur, maîtres d'hôtels, valets de chambre, etc. ; elle a douze chapelains, y compris son premier aumônier, Jean Barbedienne ; elle a son médecin, son astrologue, son peintre, sans parler de plusieurs fous, d'un « folet », le Petit-Cadet y et d'une folle, nommée Michon. Elle est entourée de bêtes de toute espèce ; c'est une vraie ménagerie, où figurent des chiens, des cerfs et des biches, une chèvre sauvage, deux le vreaux, unétourneau, un perroquet, etc.

On connaît les goûts' de la Reine, et, de très loin il lui arrive, tantôt deux outardes, tantôt un marsoin . Son frère René, qui est venu la voir à Chinon au mois d'octobre 1454, lui envoie une hure de sanglier.

Marie d'Anjou n^oublié personne : elle distribue des « fleurs de Marie » d'argent et des « demys seins » d'or (ceintures d'orfèvrerie) à tout le personnel féminin; elle donne à M"* du Monteil six beaux hanaps et une aiguière; chose inouïe, elle envoie même des étrennes à la favorite en titre, à Antoinette de Maignelais! On ne le croirait pas, si on ne lisait dans le compte de l'argenterie la mention suivante : « Pour la garniture d'or d'une fontaine de cristal bien richement ouvrée tout à l'entour de menuz ouvrages à feuillages en façon de coronne, et à l'entour de ladicte fontaine à quatre gargoules d'or bien gentement faites, d'où sault l'eaue de la

1. Extrait de V Histoire de Charles VII, t. VI, par F. de Bcaucourt, pp. 17 et 23.

a. « Certains individus, écrit Féré {Pathologie des émotions^ p. 515), qui manifestent une tendresse extraordinaire pour les animaux, se soucient peu de leurs semblables, même lorsque ce sont leurs enfants. Ce sont en général des héréditaires qui offrent ou offriront d'autres troubles physiques ou psychiques. »

dicte fontaine; et dessus le couvercle garny des mesmes ledit ouvrage, et au-dessus du pié de la fontaine garny à feuillage comme dessus; au dessoulz dudit pié y a quatre leons d'or bien gentemens faix qui soutiennent ladicte fontaine, donné ledit jour en estraisnes à Mademoiselle de yHUquier.,. »

La Reine montrait, sous ce rapport, une singulière tolérance, en voici une nouvelle preuve. On lit dans les mêmes comptes :.« A elle comptant en ses mains, le XXVI* jour d'iccUuimois (juin 1455), qu*clle voult semblablement avoir et bailler manuellement à frère Jehan Rousseau pour le restituer de semblable somme qu'il avoit preste comptant à icelle dame le premier jour de may dernier passé, pour bailler aux filles joyeuses qui suivent le court, lesquellesvindrent devers ladicte dame demander le may, en trois escus d'or.»

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