CHARLES LE BEL
poitrine ou une pneumonie. Mais il aurait succombé à une fièvre violente, d'après Guillaume de Nangis (1) , ou à un « flux de ventre », s'il faut s'*n rapporter à Robert Gaguin. A qui entendre ?
2° Philippe Y, le Long (129M322), dit encore le Saige ou le Borgne (2), fut atteint de dysenterie et de fièvre quarte, que ne parvinrent pas à soulager ses médecins (3), et qui le tint pendant près de six mois dans un état de langueur continuel : il était arrivé à ne plus avoir que la peau et les os. Il s'agit, peuton présumer, d'une entérite tuberculeuse, ayant à la longue déterminé cette cachexie dont parlent les chroniqueurs du temps [h).
3° Charles IV, le Bel, dont nous venons de parler.
(1) Chronique latine de G. de Nangis, t. I, p. 426, éd. Géraud.
(2) Chronographia, éd. Moranvillé, I, 2.^.5.
(3) Il avait pour médecins Pierre de Capiscaine, Geoffroy de Courvot, etc. Il mourut à vingt-huit ans, bien qu'on lui eût apporté à baiser le bois de la vraie croix, un clou provenant de la crucifixion du Christ et un bras de saint Simon. L'hagiothérapie est une méthode thérapeutique qui compte des insuccès, comme les autres.
(4) Chronographia cil. et aussi Conlinualeiir de Nangis, éd. Géraud, II, 37.
CHARLES DE VALOIS Mort, le 16 décembre 1325, d'une lésion cérébrale.
Charles, comte de Valois, frère de Philippe le Bel et père de Philippe de Valois, peut être considéré comme la tige de la branche des Valois, qui a fourni plusieurs rois à la France.
On a peu de renseignements sur l'état pathologique de Charles de Valois. Les historiens signalent qu'en 1305, à Lyon, lors des fêtes données à l'occasion du couronnement du pape Clément V, il fut « grièvement mais non mortellement » blessé (1) par l'écroulement d'une muraille.
Quelques années après cet accident, il éprouve un premier accès de goutte (2) ; il dirige néanmoins l'expédition de Guyenne et s'empare de la ville de la Réole, en 1324.
(1) H. F., XXI, 26 (Confinaalio chronici Girardi de Frachelo).
(2) H. F., XXI, 686 (Con/. de Jean de S.-Vicior).
Le 26 mai 1325 (1), à l'âge de cinquante-cinq ans, survient une paralysie des membres inférieurs, à la suite d'un épanchement dans le cerveau, et Charles de Valois succombe à cette lésion cérébrale (2), ou à une maladie intercurrente, fébrile (3), impossible à caractériser, dans l'état actuel de nos connaissances sur la symptomatologie de cette aiïcction, au mois de décembre de la même année (1325), la semaine avant Noël (Zi).
Particularité à signaler, et qui a échappé à la plupart des historiens : quand la maladie de Charles de Valois s'aggrave, il revient tout à fait sur le compte d'Enguerrand de Marigny, qu'il avait fait mettre à mort contre toute justice. On a voulu voir dans l'acte de repentir de Charles de Valois « la marque d'une humilité tardive ». Si on avait observé (comme l'a remarqué, avec son sens critique si avisée un des hommes les plus attentifs aux problèmes de psycbologie morbide) que les scrupules de Charles de Valois n'ont apparu que postérieurement à l'explosion de son affection céré-
(1) Hellot, Chronique anonyme, p. 101 (année 132ô),
(2) Conlinuoteur de Nangis, éd. Géraud, t. II, p. 65.
(3) En faveur de celle hypolhèise, nous n'avons que ce passage de la Chronographia reguni Francorum, éd. Moranvillé, I, 175 : « Et posl modicum lenipus, Karolus, cornes Valesii, avunculus régis, quadam febre ipsum arripienle, mortuus est ac sepullus in collegio Predicatorum F|arisius... »
(4) Hellot, Chron. an., loc. cit.