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LES MEDECINS DE HENRI IV

Nous ne compterons pas ceux qui, du temps d'Henri IV, furent honores du titre de premier médecin ou de médecin du roi, comme Nicolas Dortoman,

(1^. G. d'Heilly, Extraction des cercueils royaux à Saint-Denis, en 1793 ; Paris, Hachette, 18(;8.

(2) Sur la destinée des masques et du crâne de Henri IV, cf. l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, 1874, pp. 127, 343, 369, 436, 534, 633; 1875, pp. 171, 681, 753; 1876, p. 306; 1879, p. 524; 1893, t. I, p. 402 ; sur l'exhumation, même recueil, 1893, t. I, p. 665 ; sur le cœur, v. Souvenirs et Mémoires, édités par Gougy, entre 1898 et 1900; l'article est intitulé: Le Cœur de Henri IV et la Révolution.

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Honaventure de Mkdicis (B. 2602) (1), Raphaël de Taili.evis (B. 262/i), La Mezière (B. 2300), etc.

Nicolas Dortoman était professeur de l'École de médecine de Montpellier. La Chambre des Comptes de Pau constate le payement fait à Laurent Dortoman de 11.000 écus dus à son père Nicolas Dortoman, premier médecin du roi et professeur à la faculté de Montpellier( B.174).

Le service médical de la maison du roi de Navarre était-il bien organisé ? Quand Henri fut malade à Pau, en 1582, au lieu de se contenter des médecins ordinaires, il fit venir de Lescar, petite ville voisine, un médecin nommé Dufbesne, qui avait de la renommée, et il dut être satisfait de ses soins puisqu'il le paya 90 livres (B. 157).

L'état du roi parut un jour si grave qu'il fallut faire une consultation. On appela à Pau Dufresne de Lescar, Bertrand de Bazas, et d'Espagnet de Bordeaux (B. 2(582).

Henri aimait beaucoup certains de ses médecins, notamment le sieur de La Mezière. Il lui donna des gratifications diverses. En 1577, il lui accorda trente arpents de terre (B. 2300). Ces dons de terre faits à des médecins paraissent avoir été dans les usages des seigneurs du Béarn. La reine Jeanne avait eu à se louer, pour elle et pour son fils Henri, du

(1) Ces lettres et chiffres désignent les cotes d'archives du Béarn, consultées par M. de Lagrèze.

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sieur de Gasaux, qui recevait des États 00 écus comme médecin du pays (G.OS'i). Par lettres patentes de 1 5(iO, elle lui donna 63 journaux de terre dans le bois et hcrms à défricher. En 1563, la terre agrandie et défrichée lut ennoblie et la reine l'appela Tout y croit: quand elle le concéda, rien n'y croissait, mais tout y pouvait très bien croître.

Nous avons dit que si Henri avait à Pau des médecins, il aimait à en consulter d'autres. Il en faisait venir de loin, il en emmenait d'étrangers. En 1588, une somme est comptée à Daniel Poullet, chirurgien, pour accompagner le roi en Gascogne (B. 297).

Nous pourrions citer plusieurs noms de chirurgiens du roi. La Chambre des comptes fournit la note de nombreux payements faits à des chirurgiens, à Ferrand 30 livres (B. 157), à Tausin 24 livres (B. 162), etc.

On distingue parfois le cas de guérison de celui de simples soins. Ainsi Nicolas Ferrand reçoit 10 ûcus pour avoir soigné le roi (B. 262/i), et François Martel 1.200 écus pour avoir guéri le roi (172).

Gomme Ton ne précise pas le nombre des visites, il serait difficile de dire combien elles étaient payées par le roi. Dans les fors de Béarn, revisés par l'aïeul d'Henri IV, nous trouvons la rubrique des médecins et apothicaires (p. 50, éd. de'1551).

L'article V est ainsi conçu : « Les médecins, quand ils sortiront de la ville où ils font leur demeure auront

par jour 9. s. morlàas, etia dépense en sus. En ville ils auront par visite un sou 8 deniers morlàas et per veder la urina !i deniers morlàas. »

Il paraît qu'il en prenait des drogues, Henri IV ! Les apothicaires du roi sont souvent cités, et nous n'avons pas recueilli tous les noms. Il y en a un qui portait un nom sinistre Longuemort (B. 2.175). Arnaud de Gassou recevait pour le service de la maison 24 écus (B.282). Une somme de 1.200 livres l'ut payée à Lallire [B.'àliHi).

L'apothicairerie royale se trouvait au château même.

Après avoirparlé desapothicaires, disons unmot de Vopéraieiir des dents. C'était un chirurgien faisant partie du service médical de la maison du roi.

Nous • trouvons qu'il a été alloué à l'argentier « 15 livres 15 sols pour un cautère d'or qu'il a fait faire pour cautériser les dents du roi, cautère pesant 5 écus, et la façon 15 sols lequel a été mis en mains de M" Pierre, chirurgien » (B. 63).

Les remèdes pris par le roi sont constatés dans les comptes de l'apothicaire. Au premier aspect, et en n'examinant que le total, il nous avait paru que les remèdes étaient chers et que l'on en prenait en quantité. En vérifiant les articles un par un, nous avons vu que les friandises, mêlées aux médicaments, était très nombreuses et très coûteuses.

Les remèdes que Henri employait surtout, c'étaient

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la diète, les médecines et les Eaux-Chaudes. Comme le roi se rendait souvent malade pour avoir trop mangé, on le condamnait alors à la diète. Si la Chambre des Comptes fournit des détails sur ce qu'il mangeait, on ne s'attendait pas d'en trouver sur les jeûnes qu'il s'imposait, et cependant nous lisons qu'il a été payé à Etienne Choinc;, boulanger, 50 livres pour 25 livrea de bisciiiia fournis au roi pendant la diète que Sa Majesté a faite au mois d'avril 1583.

A Pau, le roi de Navarre soignait sa santé ; il prenait du lait d'ânesse ; une ànesse noire avait été achetée pour lui donner du lait (B. 2.398). Il prenait des lavements laxatifs (à 20 sols pièce) (B. 47).

Dans ses lettres, il parle souvent de médecines dont l'usag-e lui était familier. Ainsi, dans une lettre (t. IV, p. 730), il dit : « J'ai pris aujourd'hui une médecine qui m'a tant affaibli qu'il n'est pas possible de plus. »

Nous n'entrerons pas dans l'examen de la nature des remèdes dont il avait l'habitude de faire usage. Il avait très souvent des douleurs d'estomac; il prenait alors de l'absinthe (B. 48) ou de l'aloès (B. 71). Il est question aussi de remèdes secrets (B. 2.893). La Chambre des comptes ne répugne devant aucun détail. Elle cite le raccommodage de la chaise percée (B. 126); l'achat d'un urinai (B.109); le prix de la façon d'un pot de chambre d'argent (B. 64).

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Le roi avait confiance dans la médecine et dans les médecins. Dans une de ses lettres (t. IV, p. 732), il dit qu'il veut se mettre ontièrem^nt dans les mains de son médecin. Il fit usage des bains de mer (B. 127), mais ce sont les eaux thermales qui lui plaisaient surtout. Elles ont des vertus merveilleuses pour la guérison. des blessures et de la gravelle. Henri était atteint de cette dernière maladie et il lut aussi blessé en combattant.

Nous aurions d'amples matériaux dans le détail que fournit la Chambre des Comptes, pour l'aire l'histoire des maladies secrètes du grand roi ; mais nous n'aborderons pas ce sujet (1).

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