L'OŒUVRE DE FERNAND FOREST
Mort au cours du meeling de canots automobiles de Monaco, le 12 avril 1914, à bord du canot automobile « Gazelle », construit par lui en 1888.
Fernand Forest était né à Clermont-Ferrand, le 10 octobre 1801. Il vint à Paris en 1874 et s’associa, à 23 ans, avec les frères Renard, pour fonder la première fabrique de bicyclettes. Mais il abandonna bientôt cette affaire pour se consacrer à ses inventions. C’est à lui que l’on doit les moteurs équilibrés à deux pistons par cylindre (1883), les polycylindres séparés, jumelés ou fondus en un seul bloc. Il construisit les premiers moteurs à refroidissement par ailettes, à chemise d’eau, à allumage par magnéto avec avance variable, à soupape d’admission commandée et à régulateur d'admission.
Son œuvre est considérable. On peut dire d’elle qu’elle fut pour le moteur à explosions aussi précieuse que celle de James Watt pour la chaudière à vapeur. Tous les perfectionnements réalisés aujourd’hui dans les moteurs d'automobiles, de canots ou d'aviation portent l'empreinte de son génie. Faut-il rappeler qu'au premier Salon de l'automobile, en 19071, sur 156 stands, 135 étaient titulaires des brevets de Forest, y compris les stands consacrés aux moteurs des dirigeables de MM. Santos-Dumont et Deuisch (de la Meurthe) ?
Forest pouvait revendiquer la création de la navigation automobile (1886), la première application du moteur à explosions pour l'éclairage électrique (1889) et la construction de la première automobile à quatre cylindres.
Mais ce merveilleux cerveau ne se contenta pas de travailler
le délicat problème du moteur à explosions. En 1897, il créa
un type de sous-marin dont on retrouve certaines dispositions dans les sous-marins actuels. Il reçut, en 1897, un prix de 3,000 francs du ministère de la Marine en récompense de ses travaux. \
Comme beaucoup d’inventeurs, Forest vivait modestement, voire même ignoré. Son nom était peu connu du grand public et c’est seulement en 1912 à la suite d’une campagne de presse que le gouvernement le nomma chevalier de la Légion d’honneur. Le monde industriel fait en la personne de Fernand
Forest une perte considérable.
(D'après le Journal des Débats.)