AN, QUES
adopté (1) ; c’est le cas d'Avignon, par exemple, par rapport à Arcachon ; une tonne de marée paiera, pour les 634 kilomètres qui séparent les deux villes, 138 fr., tandis que la même quantité, de la Rochelle à Avignon, soit 800 kilomètres, paiera seulement 05 fr.
D'ailleurs, les prix de transport varient avec les réseaux. D'après M. Le Bail, nous citons cet exemple : Transport d’une tonne de poisson de Douarnenez à Paris :
Par le nord de la Bretagne (Etat), 55 fr. 55 ;
Par le sud de la Bretagne (Orléans), 92 fr. 60.
La moindre des surprises en cette matière n’est pas de constater que ces tarifs, très durs pour nous, sont adoucis pour les étrangers : de Calais à Paris, la marée anglaise paie 4o fr. 20, le poisson français, 47 fr. (2).
L'envoi de 20 caisses de hareng, valant 20 fr. au port, que nous avons vu acquitter 11 fr. ro de droits à l’octroi de Verdun, avait dû, auparavant, payer 29 fr. de transport (3).
A ces prix exorbitants ne correspond certes pas unèé rapidité des transports plus grande qu'à l'étranger ; toutes espèces de formalités retardent au contraire les envois : remise des colis trois heures avant le départ du train (dix minutes en Allemagne), délais très longs aux points de transit, délais pour la
livraison, etc.
(1) Cir. Arm. de France, 367.
(@) Circ. Arm. de France, 310.
(3) Le prix à l’arrivée chez le marchand de Verdun s'établit donc finalement ainsi :
ACER MDOR EEE Cr anse ce 20f. »
CORCÉSDORTANCO MERE CPE TER. ni (() ) à (e Hransport A NE MO ee Do DE 2 MR LES DE 0) | 40 70 CARTON ACER TEA NE ER » 50 DTAMRO 2 300 Rémi MR OO HPIOS Totale 60 f. 70
Les frais représentent 209 % de la valeur du produit.
PUR: PR III. — Les intermédiaires.
Il reste à dire quelques mots des commerçants qui, aux deux extrémités du marché, sont encore une cause de hausse des prix. ;
Le mareyeur, lorsqu'il va acheter sur le bateau, connaît les besoins des diverses places, les cours probables...; le plus souvent il est créancier de l'équipage ; le pêcheur, ignorant des prix, débiteur parfois gêné, est littéralement dans sa main et accepte, pressé d'argent, la somme offerte. Il ne peut ainsi profiter de la concurrence entre acheteurs. Le détaillant, dernier échelon de la marchandise avant d'arriver au consommateur, stabilise, ainsi qu'il est absolument général, les prix à la hausse et son gain ne laisse pas que d’être toujours élevé ; il cédera, le cas n’est pas rare, pour 2 francs du merlan acheté Oo fr. 70 aux Halles. \
Que les Français ne soient pas gros mangeurs de poissons,
n'est-ce pas très explicable?