I. — Pêche à la sardine et petite pêche
Importance de la pêche à la sardine.
Elle a rapporté, en 1909, 18 M. francs ; en 1910, 13 M. 5 francs.
L’armement sardinier est de 5,000 bateaux, montés par 23,660 hommes, dans l’Atlantique, et 2,000 bateaux, en Méditerranée, montés par 5,000 hommes.
ro "AWATrCcAaChon.
Avant l’emploi de la propulsion mécanique, la pêche était pénible en raison de l'éloignement des lieux de pêche et de la présence d’une barre toujours difficile.
En 1906, au cours de l’été, quelques sportsmen et propriétaires de bateaux à pétrole eurent l’idée de faire tenter la pêche à la sardine par leurs marins. Les résultats furent remarquables ; les pinasses se multiplièrent dès lors et aujourd’hui
on en compte 265 pour l’ensemble du bassin.
La pinasse mesure 10 à 12 mètres de longueur, 1° 30 à 1° 50 de large. De tirant d'eau très faible, très élancée de forme, elle est remarquablement appropriée à la vitesse et tient fort bien la mer, s'élevant sur la lame avec facilité. Généralement elle est recouverte aux deux tiers par un capot de toile ou un pontage en bois dans les modèles récents. N'ayant aucune voilure, elle porte un moteur de puissance très variable, 6 à 30 HP, lui imprimant une vitesse de 5 à 11 nœuds et plus. Elle emporte, emboîtées les unes dans les autres, 3 à 5 doris, petits canots très légers à fond plat qui servent à la pêche.
L'équipage est de 6 à 8 hommes.
Les lieux de pêche sont éloignés ; au départ de Mimizan, il faut parcourir fréquemment 20 à 25 milles avant de les atteindre.
Une fois sur les bancs, le patron fait mettre à l’eau les doris, dans chacune desquelles un homme se place avec des filets et une provision de rogue. La pinasse ne prend généralement pas part à la pêche, son rôle consiste surtout à aller de doris en doris pour changer les filets pleins de sardines contre de nouveaux (1).
Lorsque la pêche a été jugée suffisante, les doris sont remontés à bord et la pinasse rentre le plus vite possible à Arcachon, de façon à vendre le poisson avant que les cours ne soient dépréciés.
M. l'administrateur de l'inscription maritime d'Arcachon nous communique encore à ce sujet la note suivante :
« À Arcachon, les pinasses pêchent toute l'année, sauf les jours où la barre est impraticable, au moins 10 mois par an, et l’été, grâce à leurs moteurs, il n’est pas rare, la sardine étant
près de terre, de les voir faire deux marées. Ils partent vers
(1) Au cas où la pêche est peu productive, la pinasse remorque les doris vers des terrains de pêche meilleurs.
3 heures du matin, ils rentrent vers 10 heures, le soir, ils partent à midi et rentrent à 3 heures... [ls peuvent suivre les bancs de sardines et vont pêcher et vendre jusqu'à La Rochelle ».
Nous avons vu combien cette pêche était rémunératrice,
puisque les parts atteignent 16 et 1,800 francs.
La méthode arcachonnaise présente un exemple typique du rôle que peut être appelé à jouer le facteur vitesse et nous trouvons une application intéressante de l'étude développée à ce sujet au paragraphe précédent.
Prenons une pinasse à laquelle un moteur de 14 HP donne une vitesse de 8 nœuds.
La journée de pêche comportant par exemple 30 milles à
l'aller et autant au retour, examinons le prix de revient de la
propulsion et le temps passé en route avec différents moteurs.
Nous avons le tableau suivant
PRIX x JRÉE ïAIN ‘OUTS PUISSANCE| VITESSE PF le PRIX DÜUREI GAIN CNET | de revient | de revient |delamarche| de temps | supplémentaires en HP en nœuds | Gn mille | de 60 milles | au moteur | réalise de la sortie
10 7 Of.18 *| 101.80 | 8.30 UE 44 8 DT en es ie EEE 28 10 0 bé lu6c 800 6 00 | {h 30 | 2/80
2 h. 30 Gf. »
Le moteur puissant de 28 HP peut, grâce au gain de temps qu'il procure, être très avantageux.
Si la pinasse de 10 HP rapporte 12,000 sardines, vendues à Horace tie ile SONES. LM ne M, vi AR au tie 144 fr.
La pinasse (supposée bien entendu identique) de 28 HP peut
rester une heure de plus sur le banc, pêcher 15,000 sardines,
rie
rentrer une heure et demie plus tôt et vendre par exemple
sp francs. le mille" Hoi met JS AR" SE LR M0 Te
Déduisant les frais supplémentaires entraînés par l'emploi de 28 HP au lieu de 10, soit 6 fr., on constate que l’augmentation de puissance et par suite de vitesse a procuré un gain supplé-
TENFAITE Ce ARE ERNEST. se atets ER Me EE 3H CT.
Cet exemple, bien que théorique, explique la présence de nombreux moteurs de 20 à 30 HP à bord des pinasses.
Deux points appellent cependant la critique :
1° Les prix indiqués dans le tableau ci-dessus ont été établis en supposant l’emploi du moteur à huile lourde ; or, les Arcachonnais utilisent, on le sait, le moteur à essence, ce qui correspond à un véritable gaspillage d'argent. Comparons, en
nous servant de l’exemple précédent, les prix de revient d’une
sortie avec l'essence et l'huile lourde.