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Pêche à la langouste et au homard

Cette pêche a un intérêt très actuel, car elle est de celles susceptibles de décongestionner la côte bretonne en attirant

les pêcheurs loin de leurs fonds littoraux dévastés.

(1) Bulletin de la Ligue maritime française, août 1912. (2) Cire. Arm. 870.

La pêche à rapporté (1910), total brut, 3 M. fr. (dont 2 M.

pour le 2° arrondissement : Granville à Concarneau).

Le port le plus actif est Camaret ; le total brut de la vente, en 1910, y a atteint 770,000 francs.

Examinons l’armement de ce port. On y rencontre deux types de bâtiments :

a) Langoustiers de petit tonnage. — Ce sont de petits cotres à viviers de 10 à 20 tonneaux, montés par 4 hommes et un mousse. Ils vont poser leurs casiers sur les côtes anglaises, dans les parages des Sorlingues et du cap Lizard. D'avril à octobre, ils effectuent ainsi trois à quatre voyages. En 1972, chaque bateau a eu un bénéfice brut de 6,000 francs environ.

Etant donné que le trajet aller et retour est de 300 milles au moins, on juge du préjudice que cause à ces petits bâtiments une période un peu longue de vents contraires ou d’accalmie.

Munis d’un moteur de 6 ou 10 HP, ils pourraient très probablement accomplir un et peut-être même deux voyages supplémentaires.

b) Langoustiers de moyen tonnage. — Ce sont des bateaux de 4o à 60 tonneaux qui vont pêcher sur les côtes du Maroc et de l'Afrique Occidentale. Ils accomplissent, pendant toute l’année, une série de voyages de six à huit semaines chacun. Certaines campagnes ont été remarquables : celle, entre autres, de l’Odette, qui, le 15 janvier 1914, est arrivée à Camaret, venant du cap Blanc avec un chargement de 11,000 fr. pour six semaines de campagne.

Toutefois, des traversées aussi longues, de 1,000 à 1,200 milles, présentent de grands risques en raison soit des tempêtes possibles sur les côtes marocaines, soit, au contraire, des calmes prolongés.

Il est incontestable que l'exploitation de bâtiments destinés à des navigations lointaines serait beaucoup plus régulière, donc plus fructueuse, si ces bâtiments étaient non des voiliers, mais des mixtes. D'autant plus que l’adjonction d’un moteur de 28-30 HP, qui assurerait une vitesse de 5 N., très suffisante, ne grèverait les frais d'exploitation que de 5,000 fr. par an, somme peu importante vis-à-vis des revenus élevés de la pêche.

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