‹ Les mots de VoltaireChapitre 21 sur 62 · SO · texte numérisé non relu

SO

On pourrait beaucoup plus aisément subjuguer l'univers entier par les armes que de subjuguer tous les esprits d'une seule ville.

Si tant d'erreursphysiquesont aveuglé des nations entières, si Ton a ignoré pendant tant de siècles la direction de l'aimant, la circulation du sang, la pesanteur de l'atmosphère, quelles prodigieuses erreurs les hommes ont-ils dû commettre dans le gouvernement ?

Le plus tolérable de tous les gouvernements est sans doute le républicain, parce que c'est celui qui nous rapproche le plus de l'égalité naturelle.

J'aimerais mieux voir les Français imbéciles et barbares comme ils l'ont été douze cents ans, que de les voir à demi éclairés.

Il y a un vulgaire parmi les rois comme parmi les autres hommes.

A mesure que les pays sont barbares ou que

iV> MOTS DE VOLTAIRE

les cœurs sont faibles, le cérémonial est plus en vogue.

La théologie n'a jamais servi qu'à renverser les cervelles et quelquefois les États.

La théologie est dans la religion ce que les poisons sont parmi les aliments.

La maxime de la France est de le ^ regarder comme une personne sacrée, mais entreprenante, à laquelle il faut baiser les pieds et lier quelquefois les mains.

La vengeance s'accorde très bien avecla superstition. Ceux qui méditent un grand attentat cherchent parmi nous des casuistes et des confesseurs qui les encouragent.

Le christianisme et la raison ne peuvent subsister ensemble. Une reste qu'un seul remède dans l'état où sont les choses, encore n'est-il qu'un palliatif; c'est de rendre la religion absolument dépendante du Souverain et desmagistrats.

Page 1