Amelot de la Houssaye. — Histoire de Venise
bœufs, et le petit nombre gouvernant de bouviers, le petit nombre ferait très bien de tenir le grand nombre dans l'ignorance. Mais il n'en est pas ainsi. Plusieurs nations qui longtemps n'ont eu que des cornes, et qui ont ruminé, commencent à parler.
La société humaine a été trop longtemps semblable à un grand jeu de bassette, où des fripons volent des dupes, tandis que d'honnêtes gens discrets n'osent avertir les perdants qu*on les trompe.
On n'a jamais fait croire des sottises aux hommes que pour les soumettre.
Laissez faire ; il est impossible d'empêcher de penser, et plus on pensera, moins les hommes seront malheureux.
Nous avons beaucoup, il nous manque davantage.
Tôt ou tard, il faut que la raison l'emporte.
On ne peut trop combattre cette idée humiliante pour le genre humain, qu'il y a des pays
OÙ des millions d'hommes travaillent sans cesse pour un seul.
Dans tous les pays le prix des journaliers ne passe guère leur subsistance et leur vêtement.
11 faut des asiles à la vieillesse qui ne peut plus travailler. Tout le monde voit que chaque profession a ses vieillards, ses invalides, que le nom d'hôpital effraye et qui finiraient leursjours sans rougir dans des communautés instituées sous un autre nom.
Comment n'a-t-on pas encore trouvé le secret d'obliger tous les riches à faire travailler tous les pauvres?
Londres n'est devenue digne d'être habitée que depuis qu'elle fut réduite en cendres. Les rues, depuis cette époque, furent élargies et alignées. Londres fut une ville pour avoir été brûlée. Vou' lez vous avoir de bonnes lois ? brûlez les vôtres et faites en de nouvelles.
Ameutez-vous, et vous serez les maîtres.
Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révo-
liition ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. Si TÉvangile avait coûté douze cents sesterces, jamais la religion chrétienne ne se serait établie.