La nation anglaise
pas que les Anglais ont besoin de la mer dont les Français peuvent à toute force se passer, et que les nations réussissent toujours dans les choses qui leur sont absolument nécessaires?
Le génie poétique des A,nglais ressemble jusqu'à présent à un arbre touiTu, planté par la nature, jetant au hasard mille rameaux, et croissant inégalement avec force.
Le Français est sensible jusqu'à l'enthousiasme et capable de tous les excès dans ses affections comme dans ses murmures.
Le gouvernement de cette île est plus orageux que la mer qui l'environne. Ce qui devient une révolution en Angleterre n'est qu'une sédition dans d'autres pays.
N'avons-nous pas déjà baissé pavillon devant l'Angleterre, c'est peu d'être vaincus, faut-il encore être copistes?
Nous serons longtemps fous et insensibles au bien public ; on fait de temps en temps quelques efforts, et on s'en lasse le lendemain. La constance, le nombre d'hommes nécessaire et Targent manquent pour tous les grands établissements.
HISTOIRE — CAllACTÈKE DES NATIONS 181
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Aucun peuple n'est en droit de se moquer d'un autre.
Je voudrais cxue tout homme public, quand il est prêt de faire une grosse sottise, se dît toujours à lui-même : V Europe te regarde.
Quand les étrangers estiment un ennemi, il semble qu'ils avertissent ses compatriotes de lui rendre justice.
11 y a tel pays qui exige qu'on soit à six cent mille lieues de lui, pour lui dire des vérités utiles.
En France, il y a plus d'hommes accusés d'impiété que de véritables impies.
Chaque nation moderne ne compte que ses héros et néglige ceux des autres peuples.
Notre nation regardée comme si légère par les étrangers qui ne jugent de nous que par nos petits maîtres, est de toutes les nations la plus sage la plume à la main. La méthode est la qualité dominante de nos écrivains.
'182 MOTS DE VOLi'Ali'.K
Pendant que nous sommes la chiasse du genre humain, on parle français à Moscou et àYassi ; mais à quoi doit-on ce petit honneur? à une douzaine de citoyens qu'on persécute dans leur patrie.
Nous ne manquons presque jamais une occasion de nous ruiner et de nous faire battre. Mais au bout de quelques années il n'y parait pas. L'industrie de la nation répare les balourdises du ministère.
Allez, allez, on revient de loin, et vous n^avez pas à craindre la subversion de la ï'rance, quelque sottise qu'elle fasse !