La langue française
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ques de iDrofession, comme on a créé des laiigueyeurs de porcs, pour examiner si Jes animaux qu'on amène au marclié ne sont pas malades. Les langueyeurs de la littérature ne trouvent aucun auteur bien sain.
Après les théologiens, les chiens les plus acharnés à suivre leur proie sont les folliculaires ; et après les folliculaires marchent les auteurs de cabale au théâtre.
L'art d'écrire est devenu souvent un vil métier, dans lequel des libraires qui ne savent pas lire payent des mensonges et des futilités à tant la feuille, à des écrivains mercenaires qui ont fait de la littérature la plus lâche des professions.
Je suis toujours fâché, quand je vois i^ue dans le Journal de XJOlitiqae et de lltiëratuy^ejVà politique tient tant de place, et la littérature si peu. Je vous avoue que j'aime beaucoup mieux de bons vers et une pièce d'éloquence, que toutes les nouvelles du nord et du midi, qui sont détruites le lendemain par d'autres nouvelles.
Quand un journaliste veut rendre compte d'un ouvrage, il doit d'abord en saisir l'esprit; quand il le critique, il doit avoir raison.
HO!\rMES DE LETTRES — CRITIQUE
Les feuilles volantes sont la peste de la littérature.
Ces messieurs les folliculaires ressemblent assez aux chiffonniers qui vont ramassant des ordures pour faire du papier.
On est parvenu jusqu'à faire un trafic public d'éloges et de censures surtout dans les feuilles périodiques; et la littérature a éprouvé le plus grand avilissement par ces infâmes manèges.
On est accoutumé, chez toutes les nations, aux mauvaises critiques de tous les ouvrages qui ont du succès.
Quand on ignore les choses dont on parle, il faut copier mot à mot les gens du métier, ou se taire.
Il se forme autant d'intrigues pour faire valoir ou pour détruire un livre dont souvent personne ne se soucie, que pour obtenir un poste important.
— 14? — Le plus grand des ridicules est assurément d'en
vouloir donner à ceux à qui on est prodigieusement inférieur.
On ne connaît que trop les guerres des auteurs: la plupart des journalistes qui s'érigent en arbitres font souvent eux-mêmes les plus violents actes d'hostilité.
Oui terre a, et qui plume a, guerre a.
On appelle les belles-lettres liiimanioy^es litterœ, les lettres humaines; mais, dit un homme d'esprit en voyant cette fureur réciproque de ceux qui les cultivent, on les appellera plutôt les lettres inhumaines.
— IW —
Faut-il renoncer à savoir vivre parce qu'on se flatte de savoir écrire ?
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Les poètes et ceux qu'on nomme littérateurs, sont presque les seuls artistes auxquels on puisse reprocher ce ridicule de se déchirer mutuellement sans raison.
— lis —
Dans cette guerre interminable d'auteurs contre auteurs, de journaux contre journaux, le public ne prend d'abord aucun parti que celui de
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rire; ensuite il en prend un autre, c'est celui d'oublier à jamais tous ces combats littéraires.
Faut-il que Fart de penser, le plus beau partage des hommes, devienne une source de ridicule, et que les gens d'esprit rendus souvent parleurs querelles le jouet des sots, soient les bouffons d'un public dont ils devraient être les maîtres?
Le plus grand malheur d'un homme de lettres n'est peut-être pas d'être l'objet de la jalousie de ses confrères, la victime de la cabale, le mépris des puissants du monde; c'est d'être jugé par des sots.
Il y a des choses bien humiliantes dans l'espèce humaine : mais il n'y en a point de plus honteuse que de voir continuellement les arts jugés par des Midas.
Il faut avoir eu bien des succès pour être en droit de donner des leçons. Rien n'est si révoltant aux yeux des honnêtes gens qu'un homme qui donne des règles sur un métier auquel il n'a pas réussi.
Il n'est pas inutile de remarquer que les censu-
res faites avec passion ont toutes été maladroites. C'est une grande sottise de ne trouver rien d'estimable dans un ennemi estimé du public.
Il faudrait tâcher de ne pas se tromper sur tous les points quand on critique un ouvrage.
Si dans ces querelles littéraires Fagresseur a tort, l'ennuyeux l'a bien davantage.
Les lettres humaines sont devenues très inhumaines; on injurie, on cabale, on calomie,on fait des complots. Il est plaisant qu'il soit permis de dire aux gens par écrit, ce qu'on n'oserait pas leur dire en face.
Dans les grandes villes où la presse jouit de quelque liberté, on trouve toujours quelques-uns de ces misérables qui se font un revenu de leur impudence, de ces A réfins subalternes qui gagnent leur pain à dire et à faire du mal, sous le prétexte d'être utiles aux belles-lettres, comme si les vers qui rongent les fruits et les fleurs pouvaient leur être utiles.
La faveur prodiguée aux mauvais ouvrages, est aussi contraire aux progrès de l'esprit que le déchaînement contre les bons.
Il y a des boutiques où les Envies vendent la diffamation quatre fois par mois. L'art de mettre des pensées par écrit, art admirable, inventé d'abord pour instruire, est devenu le partage de l'Envie, Ce n'est pas de tous les arts le plus honorable, mais c'est le plus cultivé ; on achète les injures dites au prochain avec plus d'empressement que les vins délicieux et le miel divin de Syracuse.
— KjU —
A présent, un grand nombre d'écrivains se consacre à réformer les empires et les républiques. Tel homme qui ne sait pas gouverner un poulailler, qui même n'en a point, prend la plume et donne des lois à un royaume. D'autres élèvent la jeunesse dans leurs écrits, après lui avoir donné de grands exemples par leur conduite.
Assez de gens qui n'ont pu gouverner une servante et un valet, se sont mêlés de régir l'univers avec leur plume.
Si Descartes inventa de nouvelles chimères en physique, au moins il en détruisit d'anciennes : il apprit aux hommes de son temps à raisonner et à se servir contre lui-même de ses propres armes. S'il n'a pas payé en bonne monnaie, c'est beaucoup d'avoir décrié la fausse.
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LeWnitz n'a rien fait de complet. 11 jetait quelques pensées dans un journal : c'était une carpe qui laissait ses œufs sur le rivage, — couvait qui voulait.
Ne trouvez-vous pas que cet ^ homme était un charlatan et... le Gascon de l'Allemagne?
Il faut que Benoit Spinosa att été un esprit bien conciliant car je vois que tout le monde retombe malgré soi dans les idées de ce mauvais juif.
Avant lui - de grand philosophes avaient décidé positivement ce que c'est que l'âme de l'homme mais puisqu'ils n'en savent rien du tout, il est bien juste qu'ils aient tous été d'avis différents.
Malehranche. — 11 est, ainsi que Descartes, un grand homme avec lequel on apprend bien peu de chose.
Mon amour pour ma patrie ne m'a jamais fermé les yeux sur le mérite des étrangers; au contraire, plus je *uis bon citoyen, plus je cher-