‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 128 sur 258 · HYDRE · texte numérisé non relu

HYDRE

Cet Hercule avoit le pied gauche posé sur la gorge de la contre-révolution, figurée moitié femme et moitié serpent, cherchant à s'accrocher aux faisceaux des départements sur lesquels Hercule étoit appuyé du bras gauche, tandis qu'il paroissoit frapper d'une massue, qu'il tenoit à la main droite, le monstre qui étoit à ses pieds. »

[Mémoires et Journal de J.-G. Wille, 1857, t. II, p. 387.)

Il faut croire que la vue de cet Hercule avait fini par agacer les Parisiens, car le 2 ventôse an III (20 février 1795), la section de la Halle-au-Blé se présenta à la barre de la Convention pour réclamer la démolition de ce monument. « Que cette montagne, disait Porateur, élevée en face des Invalides, qui a enfanté tant de Montagnes ; (|ue ces joncs qui déshonorent sa base, que les reptiles ([u'on y voit, et qui rappellent d'odieuses dénonciations, que cette figure que le géant écrase, figure allégorique et chimérique comme le fantôme dont elle est l'emblème, disparaissent et ne rappellent plus de douloureux souvenirs. »

« Le monument dont on vous a parlé, dit à son tour le député Pénières, n'a été élevé que pour avilir la Convention nationale. Il porte un géant, ce géant est Rol)espierre. On l'a armé d'une massue ; on s'est trompé, c'est une guillotine qu'il fallait lui faire tenir. Il faut que ce monument soit détruit. »

En réponse à quelques opposants, le député Mathieu ajouta :

<( On a dit qu'il ne fallait pas le détruire parce qu'il était le symbole du Peuple; oui, j'y reconnaîtrais le symbole du Peuple, si je n'y voyais une Montagne. Qu'est-ce qu'une Montagne, si ce n'est une protestation éternelle contre l'égalité. >>

Page 1