‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 148 sur 258 · LÉGALITÉ · texte numérisé non relu

LÉGALITÉ

« Le peuple français veut le maintien de l'autorité de Louis-Napoléon Bonaparte, et lui délègue les pouvoirs nécessaires pour établir une constitution sur les bases proposées dans sa proclamation... »

On sait quel fut le résultat du scrutin qui fut ouvert le 20 et le 21 décembre : il y eut 7,439,216 oui et 640, 737 NON.

Le 31 décembre au soir, ces chiffres furent communiqués officiellement au président par la commission consultative, chargée du recensement des votes. La réponse du prince débutait par ces mots :

« Messieurs,

» La France a répondu à Fappel loyal que je lui avais fait. Elle a compris que je n! étais sorHi de la légalité que pour rentrer dans le droit. Plus de sept mdlions de suffrages viennent de m'absoudre, en justifiant un acte qui n'avait d'autre but que d'épargner à la France et à 1 Europe des années de trouble et de malheur. »

[Moniteur du l""" janvier 1852, p. 2.)

La formule : « sorti de la légalité etc. » aurait été fournie, dit-on, au président par une lettre de Mgr Menjaud, évèque de Nancy, qui l'aurait tenue d'un curé de campagne.

Un autre euphémisme fut employé, à propos du 2 décembre, par M. le vicomte de Vogiié, recevant M. Hanotaux à l'Académie française, le 24 mars 1898.

Retraçant en traits rapides la carrière littéraire de M. Ghallemel-Lacour, le prédécesseur du nouvel élu, il disait :

« Nul n'avait conservé un souvenir plus amer de l'opération de police, un peu rude, qui rassura, un matin de décembre, la société affolée. »

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