MARCHEUR
« Vieux marcheur. »
Depuis quelques années, on a adopté cette expression^ dans le jargon du boulevard, pour désigner Thomme qui, parvenu à un âge avancé, n'a pas' renoncé aux plaisirs plus spécialement réservés à la jeunesse.
En 1895, M. Henri Lavedan, ce spirituel observateur des mauvaises mœurs parisiennes, nous a présenté le type du Vieux marcheur^ dans un roman dialogué qui porte ce titnî, en la personne du sénateur Labosse, vieillard dépravé dont le caractère est rendu moins déplaisant par un certain fond de bonté. Ce personnage figurait déjà dans le Nouveau Jeu, autre roman du même auteur (1892), dont le chapitre XVI est intitulé le Vieux marcheur.
Le mot (( marcheur )> paraissant tenir ici la place de a coureur )>, on peut supposer qu'il contient une allusion à une démarche plus lente du monsieur qui suit les femmes. C'est ce que tendrait à nous faire croire une phrase du discours de M. Costa de Beauregard, ^recevant M. Lavedan à l'Académie, le 20 décembre 1899.
« J'ai hâte, disait-il, de rejoindre ce vieux coureur que l'usure professionnelle réduit à n'être plus qu'un vieux marcheur. »