‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 18 sur 258 · ARGENT · texte numérisé non relu

ARGENT

On rencontre déjà cette maxime dans un écrit de Benjamin Franklin (1706-1790) intitulé : Conseils à un jeune artisan, écrits en il^iH.

(( N'oubliez pas, disait ce sage, que le temps est de l'argent (remember, that time is money). Celui qui dans un jour peut gagner dix schellings par son travail et qui va se promener ou qui reste oisif la moitié de la journée, quoiqu'il ne dépense que six s(ms durant le temps de sa promenade ou de son oisiveté, ne doit pas compter cette seule dépense ; il a réellement dépensé ou plutôt prodigué cinq schellings de plus.

» N'oubliez pas que le crédit est de l'argent... » [The Works of B .Franklin, Boston, t.1, 1840, p. 87.)

Il est difficile d'affirmer que Franklin ait été le premier à formuler cette maxime, mais assurément ce genre de création était tout à fait conforme à la nature de son génie.

<( Franklin, écrivait Sainte-Beuve dans ses Lundis (3*^ éd., t. YII, p. 146), avait naturellement ce don populaire de penser en proverbes, et de parler en apologues et paraboles. »

On a cru trouver Tidée première de ce proverbe dans une parole que Diogène Laërce prête à Théophraste (liv. V, chap. II, 40):

TTOÀuTSAsç àvâX(o[JLa sivat tov ^povov.

(Le temps est ce qu'on dépense de plus précieux.)

François Bacon, au chapitre XXV de ses Essais (1597), a fait aussi ce rap])rochem('nt entre le temps et l'argent :

(( Time is the miîasun^ of business, as money is of wares. » (^Le temps est la mesure des affaires, comme l'argent est la mesure des marchandises.)

Franklin a écrit encore, dans le Chemin delà fortune ou la Science du bonhomme Richard (1757) :

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