‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 227 sur 258 · SUBLIME — SUITE · texte numérisé non relu

SUBLIME — SUITE

Napoléon dut se faire un jour à lui-même Tapplication de cet aphorisme, dans des circonstances particulièrement cruelles.

Dans son Histoire de l'ambassade dans le Grand duché de Varsovie, publiée en 1815, Tabbé de Pradt rap{)orte un entretien avec Fempereur, lors de son passage à Varsovie, après le désastre de la Bérésina,le 10 décembre 1812.

Au cours de cette conversation, il Tentendit répéter trois ou quatre fois sa phrase favorite (p. 215).

L'idée ainsi formulée par Napoléon n'était d'ailleurs pas nouvelle. Pour n'en donner qu'un exemple, Marmontel, citant, dans sa^ Eléments de littérature (1787, t. V, p. 188), quelques vers de Pyrame et Tldsbé, tragédie de Théophile, ajoutait :

(c Voilà ce qui s'appelle de V ampoulé : l'exagération en est risil)le, à force d'être extravagante. En général, le ridicule touche au sublime... »

L'ouvrage de M. de Pradt dont nous venons de parler, qui n'est guère qu'une longue diatribe contre Napoléon, contient encore ce passage souvent cité :

(( Son génie, fait à la fois pour la scène du monde et pour les tréteaux, représentait un manteau royal, joint à un habit d'arlequin. C'était l'homme des extrêmes...

» L'homme qui, unissant dans ses bizarreries tout ce qu'il y a de plus élevé et de plus vil parmi les mortels,... joignant le guet-apens aux détrônements, présente une espèce de Jupiter- Scapin qui n'avait pas encore paru sur la scène du monde. )>

(Préface, p. ix et xiv.)

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