TANT
« Vous m'en direz tant ! »
On trouve cette fameuse réponse attribuée à la reine Anne d'Autriche, dans le Recueil de pcuHicularités , bons mots, etc. du président Jean Bouliier (1673-1746 .
Voici l'anecdote qu'il raconte à ce sujet :
(( Comme Bautru réjouissoit extrêmement la Reine mère, elle lui permettoit des libertés qu'aucun autre n'eut osé prendre. Un jour entr' autres il soutenoit devant elb^ un(î thèse, qu'il n'y avoit aucune femme qui fût à l'épreuve de l'argent. La Revue ayant témoigné estre offensée ([u'on eût une pareille opinion de son sexe : « Madame, lui dit-il, vous ne devez pas en estre choquée, » et je suis seurque si vous vouliez dire ce que vous » pensez, vous seriez de mon sentiment. » La Reine paroissant encore plus scandalisée de ce discours : « Mais, nmdame, continua-t-il, si on offroit à une » dame cent mille écus, croyez-vous ([u'elle fût ass(»z » forte pour les refuser ?» A ([uoi la Reine ayant respondu : « Ah ! fy, fy, Bautru ! Que dites-vous là ? — Si » donc, dit-il, madame, on lui offroit un million, deux » millions, vingt millions ? — Ah ! interrompit la » Reyne, vous en diriez tant... — Eh bien, madame, » répliqua-t-il à l'instant, mms y voilà. Xevousavois-je )) pas dit que le plus ou le moins en faisoit l'affaire ? »
Bibl. nat., manuscrit Fr. 25645, p. 34-35.)
On a prêté une réponse analogue à Tabbé Terrasson, auquel la reine Marie Leszczynska demandait si, dans le cas où il aurait à rendre un arrêt, il se laisserait