‹ Les mots qui restent: supplément à la troisème édition du "Musée de la conversation"; répertoireChapitre 55 sur 258 · COLLIGNON · texte numérisé non relu

COLLIGNON

Va donc, hé I Gollignon 1

Il n'est guère d'altercation un peu vive entre messimirs les cochers que Ton n'entende retentir cette invective, suprême injure quand ils ont épuisé toutes les ressources de leur répertoire habituel.

Comme le souvenir de ce CoUignon s'est probablement effacé de beaucoup de mémoires, nous ramènerons pour un instant l'attention sur cette célébrité des annales parisiennes.

Le 16 septembre 1855, M. Juge, directeur de Técole normale de Douai, étant venu à Paris avcîc sa femme pour visiter Texposition, se fit conduire à Auteuil par une voiture de remise, dont le cocher lui réchima 5 francs au lieu de 3 qui étaient dûs. Très irrité de cette exigence, M. Juge paya, mais déposa dès le lendemain une plainte à la Préfecture de police.

Le cocher, nommé Jacques Collignon, âgé de quarante-neuf ans, fut mandé le 22 à la fcmrrière et reçut Tordre d(^ restituer à son client la somme indûment perçue. Le lendemain, il achetait une paire dtî pistolets et vendait son mobilier, aiuionçant qu'il allait s'embanpier.

Le 24, il se rendait au domicile de M. Juge, 83, rue d'Enfer, lui rend)oursait les 2 francs, (»t, pendant que celui-ci lui préparait un reçu, il lui brûla froidement la cervelle. Il tira ensuite sur M"'® Jnge, qu'il manqua.

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