‹ [Les moujiks;Chapitre 18 sur 26 · VAN'KA · texte numérisé non relu

VAN'KA

Vanka tordit un peu la bouche, se frotta les yeux avec son poing- noir, et sani,'-lola.

(( Je t'écraserai ton tabac, continua-t-il, je prierai pour toi, et, si quelque chose ne va pas, alors tu me battras comme la chèvre grise. Et, si tu crois qu'on ne me trouvera pas de place, je demanderai, pour l'amour de Dieu, au régisseur des messieurs de nettoyer ses bottes, ou autrement j'irai à la place de Fédia, comme sous-berg-er. Grand-père chéri, je n'en peux plus, c'est la mort. Je me serais sauvé à pied, mais je n'ai pas de bottes, je crains de me g-eler. Quand je serai grand, si tu m'enlèves d'ici, je te nourrirai, et je ne laisserai personne t'ofîenser, et, quand tu mourras, je prierai pour le repos de ton âme comme je fais pour ma pauvre maman Pélag-ie.

« Pour ce qui est de Moscou, c'est une grande ville. Il n'y a que des maisons de seig-neurs, et il y a beaucoup de chevaux, mais pas de brebis, et les chiens ne sont pas méchants. A Noël, les enfants ne vont pas ici de porte en porte avec une étoile et on ne permet pas de chanter du tout dans le chœur. Je te dirai encore que, l'autre jour, j'ai vu à la fenêtre d'une bouti(pie qu'on vend des hameçons tout attachés et })Our chaque espèce de poisson ; très avantag-eux. Il y a même un hameçon qui pourrait porter un silure d'un poud. Il y a aussi des boutiques où il y a des fusils comme ceux du bârine, je parie que chaque fusil coûte

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