I. Proverbe
Lioubavkine! ciia-t-il tout d'un coup si fort que le public et tous les employés tressaillirent, donnez une chaise! — Toi, attends ! cria-t-il à une femme qui lui tendait par le çuichet une lettre recommandée; ne vois-tu pas que je suis occupé?... Nous oublierons le passé, reprit-il doucement, se tournant vers André Efimytch; asseyez-vous, mon cher, je vous en prie...
Une minute, en silence, il se passa les mains sur lesg^enoux, et dit enfin :
— Je n'avais pas la pensée de m'offenser de votre procédé. Le mal n'est pas notre ami, nous savons cela. . . Votre accès nous a effrayés hier soir, le docteur et moi, et nous avons ensuite parlé de vous long^uement. Mon cher, pourquoi ne voulezvous pas vous occuper sérieusement de votre maladie ? Est-ce que cela peut durer ainsi ? Excusez la franchise d'un ami, vous êtes ici dans les conditions les plus défavorables. C'est étroit, sale, vous manquez de soins; vous n'avez pas de quoi vous soigner... Mon cher ami, le docteur et moi, nous vous en supplions de tout notre cœur, suivez notre conseil : entrez à l'hôpital ! Vous y aurez une nourriture saine, un réi^ime et des soins; Eugène Fiodorovitch,bienqu'ilsoit (nous pouvons le dire entre nous) mal élevé, connaît son affaire : on peut se fier à lui entièrement. Il m'a donné sa parole de s'occuper de vous.
35o LA SALLE NUMERO 6
André Efimytcli fui touché de cette sollicitude sincère et des larmes qui brillèrent tout à coup sur les joues du maître de poste.
— Estimable ami, détrompez-vous..., balbutia-t-il, mettant la main sur son cœur; détrompez-vous! Il y a erreur! Je n'ai d'autre maladie que de n'avoir, en vingt années, trouvé dans cette ville qu'un homme spirituel et c'était un fou. Je n'ai aucune maladie. Je suis seulement tombé dans un cercle fatal et sans issue. Tout m'est ég-al; je suis prêt à tout.
— Entrez à l'hôpital, mon cher ami ! . •
— Tout m'est égal, jusqu'à la fosse.
— Mon petit pigeon, donnez-moi votre parole que vous écouterez en tout Eugène Fiodorovitch 1
— A^ous le voulez, je vous donne ma parole. Mais je vous le répète, estimable ami, je suis tombé dans un cercle fatal. Tout maintenant, jusqu'à la sincère compassion de mes amis, me pousse au même résultat, à ma perte. Je me perds et j'ai le courage de m'en rendre compte.
— Mon petit pigeon, vous guérirez.
— Pourquoi dire cela ? fit André Efimjtch agacé. Il y a peu d'hommes qui n'éprouvent pas vers^ la fin de leur vie ce que j'éprouve maintenant. Qu'on лоиз dise que vous avez quelque chose comme une hypertrophie du cœur ou une néphrite, et que л'оиз guérirez, ou qu'on vous dise que vous êtes un criminel
LA S.VLL!': NUMÉRO G 35 I
ou un fou, c'est, à parler net, que vos semblables ont soudain reporté leur attention sur vous : dites-vous bien que aous êtes tombé dans un cercle fatal dont vous пг sortirez plus. Plus vous essaierez d'en sortir, plus vous vous perdrez ! Résignez-vous, car aucune puissance humaine ne peut plus vous sauver. Voilà ce qui m'en semble.
Le public pendant ce temps-là s'amassait derrière le guichet. André Efimytch, pour ne pas déranger le maître de poste^ se leva et se mit à prendre congé de lui. Michel Avérianitch, une fois de plus, lui fit donner sa parole de faire ce qu'il lui avait promis, et le raccompagna jusqu'à la porte de la rue.
Le soir тэте, à l'improviste, Khobotov, avec sa demi-pelisse et ses hautes bottes, apparut chez André Efimytch, et lui dit, comme si rien ne s'était passé le jour précédent :
— Confrère, je viens vous trouver pour affaire. Je viens vous demander de venir avec moi en consultation.
Pensant que Khobotov voulait le faire promener pour le distraire et en même temps lui faire gagner quelque argent, André Efimytch prit son manteau et sortit avec lui. Il était content de l'occasion qui se présentait de réparer son injure de la veille et de se réconcilier avec Khobotov, et il remercia du fond de l'àme son confrère 'qui ne lui faisait pas la moindre
allusion aux faits de la леШе, et qui, manifestement, le ménageait. De la part d'un homme si peu cultivé que Kliobotov, il était loin de s'attendre à une pareille délicatesse.
— Où est votre malade? demanda André Efimjtch.
— Chez moi, à l'hôpital. Depuis long-temps, je voulais vous le montrer... C'est un cas intéressant.
Ils pénétrèrent dans la cour de l'hôpital, et, contournant le bâtiment principal, ils se dirigèrent vers l'annexe où étaient logés les fous. Tout cela, on ne sait comment, en silence. Quand ils entrèrent dans l'annexe, Nikita^ selon son habitude, se redressa en sursaut, et se rangea militairement.
— Il est survenu chez un malade une complication du côté des poumons, dit Khobotov, à demi voix, à André Efimylch en l'introduisant dans la salle n" 6. Attendez-moi ici, je reviens tout de suite. Je vais chercher un stéthoscope.
Et il sortit.
Le crépuscule tombait.
Ivan Dmitritch était étendu sur son lit, la tête enfoncée dans l'oreiller. Le paralytique g-énéral, assis.
immobile, pleurait doucement et remuait les lèvres. Le moujik énorme et l'ancien trieur de lettres dormaient. Tout était calme.
André Efimytch, assis sur le lit d'Ivan Dmitritch, attendait. Au bout d'une demi-heure, au lieu de Khobotov, Xikita apparut, portant une capote de malade, quelque chose de blanc et des chaussons de lisière.
— Ayez la bonté de vous habiller, Votre Noblesse, dit Nikita placidement. Voici quelle sera votre couchette, s'il vous plaît, ajouta-t-il, montrant un lit vide que, sans doute, on avait apporté là depuis peu. Ce ne sera rien, grâce à Dieu ; vous guérirez.
André Efimytch comprit tout. Il se rendit sans rien dire au lit que lui montrait Nikita et s'assit. Puis, voyant que Nikita, debout, attendait, il se déshabilla en entier et eut honte d'être nu devant lui. Ensuite il revêtit les effets de l'hôpital. Le caleçon était trop court, lachemise longue, et la capote sentait le poisson fumé :
— Vous guérirez, grâce à Dieu! répéta Nikita.
Il prit à brassée les habits d'André Efimytch, sortit et referma la porte derrière lui.
— Tout m'est égal..., pensa André Efimytch, s'enveloppant avec honte dans sa capote et se rendant compte que, dans son nouveau costume, il ressemblait à un prisonnier. Tout m'est égal... Un frac, un uniforme, ou cette capote?. .. Tout m'est égal...
Mais qu'était devenue sa montre ? Et le portefeuille
qui était dans sa poche de côté? Et ses cigarettes? Où Niki ta emportait-il ses vêtements?... Maintenant jusqu'à la mort il ne lui arriverait peut-être plus de mettre ni pantalon, ni g"ilet, ni bottes... Tout cela lui sembla étrange et même incroyable au premier moment. André Efimytch restait convaincu qu'entre la maison de M'"^ Biélova et la salle n° б il n'y avait aucune différence, et que tout en ce monde est absurdité et vanité des vanités, et cependant, ses mains tremblaient, ses pieds étaient glacés, et il lui était pénible de songer quTvan Dmitritcli allait se dresser sur son lit et le voir en capote de malade.
Il se leva, fit quelques pas et se rassit.
Voilà qu'il était assis là depuis une demi-heure, une heure, et il s'ennuyait à mourir. Etait-il possible de passer là un jour, une semaine, des années comme ces gens qui l'entouraient?... On s'asseoit, on marche et on s'asseoit de nouveau ; on peut encore aller regarder à la fenêtre et aller d'un coin à l'autre de la salle. Et ensuite quoi?. . . Rester assis tout le temps comme une idole et penser?... Non, ce doit être à peine possible !
André Efimytch se coucha, mais il se releva tout de suite. Il essuya de sa manche une sueur froide sur son front et il lui sembla que tout son visage sentait le poisson fumé. Il se mit encore à marcher un peu.
— C'est un malentendu! se dit-il, levant lesbras avec angoisse. Il faut s'expliquer. Il y a là un malentendu...
Ivan Diuiliitch s'éveilla à ce moment-là. Il s'assit sur son lit et s'appuya la tête sur les poings; il cracha. Puis il jetanonchalammentun regard vers le docteur et, sans doute, n'y comprit rien tout d'abord. Mais son visage endormi devint vite méchant et narquois.
— Ah ! on vous a collé ici, mon petit pigeon ! ditil d'une voix mal éveillée, fermant un de ses yeux. J'en suis fort aise. A''ous buviez le sang d'aulrui et maintenant on boira le vôtre. A merveille!
— C'est un malentendu..., dit André Efimytch effrayé des paroles d'Ivan Dmitritch. Il leva les épaules et répéta : Un malentendu...
Ivan Dmitritch cFachaune seconde fois et se recoucha.
— Maudite vie î grommela-t-il. Et ce qu'il y a d'amer et d'affligeantj c'est que cette vie ne finit pas comme à l'Opéra en apothéose et par la récompense des souffrances ! elle finit par la mort. Il vient des moujiks qui traînent par les pieds et par les mains votre cadavre dans la cave; brrr !... Bah, qu'importe?... Puisque dans l'autre monde viendra notre tourl Je leur réapparaîtrai comme une ombre et épouvanterai toutes ces canailles. Je leur ferai blanchir les cheveux.
Moïseïka rentra, aperçut le docteur et lui tendit la main :
— Donne-moi un petit kopek! lui dit-il.
XYIU
André Efimytch s'était mis à la fenêtre et regardait les champs. Il commençait à faire nuit et à droite, sur l'horizon, se levait une lune froide et rouge. A une centaine de toises de la barrière de l'hôpital, une maison blanche se dressait, entourée de murs blancs, c'était la prison.
— Voilà la réalité ! song-ea André Efimytch, et il eut peur.
La lune, la prison, les clous de la barrière, une aigrette de feu, au loin, à la cheminée d'une falDrique de noir animal, tout lui sembla effrayant.
Quelqu'un soupira derrière lui; André Efimytch se retourna et л'it l'homme aux décorations qui lui souriait et lui faisait des signes d'intelligence; cela aussi lui parut effrayant.
André Efimytch s'attesta que la lune ni la prison n'offraient rien de particulier, et qu'il est même des gens sains d'esprit qui portent des décorations, et qu'au reste, avec le temps, tout tombera en décomposition et se réduira en argile. Pourtant le désespoir l'envahit; il saisit la grille des deux mains et la secoua de toutes ses forces. La grille ne bougea pas.
Alors, pour avoir moins peur, il alla vers le lit d'Ivan Dmitritch et s'assit.
LA SALLE NUMÉRO 6 Збу
— J'ai perdu courage, mon cher, murmura-t-il, tremblant et mouillé d'une sueur froide; je suis désespéré.
— Philosophez ! lui dit railleusement Ivan Dmitritch.
— Mon Dieu, mon Dieu... sans doute! Vous avez daigné me dire qu'en Russie il n'y a point de philosophie, mais que tout le monde y philosophe, même la canaille. Et bien ! la philosophie de la canaille ne fait de mal à personne, dit André Efimytch, triste comme s'il allait pleurer et voulait attendrir quelqu'un. Pourquoi donc, moucher, cette joie ironique? Comment la canaille ne philosopherait-elle pas, si elle n'est pas satisfaite? Un homme sensé, instruit, fier, indépendant, fait à l'image de Dieu, ne trouve qu'à venir faire de la médecine dans une sotte et sale petite ville, et à appliquer toute sa vie des ventouses, des sangsues et des sinapismes 1 Tout est charlatanisme, petitesse, platitude ! Ah ! mon Dieu !
— Vous dites des bêtises; si la médecine ne vous plaisait pas, il fallait devenir ministre.
— Rien, on ne peut rien devenir! Nous sommes faibles, mon cher... J'étais courageux et prêt à tout, je raisonnais sainement, et il m'a suffi d'un contact un peu rude avec la vie pour perdre tout courage... Prostration complète... Nous sommes faibles; nous sommes misérables... Et vous aussi, mon ami ! Vous
v358 LA SALLE N'UMÉRO 6 *
»4es intelligent et noble ; л^оиз avez sucé avec le lait toutes les bonnes inclinations; et, à peine êtes-vous entré dans la vie, vous avez été las et vous avez été malade... Nous sommes faibles, faibles !...
Quelque chose encore d'obsédant, outre la peur et le sentiment d'une offense, tourmenta André Efimytch toute la soirée. Il trouva enfin que c'était le désir de boire de la bière et de fumer.
— Je vais sortir d'ici, mon cher, dit-il. Je vais dire qu'on me donne de la lumière... Je ne puis pas rester comme cela... C'est au-dessus de mes forces...
André Efimyth se dirigea vers la porte et l'ouvrit, mais Nikita sursauta aussitôt et lui barra la route.
— Où allez-vous? demanda-t-il. Il faut rester ici. II est temps de dormir !
— Je ne sors que pour une minute. Je ne vais que dans la cour.
— Non, non, non! On ne peut pas, c'est défendu!... A'ous le savez bien.
Nikita ferma la porte bruyamment et s'arc-bouta derrière.
— Qui cela peut-il gêner que je sorte? demanda André Efîmytch, haussant les épaules. Je ne 4^us comprends pas! Nikita, il faut que je sorte !... dit-il d'une voix qui trembla. J'en ai besoin. •
— Ne causez pas de désordre ici, lui dit Nikita d'un ton de leçon. Ce n'est pas bien.
L\ SALLE MUMÉRO б SSq
— Que diable est-ce que tout cela ? s'écria tout à coup ban Dmitritch bondissant. Quel droit a-t-il de nous empêcher de passer? Comment osc-t-on nous retenir icil Dans la loi, il est expressément spécifié que personne ne peut être privé de sa liberté sans jugement. C'est de la violence! C'est de l'arbitraire !
— Certainement, c'est de l'arbitraire! dit André Efimytch, soutenu par les cris d'Ivan Dmitritch. J'ai besoin de sortir, il faut que je sorte ! Il n'a pas le droit! Ote-toi de là, jeté dis!
— Tu entends, lourde brute! cria Ivan Dmitritch, frappant à la porte à coups de poings; ouvre, ou j'enfonce laporte! Equarrisseur!
— Ouvre! cria André Efimytch, tremblant de tout le corps . Je l'exig-e.
— Répète, voir! répondit Nikita derrière la porte. Répète un peu !
— Au moins, va appeler Eugène Fiodorovitch! Dis-lui que je le prie de venir... A la minute!
— Demain matin il viendra de lui-même.
— Jamais ils ne nous lâcheront ! continuait cependant Ivan Dmitritch. Ils nous laisseront pourrir ici! 0 Seigneur ! est-il possible qu'il n'y ait pas d'enfer dans l'autre vie et que ces gredins soient pardonnes? Où est la justice? Ouvre, gredin, j'étouffe! cria-t-il d'une voix rauque, et il pesa sur la porte. Je vais me briser la tête 1 Assassins!
Nikila ouvrit la porte brusquement, repoussa avec raideur des deux bras et du genou André Efimytcli, donna de l'élan à son bras et lui donna un coup de poing dans la figure.
Il sembla à André Efimytch qu'une immense vague salée l'enA^eloppait de la tête aux pieds et le roulait sur son lit, car il avait un goût de sel dans la bouche : c'étaient ses dents qui saignaient. 11 songea à nager, étendit les bras et s'accrocha à un lit. A ce momentlà, il sentit que deux fois Xikita le frappait dans le dos.
Ivan Dmitritch poussa un grand cri : on devait le battre aussi.
Ensuite tout se calma... La lumière liquide de la lune filtrait à travers les grilles et détachait sur le plancher une ombre pareille à un filet; c'était effrayant! André Efimytch se coucha, retenant sa respiration : il s'attendait avec effroi à être battu encore.
Il lui semblait qu'on lui avait enfoncé une faucille dans le corps et qu'on la lui avait retournée dans les viscères et dans la poitrine. De douleur, il mordait son oreiller et serrait les dents, lorsque, tout à coup, dans le désarroi de son esprit, lui revint la pensée, claire, insupportable, effroyable, que pendant des années, chaque jour, ces mêmes hommes qui, à la lumière de la lune, lui semblaient des fantômes, avaient dû supporter celte même souffrance !.. Gommentavait-
LA SALLE NUMÉRO 6 3Gl
il pu se faire que, dans l'espace de plus de ving^t années, il ne se fût pas rendu compte de cela? Il ne savait pas. Il n'avait pas connu la douleur, donc il n'était pas coupable. Mais cependant sa conscience, aussi dure et aussi intraitable que Nikita, lui faisait passer le froid de la mort delà nuque aux talons!... II se leva, voulut crier de toutes ses forces, et courir tuer Nikita, puis Kliobotov, l'intendant, et l'aide-chirurg-ien, et se tuer ensuite; mais pas un son ne sortit de son gosier et ses jambes ne lui obéirent pas. Etouffant, il tira sur sa poitrine, déchira sa chemise et sa capote, et tomba inanimé sur son lit.
Le lendemain matin, il avait mal de tête, ses oreilles tintaient et il se sentait une torpeur dans tout le corps. Le souvenir de sa défaillance de la veille ne lui fit pas honte ; il avait manqué de courage, il avait eu peur même de la lune, mais il avait éprouvé des sentiments et eu des pensées qu'il n'avait pas soupçonnés auparavant: l'idée, par exemple, du mécontentement de la canaille philosophante. Mais maintenant tout lui était égal.
Il ne mangea ni ne but, et resta couché, inerte et se taisant.
« Tout m'est égnl, pensait-il, quand on lui faisait une question; je ne répondrai pas... Tout m'est égal.»
L'après-ifiidi, Michel Avérianitch vint le xoït et lui apporta un quart de livre de thé et une livre de marmelade. Dariouchka vint aussi et demeura une heure entière auprès de son lit avec une expression de chagrin hébété. Khobotov le visita à son tour, lui apporta un flacon de bromure et ordonna à Nikita de brûler quelque chose dans la salle.
Le soir, André Efimytch mourut d'une attaque d'apoplexie.
D'abord il eut un grand frisson et la nausée . Une odeur, comparable à la puanteur des choux aigres et des œufs pourris, pénétra tout son corps et jusqu'à ses doigts, lui remonta de l'estomac à la tête et emplit ses yeux et ses oreilles, et il eut des lueurs vertes dans les yeux. André Efimytch comprit que c'était la fin et il se souvint qu'Ivan Dmitritch, que Michel Avérianitch et que des millions de gens croient à l'immortalité. Eh bien, лоуопз, si elle existait?... Mais il ne désira pas l'immortalité, et n'y pensa qu'un instant. Un troupeau d'antilopes extraordinairement belles et gracieuses, sur lesquelles il avait lu quelque chose la veille au soir, passa devant lui. Une femme ensuite lui tendit une lettre recommandée. Michel Avérianitch lui dit quelque chose. — Et tout sombra. André Efimytch oublia tout, pour toujours.
Les moujiks de l'hôpital le prirent par les bras et les pieds, et le portèrent dans la chapelle. On l'y laissa étendu, les yeux ouverts, sur une table, et la lune éclaira son cadavre. Le matin, Serge Sergueitch vint déAotement prier sur le crucifix et ferma les yeux de son ancien chef.
Le lendemain, on enterra André Efimytch.
A son enterrement il n'y avait que Michel Алег1аnitch et Dariouchka.