‹ Les Moules Marines des Côtes de France: Leurs SalubritéChapitre 10 sur 35 · NO RES · texte numérisé non relu

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anatomiques essentielles de la moule en insistant sur son appareil digestif

Le corps est protégé par une coquille équivalve. Ces deux valves sont réunies sur le bord dorsal par un ligament à insertion lisse. Ce ligament a pour but d’écarter les valves pour permettre le contact du corps avec l’eau ambiante. Pour orienter la coquille, on place l’animal sur le bord par où sortent les filaments du byssus, c’est-àdire sur le bord ventral, la partie pointue de la coquille en avant, la partie ronde en arrière.

En avant, sur le bord dorsal, on observe la charnière ; de chaque côté de la charnière, près du bord antérieur, sur chaque valve, on voit un sommet élevé et pointu : le crochet. La valve placée à droite est dite valve droite, et l’autre valve gauche.

La coquille de la moule est dense, faite de matières compactes. Marchand nous en donne la structure :

De dehors en dedans, on trouve :

La couche externe ou cuticulaire, porcelanée ; cet épiderme corné est bleuâtre parce que chargé d’un pigment bleu ardoise plus ou moins foncé. On retrouve ce même pigment dans la coquille des huîtres vivant en contact avec des moules. Il semble qu’il y ait passage du pigment de la moule à l’huître. La couche calcaire qui la supporte est faite surtout de carbonate de chaux.

Enfin, la face interne possède une très fine couche nacrée.

Nous voyons parallèlement au bord des valves, sur la face externe, des lignes concentriques autour du crochet ; ce sont les stries d’accroissement. Si nous examinons la face interne d’une valve, la couche nacrée nous donne l’impression de ne pas exister en certaines places qui nous apparaissent d’un ton mat : ce sont les impressions ou insertions musculaires. Sur chaque valve, on voit trois taches rondes : une près du bord dorsal à la partie posté-

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rieure, la plus grosse, et deux symétriques plus petites à la partie antérieure ; joignant la tache antérieure ventrale à la tache dorsale postérieure, une petite ligne court parallèlement au bord ventral : c’est l’impression palléale ou ligne d’adhérence du bourrelet du manteau à la valve. La moule dépouillée de sa coquille est enveloppée dans une membrane épaisse : le manteau. Semblable à une couverture de livre, il est formé de deux feuillets: unis sur toute la longueur du bord dorsal. Le bord des feuillets est épais, dentelé, de couleur brune: il est soudé au bord de la coquille qu’il secrète et son insertion avec celle-ci laisse une trace sur elle que nous avons précédemment nommée : le sinus ou impression palléale. Le manteau est de couleur rougeâtre ou blanchâtre suivant le sexe comme nous allons le voir. Sur le bord dorsal, à la partie postérieure, se trouve la section musculaire du plus gros muscle, de couleur nacrée et de forme ronde : l’adducteur postérieur. Sur le bord ventral, en avant, on observe une autre section musculaire, ronde et de surface très petite : celle du muscle adducteur antérieur, Ces deux muscles adducteurs sont les antagonistes du ligament ; ils ferment la coquille. | Vis-à-vis de l’adducteur antérieur, mais sur le bord dorsal, il est une autre section musculaire de même forme : le muscle rétracteur antérieur du pied. De cette section musculaire à celle de l’adducteur postérieur, le long du bord dorsal, nous voyons une ligne épaisse et nacrée ; c'est la section des muscles rétracteurs moyen et postérieur du pied. Le rétracteur moyen du pied est parfois appelé muscle du byssus. | Ces rétracteurs du pied ou pédiéux, sont des muscles pairs ; ils partent tous du pied en deux faisceaux. Le manteau est la partie la plus délicate et la plus appréciée au point de vue comestible.

Ouvrons les feuillets du manteau : de chaque côté,

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deux minces feuillets transparents, réunis aussi comme les pages d’un livre, parallèlement au grand axe de la moule ; ce sont les feuillets branchiaux.

Sur la ligne médiane d’avant en arrière nous trouvons : la bouche en arrière de l’adducteur antérieur ; elle est entourée de deux paires de palpes labiaux. Ces derniers sont couverts de poils microscopiques ou cils vibratiles ; leurs mouvements rapides établiront le courant d’eau qui apportera à la moule l’oxygène et les aliments indispensables à sa vie. En arrière, on aperçoit, se détachant sur une masse brunâtre, les deux pédieux antérieurs. Cette masse sombre, brun verdâtre, est le foie en hépatopancréas. Se détachant du centre, se trouve ur organe dur, en forme de languette, et pour cela communément appelé la « langue » mais que les zoologistes nomment le pied ; il est rétractile, de couleur brune : c’est l’organe fouisseur. À sa base, se détache d’une petite glande, cupule à bords épais, une touffe de filaments soyeux : le byssus ; cette glande fileuse secrête un liquide qui durcit au contact de l’eau salée. Le bout de chaque fil s’aplatit sur les rochers. Tous les corps durs y adhèrent et fixent l’animal.

« Le mollusque », dit Bontan « allonge la languette pêcheuse jusqu’à l'endroit où il veut fixer la plaque adhésive qui termine chaque filament ; la languette est tournée de manière que la cavité semi-circulaire, la glande, soit placée à la surface du corps sur lequel l'adhésion va se produire. On voit sortir de la cupule un liquide blanchâtre et pâteux que l’animal étale en couches minces à l’aide de mouvements circulaires répétés. L'action produite par l’animal est la même que lorsqu'on fait couler de la cire à cacheter à la surface d’une enveloppe et qu’on la presse ensuite à l’aide d’un cachet ». A

On a émis l'hypothèse que les moules par des mouve-

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