SCÈNE XIII
Les Mêmes, MORDAUNT, en costume de Puritain.
Madeleine seule peut entendre ce que disent d’Artagnan et l'envoyé de Maurin.
mordaunt. Monsieur le chevalier d’Artagnan?
d'artagnan. C’est moi, monsieur.
mordaunt. Lieutenant aux mousquetaires de Sa Majesté, compagnie Tréville?
d'artagnan. C’est moi!
mordaunt. N’attendiez-vous pas quelque chose, monsieur?
d'artagnan. Oui ; un message de Son Etnincnre, message qu’il devait m'envoyer par un homme de confiance.
mordaunt, lui remettant une lettre. Voici le message, monsieur, et c’est moi qui suis ie messager.
d'artagnan, lisant. • Faites ce que vous u dira le porteur, et quant à la dépêche qu'il ° doit vous remettre, ne l'ouvrez qu'en pleine «mer!... »
madeleine, à part. Tiens! en pleine mer... me voilà encore veuve, moi.
mordaunt. Vous avez lu?
d'artagnan. Oui !
mordaunt. Vous êtes prêt à obéir auxordresque Son Éminence vous transmet par ma voix?
d'artagnan. Sans doute; ne suis-je pas à son service ?
MORDAUNT. Alors équipez-vous en guerre, et trouvez-vous seul avec les amis que vous avez promis à M. le cardinal de rattacher à son parti , jeudi prochain , à huit heures du soir, sur la digue de Boulogne.
madeleine, à part. Sjr la digue de Boulogne. . . il paraît que c’est en Angleterre qu’ils vont...
d'artagnan. Jeudi, dites-vous, monsieur?
nous sommes aujourd'hui samedi. . . c'est dans cinq jours... à merveille, j’y serai.
mordaunt. A jeudi, huit heures du soir, à Boulogne, et songez que si vous n’étiez pas arrivé au jour et à l'heure dite, je n’ai pas le droit de vous attendre une minute de plus.
d’artagnan. Il est inutile de recommander l'exactitude à un soldat MORDAUNT. Adieu, monsieur.
d'artagnan. Au revoir...
Mordaunt sort en faisant un léger saint aui trois amil.