SCENE VI
Les Mêmes, DE AVINTER.
La nuit vient, on allume le phare.
de winter. Ah! tous voici, messieurs! je suis bien aise rte vous avoir rejoints; nous allons partir, n’esl-ce pas, à l’instant même?
AF, amis. Ce n’est pas nous qui vous retiendrons, milord... quoique j'aitne peu la mer pendant le jour et encore moins la nuit — aiais qu’avez-vous donc qui vous essouffle ainsi ?
DE wiNTEtt, regardant derrière lui. Rien, rien... Cependant en passant derrière le bastion, il m'a semblé... mais partons...
Tenez, voyez-vous, là-bas, ce bâtiment au delà du phare... c'est notre corvette qui est à l’ancre; je voudrais déjà être embarqué!
aramis. Ab ça, mais vous oubliez donc quelque chose, milord?
de winter. Non. C’est une préoccupation.
athos, à Ira mis. Il l’a vu.
de winter. Descendons, messieurs!...
Holà! patron !...(Un hommecnwhé dans une barque se 1ère.) Vous êtes le batelier qui devez nous conduire à la corvette l'Eclair, n'cst-cc pas?
le batelier. Oui, monsieur.
de winter. Aidez nos laquais, alors.
le batelier. Venez par ici.
Morilauot reparaît à l’autre côté de la jetée, et monte l’escalier qui mène au phare. Les trois gentilshommes s'embarquent.
aramis, rt Athos. Ob ! oh! voici encore notre jeune homme... voudrait-il s'opposer à notre embarquement ?
athos. Comment voulez-vons qu’il ait cette intention?... Il est seul et nous sommes sept, y compris le batelier.
aramis. N'importe... ilnousen veut assurément.
de winter. Qui cela ?
aramis. Lejeune homme.
de winter. Quel jeune homme?
aramis. Tenez! celui qui est là-bas, au d du phare !
de winter. C'est lui!... J'avais bien cru reconnaître I athos. Qui, lui ?
de winter. Le fils de Milady.
grimaud. Le moine !
mordaunt, d'où il domine la barque.
Oui, c’est moi, mon oncle! moi le fils de I Milady, moi le moine, moi le secrétaire et l'ami de Cromwell, et je vous connais, vous et vos compagnons!
ARAMIS. Ah! ah! c’est là le neveu, c’est le ■ moine!.., c'est là le fils de Milady !
de w inter. Hélas, oui.
aramis. Attendez, alors!..,
11 prond sa carabine et inet Mordaunt en je ne.
grimaud. Feu!
I athos, détournant le canon. Que faitesvous, ami?
aramis. Le diable vous emporte! Je je tenais si bien au bout de m il mousquet; je lui eusse mis la balle en pleine poitrine !
ATHOS. C’est bien assez d’avoir tué la mère!
La barque commence à marcher.
mordaunt. Ab! c'est bien vous! c’est bien vous, messieurs! je vous reconnais maintenant, et nous nous retrouverons cnAnglcterre! (La barque disparaît ; il la suit un miment des yen .r.) Allez! allez!... (Il redesrend.) Obi c’csi la Providence qui me les a fait reconnaître... c'est la Providence qui les conduit là-bas où je suis tout-puissant!... Deux sur quatre, c'est toujours cela... ne désespérons point de retrouver les deux autres...