SCÈNE II
ATIIOS, AltAMIS, PORTHOS, BLAISOIS.
athos. Mais quel chemin nous fais -tu prendre ?
di.aisois. Le bon chemin, messieurs.
ar amis. Vaincus par la fatalité !
athos. Noble et malheureux roi! Dieu nous a abandon ués.
PORTitos. Ne vous désolez pas , comte, nous sommes tous mortels... Mais pourquui, diable, d'Artagnau n'est-il pas rentré... pourquoi nous a-t-il envoyé Blaisois... pourquoi Blaisois ne veut-il rien dire?... Est-re qu'il serait arrivé quelque chose à ce cher d'Artaguan ?
aramis. Nous allons le savoir, puisqu'il nous envoie chercher.
porthos. C'est que je l’ai perdu, moi, dans cette bagarre, et quelques efforts que j'aiefaits, je n’ai pu le rejoindre.
athos. Oh! je l'ai vu, moi; il était au premier rang de la fouie , admirablement plaré pour ne rien perdre; et comme, à tout prendre le spectacle était curieux, il aura voulu voir jusqu'au bout.
d'artagnan , qui eu r les derniers mots d’ Athos est entré à droite. Ah! comte de la Fèrc, est-ce bien vous qui calomniez les absents?
TOUS. D’Artagnan!
porthos. Enfin, le voilà donc!
athos. Je ne vous calomnie pas, mon ami ; on était inquiet de vous, et j’ai dit où je vous avais vu. Vous ue cou naissiez pas le rui Cfiar-
d’artagnan. Quelqu’un y est-il entré?
mousqueton. Non, monsieur.
d'aktagnan. Etparl’autre porte?
mousqueton. Je ne sais pas; c'est Grimaud qui veille.
d’artagnan. Va le relever. .. et qu'il vienne
Mousqueton sort; Grimand entre un instant après.
porthos. J’étais bien sûr, moi, que d’Artagnan n'avait pas perdu son temps.
ATHOS et ARAMIS, terrant la mais de d'Artagnan. Ob ! merci ! merci ! grimaud, entrant. Voilà !
d'artagnan. Personne n’est entré par la porte que tu gardais?
grimaud. Non!
d’artagnan. Personne n'est sorti?
grimaud. Nont
d’artagnan. Alors, tout est comme lorsque je t'ai laissé ?
grimaud. Oui!
athos. Il est dans cette chambre?
porthos. Effectivement, on voit de la lumière.
aramis. Il faudrait pouvoir regarder par le balcon.
d'artagnan. Porthos, mon ami, placezvous là, et si cela ne vous humilie pas de servir d'échelle à Grimaud?...
porthos. Comment donc!...
H m place, Grimaud monte sur ses épaules pour atteindre au balcon.
d'artagnan. Eh bien?
athos. Peux-tu voir?
grimaud. Je vois!
d'artagnan. Quoi?
grimaud. Deux hommes.
d’artagn tN. Les connais-tu ?
grimaud. Attendez!
d’artagnan. Que foul-ils?
grimaud. L’un écrit.
athos. Qui est-ce ?
grimaud. C’est, je crois...
athos. Eh bien ?
grimaud. Attendez...
d'artagnan. Voyons!
grimaud. Le général Olivier CromwelL ATHOS, PORTHOS et ARAMIS. Que dit-il! d'artagnan. Je m'en doutais!... Mais l'autre... celui que nous avons suivi ?
grimaud. 11 est dans l’ombre... il se lève... il s’approche du général... ah!
11 pousse un cri et Mule en bis des épaules de Porlho*. PORTHOS. Eh bien ! quoi donc ?
d'artagnan. Tu l’as vu? parle vitel grimaud. Mordaunt!
Cri de joie des amis.
athos, à part. Fatalité !
d'artagnan. Un moment, messieurs; ceci devient intéressant.. Allons, mon brave Grimaud, remonte à ton observatoire, et que le moindre mot, le moindre geste de ces hommes nous soient traduits... Vous, à la porte, Aramis; vous, avec moi, Porthos; vous, Athos, veillez 1...
Hfuttitmc tableau.
L'intérieur de la Maison de Cromwell.
Chcmbr* fermée d’une porte à droite. On voit U fenêtre qui donne sur le balcon du même ci té.