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CHAPITRE IV

ÉTUDE SYSTÉMATIQUE DES MOUSTIQUES DESCRIPTION DES GENRES ET DES ESPECES

La sous-famille des Culicinse. comprend un très grand nombre d'espèces : on en a décrit jusqu'à ce jour plus de 250, chiffre qu'une revision rigoureuse permettra de réduire dans de notables pi'oportions: on en décrit chaque jour de nouvelles et il n'est pas téméraire d'affirmer qu'on arrivera prochainement à un total d'au moins 400 espèces distinctes. Le rôle que jouent ces Insectes dans la transmission des maladies est considérable : aussi, malgré la difTiculté d'une telle étude, est-il indispensable de donner la description de toutes ces espèces que, dans certaines circonstances, le médecin peut avoir le plus grand intérêt à connaître.

Premières classifications. — En 1738, dans la dixième édition du Systema naturae, Linné établissait le genre Culex, auquel il rapportait les six espèces suivantes :

pipims. C. cinereus, abdomine annulis fuscis octo ;

bifuixatus. C. fuscus, rostro bifurco ;

pulicaris. C. alis hyalinis : maculis tribus obscuris ;

reptans. C. niger, alis hyalinis, pedibus nigris anniilo albo ;

equinus. C. ater, abdomine fusco, fronte alba. Habitat circum Equos,

quorum sanguinem haurit, inter crines eorum cursitans ; stercoreus. C. testaceus, alis reticulatis, linea thoracis, tribusque abdo-

minis nigricantibus .

Le nom de Culex pipiens, qui évidemment s'appliquait tout d'abord à plusieurs espèces confondues les unes avec les autres, a été attribué par des entomologistes plus récents à une espèce actuellement bien définie. De même, C. bifurcatus a été maintenu parmi les Culicides, contrairement aux trois espèces suivantes, qui n'étaient pas des Moustiques : c'est ainsi, par exemple, que C. reptans a dû être transporté ultérieurement dans le genre Simulium (i).

(1) Voir plus haut, page 17.

DESCRIPTION DES GENRES ET DES ESPÈCES

Quant à la dernière espèce, elle n'a pu être identifiée sûrement, en raison de sa description trop vague.

Bien qu'ils eussent ajouté quelques espèces à celles énumérées ci-dessus, Pallas, Schrank, Fabricius et Germa r ne songèrent pas à modifier la conception de Linné et les firent rentrer dans le genre Culex. Et pourtant Fabricius avait fait connaître, dès 1794, deux formes exotiques, G. hœmorrhoidalis de Cayenne et C. ciliatus de la Caroline, qui devaient devenir les types de deux genres nouveaux ; en 1805, ce même observateur décrivait de la Guyane, sous le nom de Culex longipes, un autre Moustique qui devait avoir ultérieurement la même fortune.

Dans son premier ouvrage, paru en 1804 et 1803, Meigen conserve encore intact le genre Culex ; dans son second ouvrage, publié en 1818, il n'hésite plus à le démembrer et à établir à ses dépens le genre Anophèles, reconnaissable à ce que les palpes sont aussi longs que la trompe dans les deux sexes, tandis qu'ils sont beaucoup plus courts que la trompe chez la femelle des Culex. En même temps, Meinert, sur la proposition d'Hoiïmansegg, crée le genre Aëdes pour une espèce nouvelle ayant les palpes très courts dans les deux sexes.

Neuf ans plus tard, en 1827, dans son Essai sur la tribu des Culicides, Robineau-Desvoidy admet les trois genres précédents et décrit lui-même trois genres nouveaux, en faveur de trois espèces américaines déjà établies par Fabricius : il transporte donc Culex longipes dans le genre Sabethes, C. hœmorrhoidalis dans le genre Megarhinus et C. ciliatus dans le genre Psorophora. Il réunit en une « tribu des Gulicides » les six genres alors connus, et les caractérise comme suit :

DiVISIO CULICIDUM.

I. — Genus Culex Linn. — Palpi maris longitudine proboscidis. Palpi feminae breviores .

II. — G. Anophèles Meig. — Palpi longitudine proboscidis in utroque sexu.

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