PARASITES DES MOUSTIQUES
Chez divers Moustiques obtenus par l'éducation de larves pêchées aux environs de Turin, et particulièi^ement chez Anophèles maculipennis, Perroncito a observé une mortalité rapide qui était causée par une Bactérie. Le microorganisrae, dont le siège n'est pas indiqué d'une façon précise, se trouvait sans doute dans la cavité générale des Insectes. Il était formé de filaments verdàtres, larges de 1 à 2 [K, cloisonnés et disposés en faisceaux de grosseur variable, rappelant ceux de Leptothrix buccalis; on trouvait en outre une grande quantité de granulations et des corpuscules sphériques, semi-lunaires ou de forme variée, en grande partie mobiles. Les Moustiques s'infestent pendant qu'ils sont à l'état de larve ; le parasite poursuit son évolution chez la nymphe et finit par tuer prématurément l'adulte.
Grassi a constaté chez les Aîiopheles l'existence de deux sortes de parasites qu'il croit pouvoir ranger parmi les Myxosporidies, mais sur le compte desquels il ne donne encore que des renseignements très incomplets.
Le premier de ces parasites se rencontre dans la cavité générale, libre ou adhérent aux organes. Quand il est libre, il se présente sous la forme de masses protoplasmiques arrondies, apparemment dépourvues de mouvements amiboïdes et renfermant de nombreux noyaux, ainsi que des corpuscules plus ou moins ovalaires, à
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nodule central brillant ; ces corpuscules sont mobiles et capables de sortir de la masse protoplasmique. Quand le parasite adhère aux organes, il a l'aspect de tubes, d'ampoules, de globes irréguliers ; il peut alors s'entourer d'une membrane kystique, puis se diviser en un nombre considérable de spores à paroi propre, dans lesquelles on n'a pas vu de capsules polaires.
Le second de ces parasites se trouve souvent dans les œufs, qu'il envahit parfois dans une très grande proportion. Dans l'œuf mûr ou presque mûr, il produit une énorme quantité de spores contenant chacune huit sporozoïtes.
Une Myxosporidie véritable, caractérisée par ses spores, a été vue chez les Culex à tous les états de développement ; elle est extrêmement abondante chez certaines espèces, mais n'a encore été vue chez aucun Anophèles. Un autre Sporozoaire tout aussi mal connu a été rapporté au genre Glwjea.
Des entozoaires d'un ordre beaucoup plus élevé peuvent aussi s'observer chez les Moustiques. Grassi a signalé, chez Anophèles m.aculipennis h tous les âges (larve, nymphe, adulte), un Trématode enkysté, qui a été revu par Martirano. Il s'agit d'un très petit Distome, long de 0™m33, large de 0mm20, plat, foliacé, de forme ovale, à grande ventouse antérieure, à ventouse postérieure située au milieu delà face ventrale. Cet helminthe est adulte et contient un grand nombre d'œufs arrondis, d'un brun jaunâtre. Il est parfois libre dans le thorax ou l'abdomen, mais est le plus souvent renfermé, à raison d'un individu par kyste, dans de très petits kystes d'un blanc brillant, longs de 0™mlo à 0^'^'23, situés le plus souvent dans la partie antérieure de l'abdomen et adhérents à l'œsophage ou à l'estomac. Ces kystes sont rarement isolés ; on en trouve le plus souvent de cinq à dix chez le même Moustique. Les Anophèles se laissent sans doute infester à l'état de larve ou de nymphe par une Cercaire. En mars, on ne trouve ce parasite que chez 10 à 20 pour 100 des Anophèles ; en mai et juin, il attaque jusqu'à 50 pour 100 de ces mêmes Insectes.
Des Némathelminthes du genre Mermis peuvent également envahir la cavité générale des larves et des nymphes. Les individus porteurs de ces parasites sont très distendus et meurent en grand nombre ; il en résulte que, les années où s'observe avec fréquence
cette épidémie particulière, les Moustiques ailés sont notablement plus rares.
C'est encore à Grassi qu'on doit la première indication relative aux ectoparasites des Moustiques; il se borne à dire qu'il a vu un Acarien ectoparasite chez Anophèles maculipennis à l'âge adulte, sans préciser de quel Acarien il pouvait bien s'agir.
J'ai eu trois fois l'occasion de faire une observation semblable, chaque fois chez un Anophèles : tout d'abord chez un A. maculipennis de Bastia, puis chez un A. bifurcatus de Charbonnières, près Lyon, enfin chez une espèce indéterminée de Madagascar. Le premier de ces Insectes portait à la face inférieure de l'abdomen une double rangée longitudinale de cinq à six Acariens globuleux, d'un brun clair; on eût dit deux rangs de perles. Le second et le troisième ne portaient chacun qu'un seul parasite. Dans les trois cas, i'ai eu affaire à des larves hexapodes d'Hydrachnides, indéterminables sous cette forme, attendu que ces Acariens sont ceux où la structure du rostre change le plus en passant à l'âge adulte ; elles ressemblaient beaucoup à la larve de Nesœa fuscata. Des larves de ce même groupe se voient souvent sous l'abdomen des Agrions et d'autres Insectes à larves ou habitudes aquatiques. Les Moustiques se laissent envahir par ces parasites soit au moment de l'éclosion, soit à celui de la ponte.
Aux Etats-Unis, les Moustiques de l'île Madeline, Wis., sont fréquemment attaqués par de petits Acariens rouges qui se fixent sous leurs ailes et leur font perdre leurs forces. Il s'agit ici, selon toute apparence, non d'un Hydrachnide, mais d'une larve de Trombididé, qui passe sur l'Insecte quand celui-ci est posé sur les plantes. Les larves de ces Acariens se trouvent souvent sur les Insectes, notamment sur la Mouche commune et sous les ailes des Sauterelles.
Les Hémosporidies de l'Homme et des Oiseaux (Plasmodium malariae, Hsemoproteus Danilevskyi et formes voisines) sont aussi au nombre des parasites des Moustiques, ainsi que les Pilaires du sang de l'Homme et du Chien (Filaria Bancrofti, F. immitis). Nous nous contenterons de mentionner ici ces parasites, dont nous ferons plus loin une étude détaillée.
Les Moustiques présentent de fréquents exemples d'infestation multiple. Dans les pays chauds, on peut voir, chez un même
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Insecte, les états schizogoniques de Plasmodium malariae soit dans la paroi de l'estomac, soit dans les glandes salivaires, en même temps que la larve de Filaria Bancrofti enkystée dans les muscles thoraciques ou celle de F. immitis dans les tubes de Malpiglii. Dans nos régions, on peut trouver ensemble le petit Distome et les larves de F. immitis (ou d'une espèce voisine), comme Martirano l'a observé; à tout cela peuvent encore se surajouter diverses Hémosporidies.
Fr. Martirano, L'Anopheles ciaviger ospite di un Distoma. Il Policlinico, VII, p. 1089, 1901.
E. Perroncito, Sopra una spéciale forma di micosi délie Zanzare. Bollettino délia R. Accad. di med. di Torino, 22 dec. 1899.
Ch. D. SoAR, Note on the occurrence of larval Water Mites on various aquatic animais. Journal of the Quekett micr. Club, p. 65, 1901.