Anophèles maculipennis (Meigen
Bibliographie. — Forme européenne. — Meigen, 1804, 1, p. 3; 1818, p. 11. - Fabricius. 1803, p. 33, 6. — Stephens, 1823, p. 437 ; 1828 ; 1829, p. 233. — Robineau-Desvoidy, 1827, p. 411. - Stephens, 1828, p! 303. - Ruthe, 1831, p. 1203. — Macquart, 1834, I, p. 32. — Staeger, 1839, p. 332. — Gimmerthal, 1843. — VValker, 1848, I, p. 9. — Zelterstedt, 1830, IX, p. 3468. — Schiner, 1864, p. 623. — Van der Wulp, 1877, p. 330. — Meinert, 1886, p. 393, ilg. 20-31. — Ficalbi, 1896, p. 218 ; 1899, p. 137. — Bezzi et De Stefani-Perez, 1897. — Osten-Sacken, 1900. — Giles, 1900 r, p. 167, 22, pl. V, Ilg. 9, pl. Vil, fig. 13; 1902, p. 326,42. — Polaillon, 1901, p. 62. — Pfeiner, 1901. — Theobald, 1901 r, 1, p. 191. 30, pl. V, fig. 17. — Cropper, 1902, p. 49. — Sarmento et França, 1902. — R. Blanchard, 1902 6, p. 793.
Forme américaine. — Say, 1824. — Wiedemann, 1828, 1, p. 13. — Harris, 1833. — Lœw, 1864, p. 317. — Howard, 1896, p. 23. — Giles, 1900 c. p. 162, 17. — Smith, 1901. — Packard, 1901. — Jordan, 1902.
SOUS-FAMILLE DES ANOPHELINAE
Foroie sino-malaise (?). — Thin, 1900, p. 307.
Synonymie. — Cule.r bifurcntvs Meigen, 1804 (non Linné, 1758). — C. claviger Fabricius, 1803 (non Meigen, 1804). — Anophèles quadrimaculatus Say, 1824. — A. grisescens Stephens, 1828. — A. guttulatusEarris, 1833.
Description (fig. 151). — Antennes à plumosité brunâtre, mais à reflets jaunâtres chez le cj^ ; brun obscur avec reflets brun jaunâtre chez la 9- Trompe un peu plus longue que les palpes (fig, 132) ; d'un brun obscur ou
Fig. 151. — Anophèles maculipeniiis, d'après Howard. — A gauche, le (f ; k droite, la 9-
noir, avec un petit anneau jaunâtre chez le q^, à la base des labelles. Palpes d'un brun noir, un peu plus court que la trompe, surtout chez le^^ (fig. 75 et 76) ; chez ce dernier, ils sont claviformes et portent une toufïe de soies, au bord interne de leur avant-dernier article. Nuque d'un gris de plomb,- ornée de brunes écailles en vis, celles de la ligne médiane étant blanc paille et formant une tache de même couleur un peu élargie en arrière, rétrécie en avant et se prolongeant entre les yeux et les antennes (fig. 1.32). Thorax velu, sauf sur deux bandes subniédianes de
couleur brun chocolat ou brun de rouille, aussi longues que le thorax et plus larges en leur milieu. Flancs glabres, brun roussâtre ou gris brunâtre, plus clairs que les bandes susdites. Abdontev couvert de poils jaune cuivre. Armature génitale de forme caractéristique (tig. Iij3). Ailes brunes spécialement chez la ou assez souvent brun jaunâtre. Sur les ner vures et les bords, un très grand nombre d'écaillés noires, remplacées au bord apical par des écailles jaune fauve, dont l'ensemble produit une petite tache de même couleur. Sur l'aile même, les écailles noires s'accumulent en quatre taches caractéristiques, qui siègent en dehors des quatre nervures transverses et dans l'angle des deux fourchettes (fig. 154). D'après cela, la 1" tache se voit donc au niveau de la transverse marginale ; la 2', de forme irrégulière, au niveau des transverses surnuméraire, ^ moyenne et postérieure ; les 3' et 4' dans l'angle de bifurcation des
Fig. 153. — Moitié gauche de l'armature génitale Fig. 152. — Tête d'Auo- cf A' Anophèles plieles inacnlipeniiis maculipennis, 9, d'après Kicalbi. x vue d'en haut.
Fig. 154. — Aile à' Anophèles maculipennis, d'après Ficalbi.
fourchettes. La disposition des ne des fourchettes donnent de bon jaunâtre, brun noir ou noires. H
abc
Fig. 155 — Disposition des nervures transverses et des fourchettes chez quelques Ajiop/ie/es, d'après Théobald — a, d, A. maculipennis; II, A. Walkeri ; c, e, A.bifurcatus.
vures transverses et la longueur relative i caractères (tig. '155, a,d). Pattes brun nches gris jaunâtre, glabres. Fémurs et tibias brun noir ou noirs, un peu plus clairs en-dessous ; un ourlet blanc paille très délicat se voit à leur extré-
Fig. 156. — Griffes des 3 paires de pattes d'Anophèles maculipennis, d'après Ficalbi. x 150.
mité distale et empiète très légèremènt sur l'article suivant. Tarses brun noir ou noirs. Formule umjuèale comme chez les autres Anophèles européens : chez le cf' (hg- 156), celle des dents basilaires de la griffe unique de la 1" paire de pattes qui représente l'autre griffe, se détache assez
SOUS-FAMILLE DES ANOPHELin AE
facilement, ce qui pourrait l'aire croire à l'existence d'une seconde griffe, petite et unidentée.
Longueur. — 7""°5 à 10"-°', trompe comprise. Le est toujours'.un^peu plus grêle que la
Habitat. — Espèce très répandue en Europe, des bords de la Méditerranée jusqu'en Scandinavie et des régions occidentales (France, Espagne, Portugal) jusqu'à l'Oural. Elle existe aussi dans les îles méditerranéennes (Corse, Sardaigne, Sicile), en Algérie et Tunisie, en Palestine, ainsi que dans tous les États-Unis et au Canada. D'après ïhin, elle vivrait aussi à Shanghaï et à Java, mais cette assertion mérite d'être confirmée.
Obsermtiom. — Les mœurs et les métamorphoses ont été décrites cidessus avec d'amples détails (p. llo-132) ; il est donc inutile d'y revenir. En particulier, on trouvera plus haut des figures de l'œuf (fig 127 A 128, 129), de la larve (tig. 99, 101, 130-133, 136 A, 141), ainsi qu'une figure montrant la posture de l'Insecte au repos (fig. 96). Il nous suffira donc de représenter ici l'adulte (fig. 131).
Cet Insecte est « très féroce », suivant l'expression de Howard. En 1831, Ruthe notait déjà que sa piqûre est beaucoup plus douloureuse que celle de tout autre Moustique de lui connu et qu'elle a un effet beaucoup plus pernicieux : il l'a vu produire des plaies purulentes profondes, dont la guérison exigeait plusieurs jours de traitement. Ces faits ont été confirmés depuis par nombre d'observateurs.
Les conditions particulières qu'il exige pour sa ponte et son développement ne se rencontrent pas dans les villes, du moins dans celles comme Paris, où la condensation de la population est poussée à l'extrême. C'est donc essentiellement un Moustique de plein air, qui vit à la campagne et dans les bois. Il se trouve à proximité des villas, des fermes, des villages, ainsi que dans certaines villes à croissance rapide, dont les faubourgs s'étendent d'un jour à l'autre à travers la campagne. Tel est le cas pour les grandes cités américaines comme Boston et New- York : il est très répandu dans les quartiers neufs, alors qu'il ne se montre plus dans le centre de la ville. Tel était aussi le cas pour Paris au milieu du XVIir siècle, quand Joblot découvrit la larve dans le bassin de Saint- Magloire, au faubourg Saint-Jacques : actuellement, on ne trouve plus cet animal à Paris même (1), où Culex pipiens n'est que trop commun; mais peut-être n'en a-t-il pas disparu totalement, car on connaît des faits de transmission du paludisme qui ne se peuvent expliquer que par sa présence ou celle d'un autre Anophèles (2). En effet, c'est yl. maculipennis qui, en Europe, en Algérie et Tunisie et
(1) En 1827, Robineau-Desvoidy le signalait « à Paris »; mais, à cette époque, on n'attachait pas autant d'importance qu'aujourd'hui à l'indication précise des localités: aussi faut-il. sans doute entendre par là que notre auteur a observé cet Insecte dans la banlieue parisienne et non à Paris même. Il est assez commun dans la forêt de Chantilly et dans les bois voisins.
(2) R. Blanchard, 1901 b, cf. p. 617 et 621.
sans doute aussi aux Etais Unis, est le plus actif propagateur du palu disuie : Grassi a lait piquer 1.") malades par 54 individus de cette espèce ; il a vu l'Hcnialozoaire se développer chez 'A',i de ces Insectes. Les expériences du savant italien ont montré que la transmission du parasite ne se fait pas moins bien par les autres Anophèles de la péninsule : elle se fait même encore plus sûrement par l'intermédiaire d'.4. ?;//'»r«f/v/.s- ; niais .1. iiKicidipennis est, d'une façon générale, intiniment plus répandu que les autres espèces, en sorte qu'on doit réellement lui attribuer le rôle principal dans la propagation du fléau.
Il est certain que les dillérents types de lièvre jjaludéenne étaient connus des anciens : on en doit donc conclure que .1. niamlipemiis est originaire de l'ancien monde. D'où celte autre conséquence, que l'Kurope a, selon toute apparence, doté l'Amérique et du Moustique en questi(jn et du paludisme.