Anophèles bifurcatus (Linné
Ilibliof/i-dphie. — Forme etiropéennee. — Meigen, 1818, I, p. 11. — Uobineau-Desvoid}'. 1827, p. 410, 1; p. 411, 2. — Haliday, 1828, p. 'iOI.— Meigen, 1830. VI. p. 242. — Macquart. 1834, 1, p. 32. — Staeger, 1839, p. 352. — Zelterstedt, 1840, p. 807 ; 1850, IX, p. 3467. — Gimmerlhal, 1845, p. 294. — Lœw, 1845. p. 4. - VValker, 1848, I, p. 9. - Schiner, I8tj4 0, 11, p. 623-626. — Van der Wulp, 1877, p. 330-331. — Meinert, 1886, p. 395, fig. 32-33. — Ficalbi, 1896, p. 215-217 ; 1899, p. 94. — Bezzi et De Stefani- Perez, 1897. — Giles, 1900 r, p. 174, 26 (.4. hifurcatm); p. 173,27 {A. nigripes); p. 176, 28 (À. rillmus) ; 1902, p. 328, 45 (.4. bifurcatus); p. 330,48 (.4. nujripes). — Polaillon, 1900. p. 64. — Theobald, 1901 f, I. p. 195.31, pl. VI. lig. 22 (.4. bifurcatus) ; I, p. 201, 33, pl. VI, fig. 21 (.1. tiifiripcs). — H. Blanchard, 1902 6, p. 793.
Forme aniêricaiue. — Lœw, 1864, j). 317. — Howard, 1900. p. 21 ; 1901, p. 233.
Synouninie. — aCule.i: bifurcatus fuscus, rnsiro bifurcn^) Linné, Fauua suecica, 1746. — Cule.v bifurcatus Ljnné, 1758. — « Culc.r bifurcat us fusais, lltorace subliueatu » Fabricius, 1781, p. 469. — ('. bifurcatus Schrank, 1781, p. 482, 982; Gmelin, 1788, p. 2887; Schrank, 1803, sp. 2366. — C. Irifurcaliis Fabricius, 1794, p. 401 ; 1803, p. 33,3. — C. claviijer Meigen. 1804. p. 4 (non clarifier Fabricius, 1805. p. 35, 6). — Ânopheies bifurcatus (Linné) Meigen, 1818. — ,4. villasus Hobineau Desvoidy, 1827.— A.ptunibeus Stephens, 1828, p. 503. — .1. <irisescnis Stephens. 1828. p. 502. — A. uifiripes Staeger. 1839.
Description. — Antennes à plumosité brun noir ou noire chez le <J^. brun' noir et parfois à reflets brun jaunâtre chez la V. Rostre brun foncé ou noir, à ses deux faces. Pulpes noirs ou brun noir à leurs deux faces, légèrement plus courts que la tronqje, surtout chez le a" oîi ils sont nettement claviformes et ornés d'une petite touffe de soies à la face interne de l'avant dernier anneau. Nuque d'un gris de plomb. -ornée d'écaillés en vis brunes
SOUS-KAMILLE DES ANOl'HELINAE
et, dans sa partie niédio-dorsale, dccailles de couiour blanc paille, formant une tache un peu élargie en arrière et rétrécie en avant, où elle se prolonge entre les yeux et les antennes. Thnra.v gris de plomb, couvert à la l'ace dorsale de poils jaune do cuivre et orné de deux bandes snbmédianes de couleur brun chocolat, plutôt glabres, élargies en leur milieu et occu pant toute la longueur du dos. Flancs glabres, gris, plus clairs que les deux bandes susdites. Abdomen couvert de poils jaune de cuivre. Armature Hénifale <^ de structure caractéristique (fig. 157) : les crochets qui se voient à la base de l'appareil, entre les deux gros lobes, sont très développés ; la soie aculéiforme, qui naît du bord interne du gros lobe, occupe une position plus distale que chez les autres espèces européennes. AiJpx immaculées, fuligineuses ou brunes dans leur ensemble. La disposition des nervures transverses et la longueur relative des fourchettes sont caractéristiques (tig. 155, c, e). Pattes : hanches glabres, gris
jaunâtre; fémurs brun noir ou noirs à leurs ''"'S "~ Griffe de la 1'° deux faces, plus clairs à leur extrémité P'***® ^-^ '"oit"' proximale; un ourlet clair correspond aux gauche de l'armature géni- ' . , , , . taie o' x34)d'4. bifur-
genoux. I ibias noirs, pourvus a leur extre- . . r.. .
. . catus, d après Ficalbi.
mité distale d un ourlet clair à peine perceptible, qui déborde aussi sur le premier article
du tarse. Tarses totalement noirs. Formule unguêale du : 3 — 0.0—0.0.
Longueur. — 7 à 9 et 10"'"', trompe comprise. Le cTest un peu plus grêle que la Q. On trouve souvent des individus beaucoup plus petits, d'un brun noirâtre plus accentué ; les plus gros spécimens tirent souvent un peu plus sur le jaune.
Habitat. — Espèce répandue dans toute l'Europe, depuis l'Italie et les îles voisines jusqu'en Danemark et depuis l'Océan Atlantique jusqu'à la Crimée; non vue en Russie par Gimmerthal. En France, elle est connue de Paris (ou sa banlieue), Chantilly, Narbonne; je l'ai trouvée en grande abondance à Charbonnières, près Lyon. Elle existe aussi aux États Unis et au Canada. Elle peut se multiplier considérablement dans certaines localités, mais elle est en général moins commune qu' l. iiHiciUipenni.s .
Observations. — A. bifurcatus se tient près des maisons de campagne, dans les écuries, les remises, les bosquets. C'est un animal crépusculaire, mais qui, dans les endroits sombres, sous les arbres, vole et pique tout le jour ; son vol est silencieux. Il cesse de voler quand la nuit est complète, en sorte qu'on peut presque impunément laisser la fenêtre ouverte et la lampe allumée. 11 redevient actif à l'aurore, mais pour peu de temps. Il se développe dans les mares dont l'eau est limpide et envahie par une végétation assez abondante. Les pièces buccales de la larve ont été représentées plus haut (lig. 138 et 1.39). Celle-ci (fig. 158) se reconnaît à la structure des poils qui ornent le bord antérieur de sa tête (tig. 137, B). Ce
caractère, bien apparent sur la figure 158, empruntée à Meinert et rap portée par lui à la larve à'À. tiigripes, nous permet d'affirmer que cette espèce est synonyme d'i. bifurcatus. Cependant, Tlieobald et Verrait considèrent A. bifurcatus et »?Vyr?/>p.v comme deux bonnes espèces, dont la synonymie s'établirait ainsi :
1° A. bifurcatus {L\nné. 1758). — Syn : Cule.r trifurcatiis Fahr., 1794; C. ciar/f/pr Meigen, 1804 ; A. rillosus Robineau-Desvoidy, 1827; ,1. grisescens Stephens, 1828.
2° A. nifiripes Slaeger, 1839. — Syn : .4. plumbeus Haliday, 1828. Pour nous, l'identité des deux formes ne peut faire aucun doute. En outre de l'argument capital qui nous est fourni par la ligure 158, rappelons que Staeger a établi son espèce d'après un seul exemplaire, capturé en Danemark, et que Zetterstedt, d'après cette simple indication, a signalé
en Scandinavie la prétendue es pèce. Schiner et Van der Wulp la disent très rare en Autriche et en Hollande ; ils n'ont pas vu le mâle. D'ailleurs, la brève description donnée par Staeger s'applique mot pour mot aux A. bifurcatus de France et de Crimée.
La piqûre est assez doulou reuse ; elle produit une vive irri tation et une petite plaie qui, non soumise à des lavages antiseptiques, suppure facilement ; il reste une cicatrice noire très persistante. Chez les enfants, la piqûre peut s'accompagner d'un mouvement fébrile avec un léger dépôt d'urates et d'uroéry thrine ; l'Insecte piquant de préférence les jambes, on ne peut parer à
cet inconvénient qu'en faisant Fm. 158. - Larve adulte d'Anoptietes ^^^^^^^^^ ^.^^^^
bifurcatus (niqripes) vue d en haut ' ., , . - ui ■
en toile serrée, impénétrables a
d après Memert.
la trompe.
Cette espèce est très apte à propager le paludisme ; elle y est même plus apte qu'i. maculipènnis, mais ne joue pourtant, par rapport à celui-ci, qu'un rôle secondaire dans la transmission des Hématozoaires, en raison de sa rareté relative. Grassi. ayant fait piquer 9 paludiques par 16 .1. bifurcatus. a vu les Hématozoaires poursuivre leur évolution chez 13 de ces Insectes.
SODS-FAMILLE DES AÏSOPHELINXE
Anophèles Walkeri Theobald, 1901.
Biblmjraphie. - Theobald, 1901 c, I, p. 199, 32, pl. V, lig. 20. — Giles, 1902, p. 329, 46 et 47, pl. XI, lig. 2 a-2 b.
Synonymie. — ? Anophèles ferruginoms Wiedemann, 1828, 1, p. 12.
Diagnose. — Ték avec une tache d'écailles jaunes en serpette sur le devant; des écailles noires en vis sur l'occiput et les côtés. Thorax brun foncé, orné de 4 lignes grises, avec un grand 'nombre d'écailles dorées en faucille. Abdomen brun foncé tirant sur le noir, à pubescence dorée très dense. Ailes immaculées, ressemblant à celles d'i. bifurcatus, mais les 2 fourchettes ont leurs bases sensiblement au même niveau ; la disposition relative des nervures transverses est également différente (iîg. 153,
Longtieur. — 10°"°, trompe comprise.
Habitat. — Sud du Canada.
Observations. — Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente ; elle s'en distingue par l'absence d'écailles de couleur crème sur le milieu de la tête et par son thorax plus brun. Theobald la croit identique à A. ferruginosus Wiedemann, mais Howard admet plutôt que ce dernier correspond à A. crueiam Wiedemann.
Bibliographie. — Say, 1823, p. 9. — Wiedemann, 1828. I, p. 12. — Fitch, 1851, p. 274. — Howard, 1896, p. 23; 1900, p. 44. - Giles, 1900 c, p. 164, 19; 1902, p. 322, 36, pl. X, fîg. 6. — Coquillett in Howard, 1901, p. 240.
— Theobald, 1901 c, I, p. 189,29, pl. VI, fig. 24, pl. XXXVII, fig. 145.
— Herrick, 1901.
Synonymie. — Culex punctipennis Say, 1819 (non .1. punctipennis Bigot ms). — Anophèles crucians Wiedemann, j828 (partim). — C. hiemalis Fitch, 1851.
Description (fig. 159 et 160). — De teinte fauve sombre. Yeux bleu verdàtre chez l'Insecte nouvellement éclos, d'un noir profond à un âge plus avancé, entourés d'un cercle cendré clair. Antennes et trompe immaculées, d'un fauve sombre ou noirâtres. Thorax fauve sombre, avec des lignes noirâtres obsolètes, couvert de poils ferrugineux cendré de teinte plombée sur les côtés, au-dessus des pattes postérieures. Scutellum glabre, fauve sombre, avec une bande longitudinale bleuâtre. Ailes velues, sombres, avec une bande pâle à peine perceptible au-delà du milieu et avec des taches sombres obsolètes. Une tache blanc jaunâtre vers les trois quarts postérieurs de la longueur de la costa; écailles de la dernière nervure blanches, celles de chaque extrémité noires. Balanciers jaunes à la base. Pattes allongées, fauve sombre ou noirâtres, non annelées de blanc, les postérieures complètement brunes.
Habitat. — A. punctipennis est le plus bel Anophèles des États-Unis : il y est très répandu, à l'est et au sud (Illinois, Maine, Vermont, Massachusetts, Connecticutt, New-York, New-Jersey, Pensylvanie, District de
Anophèles punctipennis (Say, 1823).
SOUS-FAMILLE DES ANOPHEf.L\AE
Colombie, Maryland, Orégon, Indiana, Kansas. Virginie, Texas, Nouveau- Mexique). Say l'a observé en quantité considérable sur la plage orientale du Maryland ; il est commun sur le Mississipi et importune les voyageurs. On le connaît aussi de la Jamaïque.
Obsercations. — C'est probablement cette espèce, d'après Say, que Fabricius considère comme identique à Cukx pulicaris L., d'Europe ; mais cette assimilation n'est aucunement certaine (1). Wiedemann l'a crue identique à son i. crucians, mais certainement à tort. On doit lui identitier, au contraire, Culcx hiemalis Fitcb, qu'Osten-Sacken assimile à tort à A. maculipmnù.
A. punctipennis hiverne à New-York, d'après Fitch. Avec A. maculipennis, il envahit les faubourgs de Boston, d'après Th. Smith, toutefois sans propager le paludisme : la maladie étant à peu près inconnue dans la ville, ces Insectes n'ont pour ainsi dire jamais l'occasion de s'infester avec l'Hématozoaire de Laveran, puis de le disséminer. Cela ne prouve donc pas qu'A, punctipennis ne soit pas digne de figurer sur la liste des propagateurs de la fièvre intermittente.