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PRÉPARATION ET CONSERVATION DES CEUFS, DES LARVES, ETC

plonge partiellement dans l'alcool ; si l'on a soin de ne laisser aucune bulle d'air au-dessous du coton, le ballottement des Insectes est alors réduit au minimum. On bouche au liège et on cacheté, par surcroît de précaution, soit à la paraffine, soit au ciment-lut à base de caoutchouc. On n'a pas oublié d'introduire dans le tube, entre le tampon d'ouate et le bouchon, une étiquette pliée sur ellemême et relatant toute indication utile.

2° Les liquides conservateurs altérant les couleurs, il est nécessaire d'avoir aussi une collection de Moustiques conservés à sec. Les animaux destinés à cet usage sont tués par les procédés connus. On n'attend pas qu'ils soient entièrement desséchés pour les

Fii^. 310. — Manière de monter les Moustiques en collection sèche.

monter ; on aura donc à sa disposition l'altirail habituel des ento mologistes collectionneurs : épingles de la sorte la plus tine (n°20), pinces droite et courbe, plaques de liège, boite à fond de liège, épingles plus grosses, aiguilles emmanchées, petits carrés ou petits ronds de carton bristol, etc.

D'une épingle fine, tenue avec une pince tout près de sa pointe, on transfixe en son milieu un petit rond de carton ; on enfonce l'épingle de plus en plus, jusqu'à ce que l'étiquette ait parcouru environ les deux tiers de sa longueur. On vérifie alors si les Insectes ont les ailes bien écartées, puis on les renverse sur le dos, sur une plaque de liège. On reprend l'épingle avec la pince courbe, tout près de sa pointe, et on l'enfonce au milieu du thorax de l'un d'eux, exactement entre les pattes ; on enfonce, jusqu'à ce que l'Insecte soit parvenu environ au tiers de la longueur de l'épingle.

On retire alors l'épingle, qui porte l'étiquette et l'Insecte ; on la retourne la pointe en l'air, on pose le bord de l'étiquette sur le bord d'une plaque de liège et on y enfonce une grosse épingle, destinée à supporter tout le petit appareil. On fait remonter celui-ci vers le tiers supérieur de la grosse épingle, puis on transperce avec cette dernière une étiquette de bristol, ronde ou carrée, sur laquelle on a préalablement inscrit à l'encre tous les renseignements uliles : nom du collecteur, localité, altitude, date, heure, remarques (attaque l'Homme ou les animaux, rare ou commun, vit en maison ou en forêt, diurne ou nocturne, etc.). L'Insecte est alors monté (fig. 310), On ampute à la pince coupante la pointe, mais non la tête de l'épingle fine ; on fixe la grosse épingle dans une boîte à fond de liège; on étale avec la pince fine ou mieux avec l'aiguille montée les ailes, les pattes et les antennes, de façon à ce que tous les points de la surface du corps soient accessibles au regard, et le montage se trouve achevé; il sufTit de jeter un coup d'oeil, le lendemain, pour rectifier la position des appendices.

Des Insectes desséchés depuis plus ou moins longtemps se montent de la même manière, mais après qu'on a pris la précaution de les ramollir dans une chambre humide, par exemple sur du papier buvard humecté, sous un cristallisoir renversé. 11 est utile de monter des spécimens en différentes postures, par la face dorsale, par la face ventrale et par la face latérale. Les boîtes oîi se conservent des animaux ainsi préparés doivent être hermétiquement closes, impénétrables à la poussière et aux Insectes destructeurs. Dans un coin, on fixe une ampoule inversable contenant du camphre, de la naphtaline ou de l'acide phénique.

Ces animaux sont très précieux pour l'étude; malheureusement, ils sont d'une excessive fragilité. Aussi, surtout quand il s'agit de les envoyer au loin, doit-on monter à sec, pour une même espèce, un certain nombre d'individus de chaque sexe. Quand ces individus proviennent de l'éducation d'une ponte et que, d'autre part, on a conservé en alcool ou formol des larves, des nymphes et des adultes de cette même espèce, leurs étiquettes respectives doivent porter des numéros, des lettres ou des signes identiques ou toute autre indication faisant connaître cette importante circonstance.

En examinant à la loupe des Insectes montés comme il vient d'être dit, on peut faire déjà de bonnes observations, suffisantes

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pour la détermination d'un grand nombre d'espèces ; l'étiquette portée par la petite épingle, et sur laquelle on peut d'ailleurs noter différentes choses, constitue un fond blanc sur lequel l'animal se détache nettement. Toutefois, on ne peut étudier les détails de l'écaillure qu'avec le microscope, à un faible grossissement. Oa met une plaque de liège sur la platine du microscope et on y pique l'appareil supportant l'Insecte qu'il s'agit d'examiner ; en piquant plus ou moins obliquement cet appareil sur le liège, on parvient à voir assez facilement toute une face ; la tète est à peu près entièrement accessible au regard, si l'on a eu soin de piquer la grosse aiguille vers l'extrémité postérieure du corps, comme l'indique la figure 310.

On se sert aussi avec avantage d'un appareil que les D>s Ed. et Et. Sergent ont fait construire ; il consiste en une tige coudée, formée de quatre pièces articulées entre elles et pouvant prendre toutes les positions ; à la dernière s'adapte un petit bouchon de liège sur lequel on pique l'épingle portant le Moustique (fig. 311). Cet appareil se fixe au bord de la platine du microscope et se manie soit au-dessus, soit au-dessous de celle-ci ; il permet d'examiner tous les points de la surface du corps de l'Insecte.

3° Il est nécessaire de monter en préparation microscopique des Insectes entiers, ou tout au moins certaines parties de leur corps, par exemple pour étudier la formule unguéale, la nervation et l'écaillure des ailes. Pour les préparations de trompe, de palpes, d'ailes ou de pattes isolées, on recourt aux méthodes usuelles, notamment au baume du Canada. Pour les Insectes entiers, on conseille de les inclure dans une grosse goutte de baume (1). J'aime

(I) D. C. Rees, An easy method of mounling ami prescrving Mosquitos. British med. Journal, 1, p. 1468, 1900.

mieux, pour ma part, les monter dans la gélatine glycérinée, qui ne les rend pas trop transparents et où ils conservent leur aspect normal et leurs couleurs naturelles ; on les entoure d'une petite bague de verre et on recouvre d'une lamelle ronde ; rien n'est plus aisé que d'avoir ainsi des animaux se présentant sous toutes les faces et de faire des préparations fragmentaires très démonstratives.

Transport des Moustiques vivants.

Il est facile de transporter ou d'expédier au loin des Moustiques vivants, pourvu que la durée du trajet ne dépasse pas quelques

Fig. 312. — Boite et cages de Sambon pour expédier les Moustiques vivants.

jours. Les animaux à faire voyager sont-ils peu nombreux, on les emprisonne isolément ou au nombre de quatre ou cinq dans des tubes à essai ; au préalable, on a fait passer de l'eau dans ces tubes, de façon à ce que l'intérieur reste humide ; on y dépose une goutte de confiture ou de sirop, puis on bouche au liège. Les tubes sont empaquetés dans une boîte en bois, puis envoyés par la poste. Au cours d'un voyage dans le midi de la France, j'ai conservé dans ma valise une série de tubes habités de la sorte ; tous les animaux sont arrivés à Paris en parfait état.

Quand il s'agit d'envoyer un grand nombre de Moustiques vivants, on les répartit entre plusieurs cages de mousseline, portant chacune un numéro d'ordre ou une étiquette explicative. Ces cages cylindriques ou prismatiques sont placées dans une caisse en bois, dont

EXPÉDITION DES COLLEGIIONS

les côtés présentent de larges ouvertures fermées par de la toile métallique (tig. 312). De la sorte, l'air circule facilement. On a eu soin de suspendre dans chaque cage un sachet d'ouate imprégnée de sirop; pour éviter autant que possible la dessiccation des animaux, auxquels un certain degié d'humidilé est nécessaire, on attache également dans chaque cage une petite éponge imbibée d'eau.

Expédition des collections de Moustiques préparés.

Dans les pays chauds, l'air est très chargé de vapeur d'eau : les collections d'histoire naturelle sont lapidement envahies par les Moisissures pendant la saison des pluies. Les Moustiques montés sur épingle, même s'ils sont conservés dans une boîie renfermant des substances antiseptiques et déshydratantes, échappent trop rarement à cette règle : il est donc nécessaire de les envoyer sans délai en Europe.

Les Insectes isolés peuvent être piqués sur le bouchon d'un petit tube de verre, puis introduits dans celui-ci. S'ils ne sont pas transfixés d'une épingle, on peut les disposer entre deux ou plusieurs feuilles de papier à cigarette dans une petite boîte d'allumettes, de plumes ou de pharmacie, que l'on cale avec de l'ouate. Pour des collections plus importantes, on doit prendre d'autres précautions.

Au fond d'une solide boîte en bois, telle qu'une petite boîte à cigares, on colle une lame de liège, puis on enfonce dans celle-ci les épingles portant les Insectes : on laisse assez d'espace entre eux; on enfonce jusqu'au bois. De la sorte, toutes les épingles s'élèvent au même niveau : on pose sur elles une feuille de papier mince, qu'on peut même coller tout autour de la boîte, pour empêcher autant que possible les épingles de se détacher et éviter les désastres qu'entraînerait un tel accident. Cette boîte est soigneusement empaquetée dans de l'ouate, puis placée dans une seconde boîte. De semblables colis peuvent être envoyés par la poste, à la condition d'être conformes, par leurs dimensions et leur poids, aux règlements postaux (1).

C'est seulement à l'aide de collections faites par les méthodes

(1) D'après les règlements actuels, la boite ne peut dépasser le poids de 350 grammes ni les dimensions de 3U centimètres sur chaque face.

énoncées plus haut qu'on pourra résoudre un bon nombre des questions qui touchent à l'hygiène générale et à l'habitabilité des pays chauds : elles relèvent pour la plupart de l'Histoire naturelle. Cette science, en effet, joue désormais un rôle prépondérant dans la médecine et l'hygiène tropicales. On a vu, par le présent ouvrage, combien elle leur est intimement liée et quels problèmes capitaux elle a aidé à résoudre. Mais il reste encore beaucoup à découvrir. Aussi tous ceux qui résident ou voyagent dans les contrées où sévissent les maladies inoculées par les Moustiques sont-ils intéressés, d'une façon très étroite, aux recherches multiples et importantes dont nous avons tracé le programme.

C'est pourquoi nous adressons aux médecins, aux naturalistes, aux voyageurs et aux colons un pressant appel ; ils peuvent observer directement nombre de faits; ils peuvent, en adressant aux divers Laboratoires de Parasitologie des préparations de sang desséché, des pontes, des larves et des nymphes de Moustiques, ainsi que des Insectes ailés, aider à la solution d'un certain nombre d'autres questions. Au moment où les races blanches multiplient leurs établissements dans les régions tropicales, chacun doit prendre une part active aux investigations qu'il s'agit de poursuivre et dont la réussite est la plus sûre condition du succès de nos entreprises coloniales.

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