PKÉPARATION ET CONSERVATION DES ŒUFS, DES LARVES, ETC
La préparation et la conservation des Insectes ailés depiandent les plus grands soins. Toutes les fois qu'il s'agit de manipuler ces animaux délicats, on ne saurait prendre trop de précautions : les pattes et les antennes sont d'une extrême fragilité ; les écailles du corps et des ailes se détachent au moindre attouchement. On lire de tous ces appendices les meilleurs caractères de classification ; or, tout Insecte mutilé est pratiquement inutilisable pour des études descriptives; ill'est aussi pour des recherches anatomiques, puisqu'il est impossible d'en déterminer l'espèce.
La mise à mort des Insectes ailés diffère suivant l'usage auquel on les destine.
Insectes pour recherches anatomiques. — On les tue et on les conserve dans un liquide. Le plus recommandable est l'alcool absolu ; le naturaliste et le médecin l'ont toujours à leur portée; il fixe bien les éléments anatomiques et donne de bonnes préparations histologiques. Des animaux gorgés de sang ne sont bons ni pour les dissections ni pour l'étude histologique; on doit donc, avant de les tuer, attendre un ou deux jours qu'ils aient digéré -leur nourriture.
Les Insectes qu'on se propose de disséquer à l'état frais seront tués par les vapeurs de benzine, de chloroforme, d'éther, d'alcool, ou encore par la fumée de tabac. Ils tombent bientôt sur le dos, les ailés écartées ; la fumée de tabac a l'avantage de relâcher les tissus, qui sont plutôt contractés par l'éther et lechloroforme. La dissection se fait dans la solution physiologique de chlorure de sodium, milieu dans lequel vivent très bien, pendant plus ou moins longtemps, les parasites que l'on peut mettre à découvert.
Les Moustiques tués par ces diverses vapeurs ou par la fumée peuvent être conservés dans la glycérine pure ; ils ne s'y ratatinent pas d'une façon appréciable. Les tissus se coupent bien et se colorent facilement par l'hématoxyline, l'hématéine et autres réactifs. Avant d'être enrobés dans la paraffine, les animaux conservés dans la glycérine doivent être mis pour vingt-quatre heures dans une solution aqueuse d'acide acétique à 3 pour 100, puis dans une solution aqueuse de formol à 30 pour 100, enfin, dans l'alcool absolu; suivent alors les manipulations ordinaires.
Une autre méthode excellente consiste en l'emploi du liquide de Perenyi. Ce liquide donne de très bons résultats pour la fixation
des tissus des animaux à chitine. On y plonge les Moustiques vivants et on les y maintient pendant une demi-heure environ ; on décante, on lave à l'alcool à 70°, puis on passe par la série des alcools jusqu'à l'alcool absolu. On peut utiliser aussi ce liquide pour la lixation des larves et des nymphes. En voici la formule :
Acide nitrique à 10 pour 100 40 ce.
Alcool absolu 30
Solution aqueuse d'acide chromique à 0,5 pour 100 30
Nous ne dirons rien de la fixation par le bichlorure de mercure, qui est d'une application plus difTicile et donne des résultats médiocres.
Insectea four collection. — La collection doit être triple : en liquide, à sec et en préparations microscopiques :
1° Dans le premier cas, les méthodes qui précèdent sont appli cables pour la mise à mort et la fixation des Insectes. De préférence, on les tue par les vapeurs de benzine ou de chloroforme et on les conserve dans l'alcool absolu ; sous l'influence de ces vapeurs, l'animal donne à ses ailes une attitude qui est avantageuse pour l'étude.
Nous ne saurions trop répéter que les appendices des Moustiques sont excessivement fragiles. Des animaux de collection devant être inlacts, on les conserve dans de petits tubes de verre, à moitié remplis soit d'alcool absolu, soit d'alcool formolé, et où l'on a soin de ne placer qu'un petit nombre d'individus, tous de même espèce ; il vaudrait mieux encore que chaque tube ne renfermât qu'un seul Insecte, avec une étiquette relatant sa provenance, etc. On peut réunir ainsi dans un même flacon un plus ou moins grand nombre de lubes, contenant des Insectes de même espèce, mais d'origine diverse, ce qui permet de comparer entre eux des spécimens variés d'une espèce intéressante soit par sa vaste distribution géographique, soit par son rôle pathogène. J'ai constitué de la sorte à mon laboratoire des collections importantes de Moustiques pathogènes, tels (\VL Ancpheles maculipennis, Stegomyia calopus, etc.
Si les tubes doivent voyager, on doit éviter le ballottement du liquide, qui aurait pour conséquence la rupture des pattes et des antennes, ainsi que la chute des écailles ; dans ce but, on pousse à frottement dans le tube un tampon d'ouate, jusqu'à ce qu'il