FORMES DES NUAGES
quelles ils se fonnent. Tout se résume, en définitive, à un «abaissement dans la température de Tair au-dessous de son point de rosée; mais sur ce thème si simple se brodent les variations les plus riches et les plus changeantes.
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lies nuages sont tellement mobiles dans leurs aspects que toute classification semble impossible. Cependant les météorologistes, et en particulier Howard, se sont efforcés de les ramener â quelques types principaux. Ces types, importants par euxmêmes, le sont encore plus en ce qu'ils se rattachent à des modifications antérieures de l'atmosphère ot nous fournissent des indications précieuses sur los changements de temps à venir.
Ilowainl a distingué, d'après leur forme, trois sortes do nuages, les cirrua^ les cumulux et les stratus, auxquelles on rattache quatre formes de transition, les cirrO'CumuluSy les rirroxtratus, les cumulo-Hratu% et les nimbus. Ces divisions pourraient être multipliées à Tinfini, mais sans grand profit pour la science, chaque nuage ou lambeau de nuage ayant sa forme propre. Les apparences les plus remarquables sont représentées page 294.
liCs CIRRUS {qtwues de chat des marins) se composent de filaments déliés et transparents dont l'aspect ressemble à des barlies de plume ou à un réseau léger et inégal : ce sont les nuages les plus élevés. Les voyageurs qui ont parcouru les grandes chaînes de montagnes sont unanimes pour déclai*er que des plus hauts sommets leur apparence reste à peu près la même. Dans un séjour de onze semaines en face du Finsteraarhorn, dont l'élévation est de 4200 mètres, M. Kaemtz ne les a jamais
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VUS descendre au-dessous du sommet do cette montagne; des mesures faites à Hcille l'ont conduit souvent à leur assigner une hauteur de 6500 mètres environ.
C'est au milieu des cirrus que se forment les halos et les parhélies, et, en étudiant ces nuages par réflexion dans un miroir noirci, il est rare de n'y pas trouver des traces de halos, (^s phénomènes étant dus à des réfractions ou réflexions de lumière par des particules glacées, on peut en conclure que h^ cirrus eux-mêmes sont formés de ces particules dont l'atmosphère est remplie dans les nagions i)olain;s pendant les froids de l'hiver.
Dans nos climats, les cirrus accompagnent d'ordinaire le retour des vents du S. 0. dans les hautes régions de l'atmosphère; et même, lorsque le vent souffle h la surface du sol dans des directions opposées, on les voit souvent marcher lentement du Sud-Ouest vers le Nord-Est. C'est aussi dans cette direction qu'ils s'allongent en bandes parallèles disposées sans doute sûr les surfaces de séparation des courants du S. et de la mass4; d'air au milieu de laquelle ces courants s'étiiblissc^nt. Les arêtes plus fortement teintées en blanc qu'ils présentent dans la même direction seraient dues à des etTets de perspective et à ce que la couche ondulée des particules glacées serait vue en ces points par sa tranche. A l'équateur, M. de Humboldt a trouvé que l'orientation des bandes se faisait du àSud^auNord. Les registres météorologiques des membres de la Commission du Nord qui ont hiverné en Lii)onie donnent une direction voisine de l'Ouest a l'Est. Toutes ces indications sont conformes a la marche des grands courants de ralmosphère.
Lorsque le vent du Sud-Ouest, annoncé piir les cirrus, g.igne peu à [Kîu les régions inférieures de Tatmosphère, les cirrus deviennent île plus en plus denses. Ils passent à l'état de c/iro-rira/Mx, qui se montrent d'abord sous la forme d'une masse semblable à du coton cardé dont les filaments sciaient
étroitement entrelacés. Leur blancheur se fond peu à peu dans une teinte grisAtre correspondant à la fusion des aiguilles de glace et à leur transformation en vapeur vésiculaire ; ils s'abaissent en même temps, et la pluie ne tarde généralement pas il venir.
Plus rarement les cirro-cumulm succèdent aux cirrus. Ces nuages, qui donnent au ciel un aspect pommelé, sont composés, comme les cirro-status, de vapeur vésiculaire ; ils sont très-légers, laissent passer la lumière du soleil et de la lune, et, quand ils s'interposent entre les astres et nous, ils les entourent d'une admirable couronne. Ils n'indiquent pas une pluie aussi prochaine que le cirro-stratus, et semblent accuser, au contraire, une décroissance assez peu rapide de la température dans les hautes régions.
liCS CUMULUS ou nuages d'été {^aUe% de coton des marins) sont le produit des courants ascendants. Leur hauteur est très-variable, toujours moindre cependant que celle des cirrus. C'est dans les beaux jours de Tété que leur forme est la mieux caractérisée. Lorsque le courant du Sud-Ouest est peu éloigné, on voit souvent le soleil se lever sur un ciel serein ; puis, vers huit heures du matin, quelques nuages se montrent. Petits et rares d'abord, leur volume semble croître de l'intérieur à l'extérieur, ils grossissent, s'accumulent, et forment des masses toujours nettement circonscrites, limitées par des lignes courbes, et entassées les unes sur les autres. Leur aspect est quelquefois reproduit assez exactement par la condensation d'un jet de vapeur s'élançant d'une chaudière dans un air calme et humide. Leurs mouvements intérieurs semblent seulement beaucoup plus lents par le double effet de l'éJoignement et d'une vitesse de projection du courant réellement beaucoup moindre. Leur nombre et leur volume augmentent jusque vers trois ou quatre heures, puis ils diminuent et disparaissent au coucher du soleil; ils reparaissent souvent dans la première moitié de la