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CHAPITRE XII

LES OftAGKS

I^s tempêtes sont accompagnées, même dans hs régions du Nord, par des phénomènes électriques plus ou moins apparents. Cette coïncidence est [Kirticulièrement remarqual)le dans les régions tropicales où les orages acquièrent une extrême énergie; aussi be^iucoup de météorologistes ont-ils été conduits à considéRT l'électricité comme la cause plus ou moins directe de toutes les perturbations atmosphériques. Nous ne partageons pas cette opinion extrême et nous considérons, au contraire, les orages comme étant fréquemment un simple elîet des mouvements tournants de Tair; nous reconnaissons toutefois qu'ils peuvent, à leur tour, engendrer des mouvements secondaires, circonscrits dans leur étendue, mais d'une grande violence : telles sont les trombes, les tornades, etc. Nous devons donc faiitî précéder l'examen de l'origine des tempêtes, jwr l'éludf» des mouvements électriques de l'atmosphère.

g !«'. ~ Oriflne électrique dcii ora^s.

La première étincelle électrique, tirée de Tambre par Wall, fut immédiatement comparée aux éclats de la foudre. « Cette

lumière et ce craquement, dil Wall, paraissent en quelque façon représenter Téclair et le tonnerre. »

lia même analogie se trouve exprimée dans les Leçom de physique de Tabbé Nollet (1771). « Si quelqu'un, dit Nollel, après avoir comparé les phénomènes, entreprenait de prouver i\uc le tonnerre est entre les mains de la nature ce que rélec- Iricité est entre les nôtres ; que ces merveilles, dont nous diîr |K)sons maintenant à notre gré, sont de jjetitcs imitations de ce^ grands effets qui nous effrayent ; que le tout dépend du même mécanisme ; si Ton faisait voir qu'une nuée préparée par l'action des vents, par la chaleur, par le mélange des exhalaisons, est vis-à-vis d'un objet terrestre ce qu'est un corps électrisé en présence et à une certaine proximité de celui qui ne l'est pas; j'avoue que cette idée, si elle était bien soutenue, me plairait }>eaucoup : et pour la soutenir, combien de raisons s{)écieuses ne se présentent pas à un homme qui est au fait de l'élccl ricité ! »

i]Mc idée préoccupait, en effet, tous les physiciens du siècle dernier, et le 7 îiovenibre 1749', Franklin résumait sur son livre de laboratoire toutes les analogies qu'on avait remarquée> entre la foudre et le fluide électrique. Mais le physicien américain, allant plus directement au but, «ajoute : « Le lluiilo électriciue est attiré par les pointes. Nous ne savons jkis si la foudre a cette propriété. Il serait à propos d'en faire rex|»érience. » Quelques mois après, Franklin développait complètement ses opinions sur l'origine de la foudre, dans deux letti-es adressées à P. Collinson*. Il était tellement convaincu de l'exactitude de ses opinions, qu'il indiquait un moyen de présener de la foudre les églises, les maisons, les vaisseaux, etc. Cette partie de sa lettre est une description succincte du paratonneriv,

* Œuvres de Franklin, Iraduclion de Barbeu Dulwurg. Paris, 1773, l. I'', p. 185.

* Loco cil., p. 58 à 80.

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