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FOUDRE

Quelque bizarre que paraisse le chemin parcouru par la foudre, on peut être assuré qu'elle a suivi la voie offrant le minimum de résistance à sa marche. Les métaux étanl de tous les corps les meilleurs conducteurs, c'est à eux qu'elle s'attache de préférence; mais elle les quitte chaque fois qu'elle trouve à leur extrémité une résistance supérieure à celle présentée par d'autres corps.

Après les métaux viennent les corps humides, et, quand la foudre frappe un sol en apparence aride, il est rare que dans le sous-sol on ne rencontre pas une veine humide qui a déterminé son choix. Remarquons, cependant, que la forme des objets et leur saillie à la surface de la terre exerce une grande influence sur la chute du tonnerre.

Pour que la foudre tombe, il faut que le nuage orageux ait été abaissé près du sol. Tous les points de la surface terrestre sont alors fortement électrisés par influence. L'électricité qu'ils ex)ntiennent, opposée à celle du nuage, est attirée par cette dernière, et se porte sur les points en relief. Elle y attire à son tour l'électricité du nuage et favorise sa décharge. Aussi

les arbres sont-ils le plus exposés aux atteintes de la foudre, cl, parmi eux, ceux qui sont le plus fournis de sève, dont le feuillage est le plus volumineux et le plus élevé, dont les racines plongent le plus profondément dans le sol, et qui recherdient les terrains les plus humides. Mais qu'un remous du vent abaisse un lambeau de nuage, et la foudre éclatera en apparence contre toutes les règles, en un point où les circonstances les plus désavantageuses sembleront réunies ; l'influence de la distance devient accidentellement prépondérante.

Lorsque la foudre rencontre sur son chemin un corps lui faisant obstacle par son défaut de conductibilité, elle le contourne si l'acci oissemcnt de résistance provenant de ce détour est moindre que la résistance du corps ; dans le cas contraire, elle le perce, le brise et quelquefois le disperse au loin. Son passage est toujours marqué par une production de chaleur en rapport avec la somme de résistance vaincue. Les métaux, corps bons conducteurs, sont à peine échaufTés si leur section est suffisante; mais, s'ils offrent à l'électricité une route trop étroite, ils peuvent être volatilisés. C'est l'effet ordinairement produit sur les arbres frappés par la foudre. La sève, réduite en vapeur au milieu des tissus de l'arbre, dans sa partie la plus étranglée, ordinairement le tronc, le fait éclater et le réduit en espèces de filaments comme des allumettes. Les effets les plus remarquables (le la foudre sont reproduits à mesure par tous les journaux; il n'en est jamais deux qui se ressemblent. Nous en citerons un seul, pour donner un exemple de la puissance extraordinaire de l'agent électrique : il est rapporté par Arago dans sa notice sur le tonnerre. Un mur de briques, du poids de 26,000 kilogrammes environ, fut arraché de ses fondements par un coup de foudre, soulevé et transporté en masse à deux mètres de distance. Arago pense que ces projections sont produites par la transformation subite en vapeur des filets d'eau que la foudre rencontre sur son passage.

Des effets d'une aussi grande énergie expliquent aisément Taction exercée par la foudre sur notre frêle machine. Si le fluide parcourt les parties externes du corps, il y creiise un sil* Ion, et la brAlure ainsi produite est profonde, très-douloureuse et très-difGcile à guérir. Mais, s'il pénètre dans l'intérieur, il produit sur le système nerveux une telle commotion, qu'il le désorganise. De là des paralysies, quand la partie atteinte n'est pas essentielle, ou bien la mort, sans que l'autopsie révèle aucun désordre, parce que nous ignorons la structure intime des centres nerveux, et que nous sommes inhabiles à distinguer ses lésions. Le choc direct n'est pas même nécessaire pour produire ce dernier résultat ; il suffit du choc en retour.

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