ROTATION DES VENTS
ces mouvements sont déjà comme un résumé de tous les autres signes. Ces derniers n'en sont pas moins l'objet d'un examen spécial et détaillé. Il est même certains phénomènes dont nous n'avons pas encore parlé, parce que les instruments qui les accusent ne sont pas à la portée de tous, et que nous consultons cependant avec soin : tels sont les mouvements de l'aiguille aimantée. (Voir chap. xv.)
Dans l'exposé qui va suivre, nous nous bornerons à l'Europe, et plus particulièrement à la France. Nous commencerons par un résumé rapide des principaux faits qu'il importe de remettre en mémoire.
g \*\ — BoCatiiMi des TCBto.
Dans Tétai normal de l'atmosphère, et abstraction faite des accidents qui s'y produisent d'une manière très- fréquente, un grand courant «lérien traverse l'Atlantique Nord dans le sens général de TOuest à l'Est, aborde les côtes 'de rEuro])e à peu près à la hauteur moyenne des Iles Britanniques, puis s'incline graduellement vers le Sud-Est et le Sud, à mesure qu'il pénètre plus avant sur le continent.
L'abondance de ce courant varie dans de^ limites très-étendues suivant la saison; son lit se déplace tantôt vers le Nord, tantôt vers le Sud; l'ampleur de l'arc qu'il décrit à la surface de l'Europe avant de se ti-ansfonner on un courant du Nord injt également très-variable; souvent il se divise en plusieurs branches situées à dilférentes latitudes.
Lt vitesse de son mouvement est en moyenne d'environ huit ou dix lieues h l'heure dans les hautes régions ; elle diminue dans les régions très-voisim^ de la surface du sol par reflet des résistances qui s'y produisent. Les vents supcTliciels, ou
los vents accuses par les girouetles, se trouvenl souvent complètement modifiés dans leur vitesse et leur direction, soil par l'efTet des saillies du sol, soit par les brises locales naissant di's inégalités de température en des lieux voisins.
Sur les rives droite et gauche du courant, on remarque d'ordinaire des remous ayant des directions plus ou moins opp)sées à celles du courant principal ; des remous semblables si* produisent au-dessous du lit du courant lorsque, au début de son apparition dans le lieu qu'il avait abandonné par FetTet de ses oscillations, il se trouve confiné dans les régions élevées de l'atmosphère. Il est donc aussi essentiel d'observer la vitesse et la direction des nuages que de consulter le^ vents des régions inférieures. On n'oubliera pas, toutefois, qu'à vitesse égale les nuages ont une marche apparente d'autant plus lente qu'ils sont plus élevés. C'est particulièrement sur le bord méridional du courant équatorial que les remous du N. E. sont le plus prononcés, parce que l'air entraîné des régions tropicales vei's les pôles dans le courant principal, doit être restitué h l'équaleur par des courants de dérive et que ces derniers sont facilités pav le foyer d'appel situé dans les régions Saharicmnes.
Un ralentissement ou une accélération dans la vitesse de ce double mouvement sur une portion limitée de l'Europe >ont des signes également importants à noier, quoiqu'à des points de vue différents.
Cet état général se trouve singulièrement altéré dans ses apparences par ce que nous avons appelé plus haut les arcidents ; au milieu des variations incessantes des vents, il se manifeste plutôt par le mode de propagation des bourrasques ou temi)étes que par les indic^itions combinées des girouettes.
Très'fréquemment, on pournût prescjue dire d'une manière continue, il se pmduit dans ce grand courant almosphériquc des mouvements partiels présentant tous un caractère commun. L\'ur tourbillonne sur lui-même avec une rapidité varia-
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blc, mais dans une direction eonslante, inverse du mouvemenl des aiguilles d'une montre.
Les tourbillons pbtussent généralement aux courants dans lesquels ils se produisent ; mais ils abandonnent quelquefois la branche principale pour suivre les branches dérivées ; lorsqu'ils se suivent de trop près, ils réagissent l'un sur l'autre et sont brusquement déviés de leur direction naturelle.
Les vents des girouettes, les seuls qui intéressent directement les marins, sont soumis à des influences nombreuses dépendant de la position du soleil, de la direction des côtes, de la nature et des inégalités de la surface du sol. En dehors de ces in* fluences périodiques ou toutes locale*^, les vents généraux ne subiraient, dans leur force et leur direction, que des changements lents et peu rép(»tés résultant de» oscillations du courant équatorial, si les tourbillons ne venaient sans cesse les modifier. C'est principalement à Tiniluence de ci»s tourbillons qu'il faut, à la surface de l'Europe, rattacher ce fait que les vents soufflent rarement des points où le baromètre est le plus haut vers les points où il est le plus bas, mais le plus souvent dans des directions presque perpendiculaires à ces lignes.
Au passage de chaque tourbillon la direction du vent, en un même lieu, tourne d'un angle plus ou moins grand. Ce phénomène a été particulièrement étudié par M. Dove qui a dénombré les rotations directes ou inverses observées annuellement çu un grand nombre de lieux, sans remontera leur véritable cause. La rotation est inverse ou directe^ suivant que le centre du tourbillon passe au Sud ou au j\ord du lieu considéré.
Imaginons, par exemple, qu'un tourbillon traverse l'Europe de rOuest à TEst, son centre passant un peu au Nord de Paris où régnait auparavant un vent d'O. modéré, et faisons abstraction des inégalités du sol. Aux premières approches du phénomène^ sous l'influence des contre-courants, les vents inclineront généralement vers le N. et le N. E. Paris entrera bientôt dan»
le cercle d'action directe du mouvement. Le vent tournera plus ou moins rapidement à TE., au S, E., au S., au S. 0., en prenant graduellement une force plus grande. Il atteindra l'O. au moment où le centre du mouvement passera sur le méridien de Paris. La translation du tourbillon vers l'Est continuant, le vent ralliera le N. 0., puis le N., en faiblissant : c'est la rotation directe de Dovc.
Si le tourbillon est isole, le vent rétrogadera peu à peu vers rO. en restant modéré ; le baromètre qui a commencé de remonter à partir du moment où le vent soufflait d*0. et qui a passé par un maximum sur le bord occidental du mouvement tournant, comme sur son bord oriental, reviendra à sa hauteur moyenne sous rinfluencedu courant équatorial. Si le tourbillon au lieu de se mouvoir parallèlement à Téquateur s'incline vers le Sud en traversant l'Allemagne, puis la Méditerranée, le vent aura son maximum d'éncrgieau N. 0., au N. et même au N. E. 1^ direction du vent, au moment où le baromètre est à son point le plus bas, donne la direction dans laquelle se propage le tourbillon à ce moment.
Le premier tourbillon marchant à TEst, si un second le suit en passant comme lui au Nord de Paris, une seconde rotation du vent s'elTectucra, à moins que les deux phénomènes n'enipièlcnl Tun sur l'autre, auquel cas le vent rétrograde vers le S. 0. sans avoir dépassé le N. 0. Une nouvelle série de mauvais» temps recommence immédiatement ; quelquefois même on ne constate qu'une recrudescence, sans interruption des gros temps.
Lorsque le centre d'un tourbillon passe dans le Sud au lifii de passer dans le Nord de Paris, le vent que nous avons supposé primitivement deTO. dans cette ville, tournera vers le S., puis TE., le N. et même le N. 0. Cette dernière rotation, comme la rétrogradation précédente constitue la rotation inverse de Dovo.
liCS rotations inverse et directe ne sont donc l'une et l'aulre