ROTATION DES VENTS
que des cas particuliers d'une loi plus générale, ri.nvariabilité du sens de rotation des tourbillons. Les tourbillons passant plus fréquemment au Nord qu'au Sud de Paris, la rotation directe y est aussi plus fréquente que l'inverse ; il en est ainsi pour une grande partie du Nord-Ouest de l'Europe : on dit que le vent y tourne dans le sens du soleil, fieniarquons aussi que chaque direction du vent est la résultante du mouvement de rotation du tourbillon quand il exisle, et de son mouvement de translation. Ce dernier, allant en moyenne de TOuest vers l'Est, les vents d'O. prédominent sur la plus grande partie du Nord- Ouest de notre continent; la rotation du vent dans le quart Nord y est souvent incomplète.
L'axe d'un tourbillon n'est presque jamais vertical. Son extrémité inférieure qui rase le sol reste en arrière de son extrémité supérieure, à cause des résistances de la surface du sol au mouvement de l'air. Cet axe est donc incliné par le haut vers le Nord-Est, l'Est ou le Sud-Est, dans le seas du mouvement de translation : la rotation du vent dans les hautes régions doit devancer celle des régions inférieures. Aussi voyons-nous souvent les nuages chasser déjà de l'O. Du du N. 0., lorsque les girouettes indiquent encore un vent du S. ou du S. 0. Cette avance du vent des nuages est d'un grand secours pour prévoir le sens de la rotation future des vents inférieurs.
Dans quelque sens qu'elle s'efTectue, la rotation du vent produite par Faction directe d'un tourbillon est d'autant plus lente et l'arc décrit d'autant plus faible que le centre du mouvement passe plus au loin. Sur le passage même du centre, on observe des calmes entremêlés de rafales avec sautes brusques du vent.
g II. — Forée du venl.
En Tabscncc des lourbillons, les vents, assez forts dans la région des nuages et sur les côtes Ouest non abritées, et modérés à la surface du sol dans Tintérieur des terres, n'éprouveraient que des variations peu considérables et surtout assez lentes dans leur vitesse comme dans leur direction. Leur maximum d'intensité coïnciderait avec la première partie de la saison froide; leur intensité minimum avec le commencement de l'été. Dans chacune de ces périodes, l'oscillation du lit du courant à la. surface de l'Europe amènerait une succession graduée de jours calmes aux jours d'animation de l'atmosphère, ou inversement.
Lorsque l'hiver s'approche, l'atmosphère de l'hémisphère Boréal se refroidit et se contracte, tandis qu'un effet inverse a lieu dans riiémisphèrc Austral. Une grande masse d'air s<^ transporte donc successivement du Sud au Nord et vient donner un surcroît d'activité au courant aérien de l'Atlantique et plus d'ampleur aux tourbillons qui s'y produisent : c'est la saison des gros temps et des pluies prolongées.
Pendant l'hiver, la diminution rapide de la température à mesure qu'on s'éloigne du tropique, la chaleur élevée du Gulfstream et Tcnorme quantité de vapeurs qui s'en échappent rhiver comme l'été, le froid excessif qui règne à peu de distance sur le GroënJand, le Labrador et le Canada, les condensations brusques et considérables qui, aux moindres oscillations des courants, naissent du rapprochement de masses d'air placées dans des conditions de temj)érature si différentes, toutes ces causes maintiennent l'activité du courant équatorial, la frt'quence et l'énergie des mouvements tournants dont il est |>arsemé.