ÉTAT DU CIEL
Un vent humide n'est pas immédiatement pluvieux si, dans la région où il pénètre, Tatmosphère était chaude et sèche, il le deviendra, s'il persiste.
Un vent sec en lui-même peut élre une cause de pluie dans ]a région qu'il envahit, si cette région était chaude et saturée d'humidité, et si en même temps le vent est froid. S'il persiste, la pluie cesse.
L'air, en parcourant la surface des mers, peut tout au plus se saturer de vapeur ; il n'en reçoit une suix*harge que dans des conditions exceptionnelles, comme celles qui se pi*ésentent l'hiver à la surface des eaux du Gulf-stream, dans les parages de Terre-Neuve. Il lui faut donc éprouver un refroidissement pour qu'il abandonne une partie de sa vapeur sous forme d'eau ou de neige. Le seul fait de sa progression vers le Nord peut amener ce résultat, mais d'une manière lente; les pluies sont alors peu abondantes. Le passage de l'air par-dessus de hauts plateaux produit un refroidissement plus rapide, une condensation plus active, et des pluies plus abondantes : c'est pour cette raison que les vents qui souillent d'entre 0. et N. sur les côtes fran- (jaises de la Méditerranée y sont généralement secs ; ils se sont asséchés sur les Cévennes. Les variations quotidiennes de la température de Tair et les mouvements verticaux qui en résultent sont encore une cause de condensation de la vapeur d'eau; mais la cause la plus active réside incontestablement dans les mouvements tournants de ratmosphère.
11 est presque sans exemple qu'un tourbillon ait abordé l'Europe sans y produire de la pluie, et qu'une pluie survienne sans s'y rattacher à Texislence d'un mouvement tournant. Par sa nature même il concentre vers son axe Tair froid des régions élevées ou moyennes de l'atmosphère, l'air pris au Nord et au Midi; il attire toutes ces masses vers la surface du sol et les mélange à l'air des couches inférieures. C'est dans le courant équatorial chargé de vapeur qu'il se produit et se propage, el,
si la formation des pluies (ou neiges) est pour lui une cause de conservation, par contre il favorise la continuité de celte caiiso.
Si la même masse d'air circulait toujours dans un même tourbillon, elle finirait bientôt par se dessécher «nssez pournr plus donner d'eau; mais les couches supérieures de Tatmosphère se meuvent librement, tandis qu'une fois parvenues à h surface du sol elles y rencontrent des résistances qui ralentissent leur mouvement de translation : elles restent en arrière, ol le tourbillon s'alimente sans cesse d'air nouveau.
Le lissage d'un tourbillon dans un lieu donné ne dure généralement qu'un petit nombre de jours; les pluies qu'il amené sont encore moins prolongées, surtout dans la saison d'été; mais ces phénomènes se succèdent à des intervalles souvent Irès-rapprochés, et leur ensemble peut constituer toute une saison pluvieuse.
En été, les tourbillons n'ont d'ordinaire qu'un champ d'action très-restreinl. La terre est plus chaude que la tner; les vents, chargés de vapeur sur l'Océan, tendent à s'éloigner do leur point di» saturation en pénétrant sur le continent, à cause de la température plus élevée qu'ils y prennent; mais la décroissance de la chaleur dans le sens vertical est plus rapide que dans toute autre saison, et, comme la quantité de vapeur contenue dans l'air est en réalité considérable, le refroidisst^ menl résultant du passage d'un tourbillon produit des pluies abondantes, mais généralement peu prolongées.
Dans l'hiver, la terre est, au contraire, plus froide que la mer; le courant équatorial, en pénétrant sur le continent, s'y refroidit graduellement ; il est donc toujours surchargé de vapeur, bienqu*il en contienne en réalité moins que dans l'été; le plus faible abaissement accidentel de température y produit des pluies moins abondantes en chaque lieu, mais embrassant de plus larges surfaces.
Les pluies ne sont pas également distribuées sur tout le